Le premier ensemble complet de normes 5G est apparu avec la version 15 du 3GPP en 2017 et les spécifications ont été officiellement gelées en 2018. Les premiers déploiements de réseaux ont eu lieu l'année suivante (2019) et de nombreux opérateurs du monde entier sont encore occupés à déployer la 5G à ce jour. Mais il n’empêche que l’industrie du mobile tourne déjà les regards vers la 6G. Le tableau n’est pas sans susciter de débats étant donné que certains observateurs sont d’avis que la 5G n’est pas à la hauteur du battage médiatique dont elle a fait l’objet depuis les premières annonces la concernant. Les initiatives se multiplient à l’échelle mondiale dans le but de passer à la 6G
La plupart des annonces y relatives sont parues à partir de l’année 2020. La Corée du Sud a prévu de lancer un projet pilote de 6G en 2026. Le gouvernement sud-coréen prévoit d'investir environ 169 millions de dollars US sur cinq ans pour ce projet, à partir de 2021. L’objectif : sécuriser la technologie de base 6G à haut risque. Il est prévu qu’il commence par mettre en place 10 tâches stratégiques dans 6 domaines clés, dont l'hyper-performance, l'hyper-bande passante, l'hyper-précision, l'hyper-espace, l'hyper-intelligence et l'hyper-confiance.
Avec Nokia a sa tête, le projet Hexa-X a reçu un financement de la Commission européenne dans le cadre du programme de recherche et d'innovation Horizon 2020 de l'Union européenne. L’initiative est considérée comme une étape importante vers le rassemblement des principaux acteurs de l'industrie en Europe pour prendre les devants dans la promotion de la 6G.
Sur sa page de présentation, Hera-X rappelle qu'au cours des quatre dernières décennies, poussés par des innovations sans fil continues et par les besoins du marché, les réseaux mobiles et l'industrie des télécommunications ont considérablement transformé la société humaine et la vie de milliards de personnes. L’objectif principal est toujours de répondre aux besoins des gens de communiquer partout et à tout moment. Depuis l'époque de la 4G, l'accent a été mis sur la fourniture d'une infrastructure numérique qui prend également en charge les services professionnels, les secteurs verticaux et la communication de machine à machine. Avec l'avènement de la 5G, ce mouvement a été considérablement amplifié. La 5G devrait ouvrir la voie à la numérisation et à la transformation de secteurs industriels clés tels que les transports, la logistique, le commerce, la fabrication, la santé, les mines, les villes intelligentes et la sécurité publique. Cette tendance à la numérisation, rendant les industries plus connectées, automatisées et intelligentes, en conjonction avec l'intérêt prévu des consommateurs pour des services de plus en plus exigeants (par exemple, AR / VR à grande échelle) se poursuivra. Par conséquent, le besoin de services de connectivité devrait continuer à croître de manière exponentielle et nécessitera des débits de l'ordre de centaines de Gbps à Tbps.
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— Sophia Dahl (@sophiadahl1) May 3, 2023
Hexa-X: EU 6G Project and It's Secret Goals‼️‼️
The EU has launched the Hexa-X project to develop 6G. The 6G network is scheduled to go into operation around 2030‼️🙏👇 pic.twitter.com/D9fSNBCGfO
6G : A quoi faut-il s’attendre sur le plan des performances ? Une équipe de chercheurs de l’université d'Osaka et de celle de Nanyang à Singapour, donne un aperçu.
L'équipe a présenté une puce avec laquelle elle a pu transmettre des données à une vitesse de 11 gigabits par seconde, dépassant ainsi la vitesse maximale théorique de 10 gigabits par seconde de la 5G. En outre, la puce serait suffisamment rapide pour diffuser des vidéos haute définition 4K en temps réel. Ils pensent que la technologie peut encore se développer et qu'avec plus de progrès, elle pourrait atteindre des vitesses fulgurantes. La puce 6G présentée par les universitaires permet ainsi d'ajouter plusieurs crans à la puce 5G.
En effet, les ondes électromagnétiques sont caractérisées par une longueur d'onde et une fréquence. La longueur d'onde est la distance que couvre un cycle d'onde (de pic à pic ou de creux à creux, par exemple), et la fréquence est le nombre d'ondes qui passent par un point donné en une seconde. Les téléphones portables utilisent des radios miniatures pour capter les signaux électromagnétiques et les convertir en images et en sons sur votre téléphone. Les réseaux sans fil 4G fonctionnent avec des ondes millimétriques sur le spectre de la bande basse et moyenne.
Cela est défini comme une fréquence d'un peu moins (bande basse) et d'un peu plus (bande moyenne) qu'un gigahertz (ou un milliard de cycles par seconde). La 5G a fait monter la barre de plusieurs crans en ajoutant des ondes millimétriques de fréquence encore plus élevée, jusqu'à 300 gigahertz. Logiquement, l’on s’attend à ce que la puce 6G aille encore plus loin.
La puce 6G de l’étude peut transmettre des ondes à plus de trois fois la fréquence de la 5G : un térahertz, ou un trillion de cycles par seconde. Selon l'équipe, cela donne un débit de données de 11 gigabits par seconde. Bien que ce soit plus rapide que la 5G, ce n'est que le début pour le 6G. Un expert en communications sans fil estime même que les réseaux 6G pourraient traiter des débits allant jusqu'à 8 000 gigabits par seconde ; ils auront également une latence bien plus faible et une bande passante plus élevée que la 5G.
Par ailleurs, les ondes térahertz se situent entre les ondes infrarouges et les micro-ondes sur le spectre électromagnétique. Selon les chercheurs, leur génération et leur transmission sont à la fois difficiles et coûteuses, nécessitant des lasers spéciaux. L’équipe a ajouté que même dans cas, la gamme de fréquences est limitée. Elle a donc utilisé un nouveau matériau, appelé isolateur topologique photonique (PTI), pour transmettre les ondes térahertz. Les PTI peuvent conduire les ondes lumineuses sur leur surface et leurs bords plutôt que de les faire passer à travers le matériau.
Ils permettent ainsi à la lumière d'être redirigée dans les coins sans en perturber le flux. La puce est entièrement faite de silicium et comporte des rangées de trous triangulaires. Les recherches de l'équipe ont montré que la puce était capable de transmettre des ondes térahertz sans erreur. En plus d'avoir été conçue pour l'intelligence artificielle et les voitures à conduite autonome (et pour télécharger des centaines d'heures de vidéo en quelques secondes), la 6G ferait également une grande différence pour les centres de données, les dispositifs IdO et les communications à longue distance, entre autres applications.
Selon Ranjan Singh, professeur associé à l'Université technologique de Nanyang et ayant dirigé le projet,...
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Pensez-vous que le secteur puisse justifier les énormes investissements infrastructurels requis pour la 6G alors que les opérateurs ont encore du mal à rentabiliser la 5G ?