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L'OTAN soutient une initiative qui vise à sauver Internet en redirigeant le trafic vers l'espace en cas d'attaques contre les câbles sous-marins,
Mais le projet suscite le scepticisme dans la communauté

Le , par Mathis Lucas

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L'OTAN participerait au financement d'une initiative visant à garantir la continuité des communications Internet en cas de dommages causés aux câbles sous-marins. Un nouveau rapport indique que le projet devrait aboutir à un système permettant de réacheminer de manière transparente le trafic Internet des câbles sous-marins vers les systèmes satellitaires en cas de sabotage ou de catastrophe naturelle. L'OTAN aurait accordé une subvention de 400 000 euros à ce projet, dont le coût total du développement serait évalué à 2,5 milliards de dollars. En outre, le rapport ajoute que d'autres instituts de recherches apportent des contributions en nature.

Plus de 95 % des données numériques mondiales transitent de nos jours par des câbles sous-marins de télécommunications. Ces câbles sous-marins constituent des infrastructures stratégiques et hautement sensibles malheureusement confrontées à des risques géopolitiques et à des catastrophes naturelles. Ils forment un réseau maritime devenu la pierre angulaire de la mondialisation contemporaine ; et le sabotage ou la rupture d'un ou plusieurs câbles peut entraîner de graves conséquences dans le secteur de la finance ou le domaine militaire. Ces incidents sont survenus à plusieurs reprises au cours de ces dernières années.

Un rapport de Bloomberg indique qu'une équipe d'universitaires des États-Unis, d'Islande, de Suède et de Suisse travaillent sur un moyen d'assurer la persistance des services Internet en cas de sabotage ou de rupture des câbles sous-marins qui acheminent les communications civiles et militaires dans les eaux européennes. L'équipe vise à développer un système qui réachemine de manière transparente le trafic Internet des câbles sous-marins vers une constellation de satellites Internet. Selon le rapport, le projet est financé à hauteur de 400 000 euros par le programme "Science pour la paix et la sécurité" (SPS) de l'OTAN.


Eyup Kuntay Turmus, conseiller et responsable du programme SPS, a confirmé que l'initiative a été récemment approuvée et a ajouté que la mise en œuvre commencerait "très bientôt". Selon le rapport, ce projet, qui n'a pas encore été annoncé publiquement, intervient alors que les experts craignent de plus en plus que la Russie ou la Chine ne pose des mines, ne sectionne ou n'altère les câbles sous-marins pour tenter de perturber les communications en cas de crise militaire. Les informations transportées par les câbles sous-marins représenteraient environ 10 000 milliards de dollars de transactions financières chaque jour.

En outre, la quasi-totalité du trafic Internet de l'OTAN passerait par ces câbles. C'est pourquoi l'OTAN a intensifié ses efforts pour protéger les câbles au cours des derniers mois. Selon le rapport, le projet est axé sur le développement de méthodes de détection des perturbations sur les câbles sous-marins, puis sur l'automatisation des offres d'accès à la bande passante des satellites (ou éventuellement à d'autres câbles sous-marins) pour rediriger les données. Des responsables du projet ont déclaré qu'avant de créer un système opérationnel, l'équipe passera deux ans à tester des prototypes et à se conformer à la réglementation.

L'initiative suscite néanmoins le scepticisme de certains internautes. « Starlink a besoin des câbles sous-marins pour disposer d'une largeur de bande raisonnable. Les stations terrestres sont reliées à la fibre optique. S'ils doivent compter uniquement sur la communication satellite à satellite pour remplacer un câble sous-marin, ils se heurteront à des défis les empêchant d'atteindre la largeur de bande nécessaire », a écrit un critique. Un autre a souligné :


Je doute que ces universitaires parviennent à proposer une approche réalisable pour réacheminer sans heurt le trafic Internet à partir des câbles sous-marins vers des systèmes satellitaires. Ce n'est pas pour rien que nous avons déplacé toutes nos liaisons de communication de l'espace vers la fibre optique terrestre. Il n'est pas difficile d'imaginer des ballons captifs à haute altitude avec des liaisons laser par satellite.

Le vrai problème est que personne ne va payer les 100 milliards de dollars ou plus pour créer et entretenir la constellation de satellites dans l'espace nécessaire pour soutenir la largeur de bande de l'infrastructure câblée existante, juste au cas où une guerre entraînerait une interruption des câbles.
Le projet devrait à terme impliquer des partenaires commerciaux et gouvernementaux. Lors d'une interview, Hans Liwang, professeur associé en systèmes de défense à l'université de défense suédoise et l'un des deux principaux codirecteurs du projet, a déclaré qu'il envisageait un système capable de détourner des données sensibles, même par mesure de précaution. Selon Liwang, il est logique de développer un système de sauvegarde automatisé dans l'espace étant donné les menaces croissantes qui pèsent sur les infrastructures critiques sous-marines (câbles sabotés délibérément ou endommagés par des ancres, etc.).

« Avec suffisamment de temps et en nous tapant la tête contre le mur, nous sommes convaincus que nous pouvons y arriver », note Gregory Falco, ingénieur en systèmes spatiaux à l'université Cornell et codirecteur du projet. Falco a décrit le projet comme étant techniquement complexe, dépendant d'un droit international "très confus", et a déclaré qu'il nécessiterait une coordination juridictionnelle importante. Selon des documents consultés par Bloomberg, la marine suédoise et le gouvernement islandais font partie des pays intéressés par l'utilisation du système en cours de développement par ce groupe d'universitaires.

Le projet est connu sous le nom de : Hybrid Space and Submarine Architecture to Ensure Information Security of Telecommunications (HEIST). « Il faudrait trois ou quatre bombes pour couper l'Islande et ses communications », a déclaré Bjarni Mar Magnusson, professeur de droit à l'université Bifrost en Islande, qui travaille aussi sur le projet HEIST. Selon les documents, l'entreprise américaine de satellites Viasat, la société de technologie spatiale Sierra Space et la société islandaise de cybersécurité Syndis participent également à cet effort. Les représentants de Sierra Space et de Viasat n'ont pas commenté le rapport.

Theodor Gislason, responsable de l'innovation chez Syndis, affirme qu'il était impatient d'utiliser les résultats du projet soutenu par l'OTAN pour défendre l'Islande contre d'éventuelles attaques par câble. Dans le cadre du projet, les chercheurs étudient également les moyens de détecter plus efficacement les menaces pesant sur les câbles sous-marins afin de déterminer quand le trafic doit être détourné. Falco a déclaré : « les opérateurs de réseaux de câbles sous-marins peuvent détecter les perturbations sur un câble jusqu'au kilomètre le plus proche, mais le projet vise à réduire ce chiffre au mètre le plus proche ».

Selon Henric Johnson, professeur d'informatique à l'Institut suédois de technologie de Blekinge, le projet sera développé en partie sur un banc d'essai sous-marin pour les câbles à haute tension près de la plus grande base navale de Suède. Johnson a suivi l'évolution de la guerre sous-marine et participe également au projet HEIST. Le projet devrait être officiellement lancé lors d'un symposium à l'université Cornell de New York dans le courant du mois.

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ? Ce projet a-t-il des chances de réussir ?
Les satellites peuvent-ils offrir le même niveau d'efficacité que les câbles sous-marins ?

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