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SpaceX dépose discrètement son dossier d'entrée en bourse : 75 Mds à lever, 1 750 Mds de valorisation visée, "Project Apex" serait l'IPO la plus gigantesque de toute l'histoire des marchés financiers

Le , par Stéphane le calme

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SpaceX dépose discrètement son dossier d'entrée en bourse : 75 milliards à lever, 1 750 milliards de valorisation visée
"Project Apex" serait l'IPO la plus gigantesque de toute l'histoire des marchés financiers

Elon Musk a franchi le Rubicon financier qu'il avait longtemps refusé de traverser : SpaceX a déposé confidentiellement son dossier d'introduction en bourse auprès de la SEC américaine. L'opération, dont les détails ont été rapportés par Bloomberg puis confirmés par Reuters, CNBC et le Wall Street Journal, vise une valorisation de 1 750 milliards de dollars et une levée de fonds pouvant atteindre 75 milliards. Si elle se concrétise, ce serait l'introduction en bourse la plus importante de toute l'histoire des marchés de capitaux, plus de deux fois supérieure au record précédent détenu par Saudi Aramco.

Le dépôt confidentiel, dont le nom de code interne est « Project Apex », est une procédure réglementaire standard aux États-Unis : selon les règles de la SEC, une société privée peut déposer son dossier d'introduction en bourse de manière confidentielle quinze jours au moins avant de commencer à commercialiser ses actions auprès des investisseurs publics, ce qui lui permet de recevoir les retours de l'agence à l'abri des regards. SpaceX n'a officiellement fait aucun commentaire sur cette démarche, mais les sources concordantes de quatre grandes agences de presse ont dissipé toute ambiguïté.

Le calendrier visé est juin 2026, sur le Nasdaq. Le prospectus public, qui devra être publié au moins quinze jours avant le début du roadshow, est attendu fin avril ou en mai. Pour donner le coup d'envoi de la saison des investisseurs, SpaceX organise une journée d'information pour les analystes le 21 avril, les encourageant à y assister en personne.

Le dispositif bancaire mobilisé pour l'occasion est lui-même un record. Pas moins de 21 banques ont été recrutées pour gérer l'opération, avec Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley dans les rôles de chefs de file. Une telle concentration de puissance financière est sans précédent pour une introduction en bourse, même pour des opérations comparables en taille.

Les chiffres qui donnent le vertige

La valorisation cible de 1 750 milliards de dollars place SpaceX dans une catégorie à part. À ce niveau, la société se situerait au-dessus de toutes les entreprises du S&P 500, à l'exception de Nvidia, Apple, Alphabet, Microsoft et Amazon. Pour lever 75 milliards de dollars, SpaceX devrait dépasser très largement le précédent record mondial : Saudi Aramco avait levé 29,4 milliards de dollars lors de son introduction en 2019, qui tient le record mondial depuis. L'introduction d'Alibaba pour 22 milliards de dollars en 2014 et celle de Visa pour 18 milliards en 2008 ne sont pas dans le même ordre de grandeur.

Le socle de cette valorisation repose principalement sur Starlink. Le service a franchi la barre des 10 millions d'abonnés en février 2026, et les analystes de Bloomberg et de Quilty Space projettent un chiffre d'affaires de Starlink seul compris entre 15,9 et 24 milliards de dollars pour 2026. Les économies structurelles du modèle satellitaire sont radicalement différentes de celles des opérateurs terrestres : la constellation peut desservir des marchés qu'aucun réseau de fibres ou d'antennes ne peut atteindre à des coûts raisonnables, notamment les routes maritimes, l'aviation, le haut débit rural et les réseaux mobiles des marchés émergents.

À 1 750 milliards de dollars contre 15 à 16 milliards de chiffre d'affaires en 2025, SpaceX est valorisée à environ 87 à 110 fois son chiffre d'affaires, selon les projections retenues. Aucune société cotée de l'aérospatiale, des télécommunications ou de l'IA ne se traite à de tels multiples. C'est précisément là que réside le défi intellectuel de cette opération : justifier une prime d'anticipation aussi massive auprès d'investisseurs qui n'ont jusqu'ici jamais eu accès aux comptes réels de la société.


L'absorption de xAI : un pari à un billion de dollars

L'élément le plus structurant de la nouvelle SpaceX est sa fusion, bouclée en février 2026, avec xAI, la société d'intelligence artificielle de Musk. Au moment du rapprochement, Musk avait évalué l'entité combinée à 1 250 milliards de dollars, avec SpaceX à 1 000 milliards et xAI à 250 milliards. La valorisation cible de 1 750 milliards pour l'introduction en bourse représente donc une révision substantiellement à la hausse de ce chiffre.

Cette intégration n'est pas sans faire grincer des dents. Le contrat de fusion était structurellement problématique : l'acheteur et le vendeur étaient tous deux contrôlés par Musk, une opération jugée controversée par plusieurs observateurs. Sur le plan opérationnel, xAI brûlait environ un milliard de dollars par mois au moment du dépôt, et plusieurs cofondateurs avaient déjà quitté la société. La thèse industrielle promue est néanmoins séduisante : combiner le réseau de données satellitaires à faible latence de Starlink avec les grands modèles de langage de xAI pour créer une infrastructure « d'intelligence orbitale » capable d'entraîner et de faire tourner des modèles d'IA directement depuis l'espace, en s'affranchissant des contraintes terrestres en matière d'énergie et de connectivité.

La fusion de SpaceX avec xAI a créé une synergie nouvelle : l'infrastructure Grok est intégrée au réseau Starlink pour fournir un traitement IA à faible latence depuis l'espace, un modèle que ses architectes nomment « compute-in-orbit ». Concrètement, SpaceX ambitionne de déployer un réseau pouvant compter jusqu'à un million de satellites servant de centres de données en orbite, construits et lancés depuis la Lune.


Les contrats fédéraux : un avantage et une épée de Damoclès

La relation de SpaceX avec l'État américain est à la fois son principal avantage concurrentiel et l'une de ses plus grandes zones de fragilité. La société a accumulé plus de 24,4 milliards de dollars de contrats fédéraux depuis 2008, couvrant la NASA, l'armée de l'Air et la Space Force, selon FedScout. En 2025, SpaceX a conduit 165 vols orbitaux, auxquels s'ajoutent des tests supplémentaires de son nouveau lanceur lourd Starship Super Heavy.

Mais cette dépendance aux contrats publics alimente des inquiétudes légitimes sur les conflits d'intérêts. SpaceX a bénéficié d'un financement public important, ce qui a suscité des préoccupations, étant donné que Musk a été l'un des principaux donateurs de la campagne du président Donald Trump et qu'il en reste un fervent partisan. La situation est rendue plus complexe encore par le fait que parmi les investisseurs actuels de SpaceX figure Donald Trump Jr, le fils aîné du président, qui détient des actions par l'intermédiaire de 1789 Capital. En cas de changement politique ou de dégradation de la relation entre Musk et l'administration, une part significative du socle de revenus de SpaceX pourrait se trouver fragilisée.

« L'effet Musk » : une volatilité structurelle programmée

Wall Street aborde cette introduction avec une vigilance particulière sur la question de la gouvernance. La « prime Musk » fonctionne dans les deux sens : Tesla a progressé de plus de 90% au cours du mois ayant suivi l'élection présidentielle de 2024, avant de rendre la totalité de ces gains dès mars 2025, sous l'effet conjugué des retombées négatives liées au DOGE, des boycotts européens et d'un effondrement de 49% des ventes en Chine.

SpaceX prévoit de ne mettre en circulation qu'environ 3 à 4% de son capital lors de l'introduction en bourse. Il s'agit du flottant le plus faible jamais enregistré pour une grande capitalisation, ce qui signifie que les fluctuations d'opinion liées à Musk frapperont un carnet d'ordres beaucoup plus étroit. Là où Tesla subit des variations de 10 à 15% en réaction à des événements de gouvernance ou politiques, PitchBook anticipe des mouvements de 20 à 30% pour SpaceX face à des actualités équivalentes.

Les fondamentaux opérationnels ne sont pas non plus exempts de réserves. La direction de SpaceX tient en général ses objectifs, mais seulement 1 sur 5 est accompli dans les délais annoncés. Le reste accuse deux à trois ans de retard. À l'heure de l'entrée en bourse, ce ratio sera scruté de près par des investisseurs institutionnels qui n'ont jusqu'ici ni les comptes complets, ni les projections officiellement validées.

Le contexte macroéconomique ajoute une couche d'incertitude supplémentaire. Les marchés actions sont agités depuis plusieurs semaines, en raison notamment de la guerre entre les États-Unis et l'Iran et de la hausse des prix pétroliers. Le Nasdaq vient d'enregistrer sa pire semaine en quasi-un an. Une professeure de finance de Georgetown, spécialiste des introductions en bourse, résume sobrement la situation : une entreprise peut avoir d'excellents fondamentaux et susciter un fort intérêt des investisseurs, et une introduction en bourse peut tout de même échouer si les marchés se sont retournés.

2026, année charnière pour les méga-IPO technologiques

Le dépôt de SpaceX positionne la société en tête d'un potentiel trio de méga-introductions en bourse en 2026, OpenAI et Anthropic pesant eux aussi une entrée en bourse avant la fin de l'année. Si les trois opérations aboutissent, 2026 serait l'année la plus déterminante pour les introductions en bourse technologiques depuis l'ère des dot-com, et la plus importante en volume de dollars jamais enregistrée, selon Bloomberg.

Le Nasdaq a récemment modifié ses règles pour permettre à SpaceX d'intégrer le Nasdaq 100 dans les quinze jours suivant son introduction, ce qui déclencherait des achats forcés de plusieurs milliards de la part des fonds indiciels, créant une pression supplémentaire sur la demande au moment de l'offre. Un mécanisme qui pourrait, en retour, amplifier encore la volatilité post-introduction.

Pour Elon Musk, l'enjeu dépasse la simple levée de capitaux. Lorsque SpaceX sera cotée, Musk deviendra la première personne à diriger simultanément deux sociétés distinctes valorisées à plus de mille milliards de dollars. Avec Tesla affichant déjà une capitalisation boursière d'environ 1 400 milliards et une participation personnelle de l'ordre de 44% dans SpaceX, une introduction réussie à la valorisation cible le rapprocherait du seuil symbolique (jamais franchi) du premier individu de l'histoire à dépasser 1 000 milliards de dollars de fortune personnelle.

Source : Bloomberg

Et vous ?

La fusion avec xAI est-elle un vrai levier industriel ou un tour de passe-passe financier ? La thèse du « compute-in-orbit » est séduisante sur le papier, mais repose sur des technologies non déployées à l'échelle. Les investisseurs paient-ils pour une réalité ou pour une promesse ?

Une valorisation 100 fois le chiffre d'affaires est-elle justifiable pour une entreprise d'infrastructures spatiales ? Les multiples de SpaceX s'apparentent à ceux des plateformes logicielles à marge élevée, alors que ses coûts industriels sont colossaux. Ce niveau de valorisation est-il tenable, ou anticipe-t-il une transformation radicale du modèle économique qui n'a pas encore eu lieu ?

Le conflit d'intérêts Musk-Trump-DOGE est-il un risque systémique pour l'entreprise ? Une large part du chiffre d'affaires repose sur des contrats fédéraux obtenus dans un contexte politique très particulier. Que se passe-t-il si les équilibres politiques basculent ?

Un flottant de 3 à 4% est-il raisonnablement gérable pour une capitalisation à 1 750 milliards ? Un carnet d'ordres aussi étroit sur une valeur aussi suivie par le grand public pourrait créer des épisodes de manipulation ou de volatilité extrême difficiles à contenir pour les régulateurs.

OpenAI et Anthropic pourraient-ils attendre que SpaceX essuie les plâtres ? Si l'introduction de SpaceX se passe mal, cela refroidirait-il l'appétit du marché pour les deux autres grands dossiers de l'année ?

Voir aussi :

xAI d'Elon Musk lève 20 milliards $, plus que prévu, auprès d'investisseurs tels que Nvidia, Cisco et des fonds soutenus par Abu Dhabi et le Qatar, alors que l'essor de l'IA se poursuit sans relâche

Les chiffres de Starlink pourraient faire s'effondrer la valorisation de SpaceX. Malgré le succès apparent, le réseau Internet d'Elon Musk fait face à des problèmes de capacité et d'accessibilité financière
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Avatar de suricata
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 10/06/2026 à 12:30
L'attrappe-gogo par excellence. Mais on peut s'attendre à tout quand on voit la valorisation de Tesla qui était un précurseur dans la conduite automatisée largement dépassé par les allemandes et les constructeurs chinois. En tout cas, cette introduction en bourse de space x ferait d'Elon Musk le premier billionnaire. Pour moi, c'est complètement démesuré et bien trop risqué comme investissement sur 10 ans. Comme l'IA, c'est basé sur des promesses : je rappelle que d'après ce très cher Elon, nous devrions marcher sur Mars cette année ou d'ici 2028. Le marché va-t-il aller de désillusion en désillusion ? Ou va-t-il avaler des couleuvres sans broncher ?

A toute fin utile, je tiens également à rappeler que la fin de la faim dans le monde est chiffrée à 6 milliards de dollars par an par l'ONU. Les rêves et la réalité.
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Avatar de fredpeaks
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 10/06/2026 à 14:15
"Le parti pris anti-Musk est sidérale ici" oulala oui c’est très très sidérale. Nous devons le respect au nazi le plus riche de tous les temps.
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Avatar de Mingolito
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 10/06/2026 à 14:18
Citation Envoyé par der§en Voir le message
Le parti pris anti-Musk est sidérale ici, c’est pas un mythe la réutilisation des fusées, normalement cela devrait satisfaire les escrologistes, non ?
SpaceX avec Falcon est une magnifique réussite technique, sur ce la même techno sera bientôt dispo en Chine, donc financièrement SpaceX peut très bien s'écrouler, même sur le Falcon.
Pendant ce temps Starship est en train de ruiner SpaceX, et il n'y a pas de cas ou les USA, qui vont être de plus en plus en difficulté à l'avenir puissent financer des trillions de $ pour payer le cout astronomique de Starship pour envoyer des gens mourir sur Mars.
Donc au final, la Chine fait mieux que Tesla, la Chine va bientôt faire mieux que Falcon pour moins cher, Starship est un gouffre, Grok est un bide.
Ca sent très mauvais, le cas le plus probable c'est l'écroulement de tout l'empire Musk, Musk le sait, donc il va essayer de prendre un max de $ aux gogos crédules avant l'écroulement, quand le Nasdaq va s'écrouler (-80%), les entreprises Musk risquent de prendre du moins 90% car c'est surévalué d'un facteur 10.

Même si le lanceur Falcon est réutilisable il y a rien d'écologique à envoyer une fusée, bien au contraire.

Au lieu de raconter des conneries tu ferais mieux de vendre tes actions Musk, conseil amical.

Elon Musk est :

1) Un escroc patenté : Hyperloop va fermer ses portes, mettant un terme au projet d'Elon Musk qualifié de « formidable escroquerie technico-intellectuelle ». L'entreprise vend ses actifs et licencie tous les employés

2) Un gros pollueur : L'autorité de régulation américaine a jugé que l'entreprise d'IA d'Elon Musk avait agi illégalement en utilisant des dizaines de turbines à gaz méthane très polluantes pour alimenter ses centres de données

3) Un mytho : Elon Musk : « nous allons directement sur Mars. La Lune est une distraction ». Le milliardaire de la Tech rêve de coloniser Mars et d'y être roi, Mais des scientifiques qualifient son rêve de « pur fantasme »
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/06/2026 à 10:15
Citation Envoyé par der§en Voir le message
Le parti pris anti-Musk est sidérale ici, c’est pas un mythe la réutilisation des fusées, normalement cela devrait satisfaire les escrologistes, non ?
Ce qui est "sidéral", c'est l'écart entre les affirmations de Musk et la réalité!!!

Exemples:

1. Cela fait bientôt une décennie que Musk affirme que ses Tesla sont autonomes... Ce qui est factuellement FAUX!

2. SpaceX est "vendu" pour son entrée en bourse comme une réussite économique, technologique et financière... C'est FAUX, SpaceX traine une dette cumulée de 29 milliards en 25 ans d'existence

3. Il a présenté le projet Hyperloop comme la révolution du transport terrestre... C'est un échec!

4. Il annonce vouloir coloniser Mars à court terme... Alors que le voyage et la vie sur Mars est technologiquement, financièrement et physiologiquement impossible en l'état actuel de nos connaissances pour un humain et cela restera valable sur le long terme: L'être humain est tout simplement pas adapté à vivre sur Mars sur une longue période:

Un aller-retour sur Mars pour un être humain signifie une mission de 2 ans en étant en permanence bombardé par des particules de hautes énergies (c'est au minimum un cancer et une mort à très court terme)... Un blindage du vaisseau de transport Terre-Mars est impossible car trop lourd et Mars à l'inverse de la Terre n'est pas protégée par un champ magnétique

Les 6 mois de voyage vers Mars sans gravité vont transformer le corps d'un humain (atrophies musculaires même avec une astreinte d'exercice physique pendant plusieurs heures/jour, le coeur, les yeux est autres organes s'arrondissent). Quand au final, l'humain va mettre le pied sur Mars qui elle a une gravité (Gravité de Mars = 38% de celle de la Terre), il sera incapable de mener sa mission avant plusieurs mois de réadaptation: Problèmes cardiaques, incapables de marcher ou de se tenir debout, trouble de la vue, etc...

Inutile de dire que le "colonisateur de Mars" ne sera pas pris en charge comme l'est un astronaute qui revient sur Terre après une période de 6 mois en microgravité (et pas en gravité nulle) dans la station spatiale ISS... Il crèvera sur place sans aide...


5. Et je ne parlerai pas ici des promesses de Musk sur l'IA... D'ailleurs avec toutes ces réussites, on se demande bien pourquoi Musk a fusionné ses activités en IA avec SpaceX

Voilà ce qui est "sidérant" dans le cas Musk
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Avatar de Sebas00
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 11/06/2026 à 13:40
Pour aller dans le sens d'Anselme45, le décalage entre le narratif et les réalités physiques (ou économiques) est le cœur du problème de cette IPO.

On parle beaucoup des limites du voyage vers Mars, mais l'argumentaire financier de SpaceX repose désormais officiellement sur une autre "colonisation" : celle de l'orbite terrestre basse par des fermes de calcul (les fameux data centers spatiaux). C'est ce pivot vers le "compute-in-orbit" qui est censé justifier une valorisation de 1 750 milliards, dont 26 500 milliards d'opportunité de marché en IA.

Mais technologiquement, c'est un cauchemar logistique qui frôle l'aberration. Un ancien spécialiste de la NASA soulignait dans l'un des articles que c'était une idée "catastrophique". Et pour cause :

1- La dissipation thermique : Dans le vide, il n'y a pas d'air pour refroidir les serveurs (le refroidissement par convection est du coup impossible). Il faut évacuer la chaleur par rayonnement, ce qui nécessite des radiateurs d'une taille colossale. Comment dissiper les dizaines de kilowatts de chaleur générés par des baies de GPU/TPU (le type d'électronique exactement opposé à ce qui fonctionne dans l'espace) enfermées dans des satellites ?

2- Les radiations ionisantes : L'électronique spatiale classique (durcie) coûte une fortune, a des années de retard en termes de finesse de gravure et tourne à des fréquences très basses pour éviter les inversions de bits dues aux rayons cosmiques. Mettre des puces Nvidia H100 grand public (ou équivalent xAI) dans l'espace, c'est l'assurance d'avoir des calculs corrompus à moins d'embarquer un blindage lourd qui ruine le coût du lancement.

3- La latence et la bande passante : Entraîner un modèle LLM nécessite des transferts de pétaoctets de données à des vitesses fulgurantes. Un backbone de datacenter terrestre (fibre optique) surpasse de très loin ce que peut faire une constellation de satellites interconnectés au laser.

Le vrai risque de cette introduction en bourse, c'est que les investisseurs n'achètent pas une entreprise aérospatiale (qui perd 4,9 milliards pour 18,7 milliards de chiffre d'affaires), mais qu'ils subventionnent indirectement la guerre d'Elon Musk sur le marché de l'IA (le gouffre financier de xAI).

La fusion entre SpaceX et xAI n'a aucune pertinence industrielle à court ou moyen terme. C'est une fusion strictement financière pour pouvoir coller le mot magique "IA" sur un prospectus d'introduction en bourse et espérer lever 75 milliards. Si les investisseurs institutionnels lisent attentivement le S-1 et se rendent compte que les revenus prévus sont de la science-fiction, le mur de la réalité risque de faire très mal au Nasdaq.
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 22/05/2026 à 9:05
Juste avant l'entrée en bourse, SpaceX a augmenté ses tarifs (ou baisser les débits) des utilisateurs de Starlink ... On sent surtout qu'ils profitent du monopôle.
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Avatar de Uther
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 25/05/2026 à 8:49
Citation Envoyé par Anselme45
Dans le monde réel, une entreprise qui est toujours déficitaire après 25 ans d'activité, cela n'existe tout simplement pas!!!
Space X à été déficitaire l'année dernière, mais rien à voir avec les entreprises actuelles d'IA qui sont structurellement et très lourdement déficitaires. Ses comptes sont relativement corrects depuis plusieurs années, sinon, en effet elle n'existerait plus, comme d'autres boites de Musk qui n'ont pas eu de succès.

Citation Envoyé par Anselme45
Le cas de SpaceX est très intéressant, cette boite est déficitaire et qui plus, ses seules rentrées d'argent sont dues à des contrats gouvernementaux (un coup c'est la défense américaine, un coup la Nasa)...
Non! Ca fait très longtemps les commandes d'état ne constitue plus la majorité de leurs tirs. Space X est aussi en position de leader en ce qui concerne les lancements pour des clients privés. Et actuellement le plus gros client de Space X, et de loin, c'est lui même : la majorité de ses lancement sont des satellites Starlink.
C'est vrai les armées sont des clients important qui paient bien (c'est moins vrai en ce qui concerne les agences spatiales) mais c'est pas spécifique à Space X. Toutes les boites du spatial en profitent, y compris en Europe.

Citation Envoyé par Anselme45
Finalement Musk a la belle vie, milliardaire de papier, à la tête d'entreprises qui auraient déjà dû déposer leur bilan...
Autant j'ai beaucoup a redire sur la personne d'Elon Musk avec ses lubies, sa morale, le manque de réalisme, voire le danger de certains de ses projets, ...
Autant on peut difficilement nier que Space X est actuellement la plus grosse réussite du spatial privé.

Certes le projet Starship engloutit des milliards dans la R&D, mais il peut se le permettre car à coté, il y a un vrai écosystème qui tourne comme sur des roulettes :
- Falcon 9 tire pour pas cher à une cadence incroyable (plusieurs fois par semaines, quand Ariane 6 espère atteindre au mieux un lancement par mois).
- Starlink est une offre qui marche et répond à un besoin, certes de niche, mais réel.
- Crew dragon est un vrai succés, là où des acteurs historiques sont en galère.
- La Falcon Heavy, tire peu mais permet de fournir un service sur un segment où la concurrence est inexistante ou hors de prix.

Je suis beaucoup plus inquiet au sujet de la volonté d'adjoindre xIA à Space X, dont le succès est plus discutable.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 25/05/2026 à 20:42
Citation Envoyé par Uther Voir le message
Space X à été déficitaire l'année dernière, mais rien à voir avec les entreprises actuelles d'IA qui sont structurellement et très lourdement déficitaires. Ses comptes sont relativement corrects depuis plusieurs années, sinon, en effet elle n'existerait plus, comme d'autres boites de Musk qui n'ont pas eu de succès.
Ah oui?

Chiffres d'affaire de SpaceX pour le dernier exercice? 18,7 milliards de dollars dont 11,4 milliards proviennent de sa division StarLink .Résultat net : Perte nette de 4,9 milliards de dollars!

Les documents déposés pour son entrée en bourse annonce une dette cumulée de... 29 milliards... SpaceX a donc jamais fait le moindre bénéfice en 25 ans, mieux la société a cumulé 29 milliards de dettes!!!

Essayez de cumuler les dettes pendant 25 ans avec une PME, cela m'étonnerait que votre banque soit patiente
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Avatar de Uther
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 26/05/2026 à 8:02
Le gros du problème vient de xIA qui vient tout juste d'intégrer Space X pour préparer l'entrée en bourse. En 2024, les déficit sont bien plus mesurés.
Quoique pour tempérer mes propos il semble que les déficits de 2023 soient élevés aussi.
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Avatar de Anselme45
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 26/05/2026 à 11:51
Citation Envoyé par Uther Voir le message
Le gros du problème vient de xIA qui vient tout juste d'intégrer Space X pour préparer l'entrée en bourse. En 2024, les déficit sont bien plus mesurés.
Quoique pour tempérer mes propos il semble que les déficits de 2023 soient élevés aussi.
Les 29 milliards de dettes cumulées annoncées officiellement par SpaceX ne datent pas de l'intégration de xIA!!!!!!

L'intégration de xIA dans SpaceX date de... Février 2026
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