Les ruptures successives de plusieurs câbles Internet sous-marins en mer Baltique préoccupent profondément les gouvernements européens. Ces câbles sous-marins sont l'épine dorsale du trafic Internet intercontinental et leur endommagement pourrait paralyser les communications militaires et des pans entiers de l'économie européenne. Deux hypothèses sont sur la table : des incidents isolés ou des actes de sabotage en lien avec la flotte fantôme de la Russie. Certaines autorités européennes ont accusé la Russie de mener une guerre hybride contre l'Europe, mais le milieu du renseignement européen et américain se montre plus prudent sur la question.La sécurité des câbles en mer Baltique devient une préoccupation majeure
La croissance rapide du nombre d'internautes et la demande d'une plus grande largeur de bande ont entraîné une expansion fulgurante et incessante du réseau mondial de câbles sous-marins. La mer Baltique est une région stratégique qui accueille un nombre important de ces câbles Internet. Cela dit, l'expansion rapide du réseau a également augmenté les risques que ces câbles soient endommagés et a créé de nouvelles possibilités d'attaques et d'espionnage.
Les câbles sous-marins sont plus rapides, moins chers et plus fiables que d'autres solutions telles que les satellites, ce qui les rend indispensables à la vie moderne. Cependant, bien qu'ils soient généralement recouverts d'une armure de protection lorsqu'ils reposent au fond de la mer, ils restent vulnérables.
Au cours des cinq derniers mois, plusieurs ruptures de câbles sous-marins de télécommunication ont été signalées en mer Baltique. Ces incidents répétés ont suscité des préoccupations quant à la sécurité de ces infrastructures critiques. Voici quelques-uns des incidents recensés sur cette période :
Novembre 2024 : rupture de deux câbles
- rupture du câble BCS East-West Interlink : ce câble reliant la Lituanie à la Suède a été sectionné le 17 novembre 2024 ;
- rupture du câble C-Lion1 : ce câble connectant la Finlande à l'Allemagne a été sectionné le 18 novembre 2024.
Décembre 2024 : rupture de quatre câbles
- rupture de deux câbles exploités par Elisa : ces câbles relient Helsinki (Finlande) à Tallinn (Estonie) et ont été sectionnés le 25 décembre 2024 ;
- rupture d'un câble appartenant à CITIC Telecom : ce câble a été endommagé le 25 décembre 2024 ;
- rupture du câble C-Lion1 : déjà endommagé en novembre 2024, ce câble a subi de nouveaux dommages le 25 décembre 2024.
Janvier 2025 : un câble endommagé
- En janvier 2025, un câble reliant la Lettonie à l'île suédoise du Gotland a été endommagé, entraînant des perturbations dans les transmissions de données.
Février 2025 : dommages causés à un câble
- Le 21 février 2025, des dommages ont été signalés sur un câble reliant la Finlande à l'Allemagne, avec des soupçons de sabotage dans une zone à l'est de l'île du Gotland.
Ces incidents ont conduit à des enquêtes approfondies pour déterminer leurs causes. Les conclusions n'ont toujours pas été tirées. En attendant, les pays membres de l'OTAN ont déployé des mesures de surveillance accrues pour renforcer la protection de ces infrastructures essentielles.
Ces incidents soulignent également la vulnérabilité des câbles en mer Baltique, souvent situés dans une région marquée par des tensions géopolitiques croissantes. Bien que certains incidents soient attribués à des causes accidentelles, comme les ancres de navires, d'autres suscitent des soupçons de sabotage.
La Russie et la Chine suspectées d'actes de sabotage par les Européens
Selon Matt Mooney, analyste chez Recorded Future, entre 100 et 200 pannes de câble se produisent chaque année, principalement en raison des dommages accidentels causés par les ancres de navires et les chalutiers de pêche. Cependant, Matt Mooney a souligné que le schéma associé aux pannes de câble qui se sont produites dans la mer Baltique au cours des 15 derniers mois rend improbable le fait qu'aucune d'entre elles n'ait été « intentionnelle ».
Par exemple, dans le cas des incidents survenus en novembre 2024, l'enquête menée conjointement par la Suède et la Finlande s'est concentrée sur un cargo : le Yi Peng 3, qui appartient à des Chinois. La présence de ce navire à l'endroit et à l'heure des deux coupures de câble a conduit le ministre...
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