L’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms, a publié mardi 4 juillet son rapport annuel sur l’état d’internet en France. Il révèle que plus de la moitié du trafic internet français est capté par cinq acteurs majeurs du numérique, dont Netflix en tête.Netflix, la plateforme américaine de streaming vidéo, représentait l’an dernier près de 20 % du trafic internet en France, selon les chiffres communiqués par l’Arcep. Elle devance ainsi Google (10,5 %), Meta (8,2 %), Amazon (7 %) et Akamai (8,9 %), un réseau informatique qui héberge notamment la plateforme Disney+. Le reste du trafic (46 %) provient d’une grande diversité d’acteurs, comme Twitch (3 %) ou Canal+ (2,6 %).
Cette répartition indique une concentration de plus en plus nette autour de quelques acteurs, qui profitent de l’essor de la consommation de films sur catalogue et séries par abonnement, TV en rattrapage et vidéos sur les réseaux sociaux. Cette consommation importante des ressources du réseau français a conduit plusieurs de ces acteurs, comme Netflix, à s’équiper de leur propre infrastructure de distribution, de sorte à rapprocher leurs contenus des usagers, et à optimiser les formats de compression.
Le défi permanent, pour toutes ces grandes enseignes du numérique est de diffuser plus en consommant moins de données. Entre 2015 et 2020, Netflix a réduit ses débits de moitié, ce qui signifie qu'il faut aujourd'hui 50% de données en moins pour diffuser la même quantité et la même qualité de vidéo et de nouveaux progrès sont encore attendus dans ce domaine.
« Nos films et séries sont moteurs de la demande pour les réseaux et services des opérateurs, et nous coopérons pour optimiser le trafic et minimiser son impact sur le réseau. Nous avons maintenant plus de 75 points d’interconnexion en France en partenariat avec les opérateurs », explique un porte-parole de Netflix à l’AFP. « Entre 2015 et 2020, nous avons réduit nos débits de moitié - ce qui signifie qu’il faut aujourd’hui 50% de données en moins pour diffuser la même quantité et la même qualité de vidéo - et nous nous attendons à de nouveaux progrès dans ce domaine », souligne encore l’entreprise.
Une qualité de service satisfaisante
Sur la qualité de service, l’Arcep dresse un constat positif. En 2022, les pages Web sont affichées en moins de dix secondes dans plus de 96 % des tentatives pour l’ensemble des opérateurs, même si le chiffre descend à 84 % pour les zones rurales. Entre 97 et 98 % des SMS sont reçus en moins de dix secondes selon les opérateurs, contre 92 à 96 % en 2021.
L’Arcep note également que le déploiement du très haut débit se poursuit en France, avec plus de 30 millions d’abonnements fin 2022, dont près de 20 millions en fibre optique. Le taux d’équipement des ménages en smartphone atteint 87 %, et celui des objets connectés 40 %. L’autorité souligne toutefois que des disparités territoriales persistent, notamment entre les zones urbaines et rurales.
Un défi environnemental
L’Arcep consacre un volet important dans son rapport annuel à l’empreinte carbone du numérique. Cette dernière est répartie par composantes : 79 % de l’empreinte provient des équipements, soit la fabrication et l’utilisation des équipements grand public, 5 % du réseau fixe et mobile et 16 % des data centers (réseaux d’ordinateurs et d’espaces de stockage).
« Il en ressort qu’à horizon 2030, si rien n’est fait pour réduire l’empreinte environnementale du numérique et que les usages continuent de progresser au rythme actuel, l’empreinte carbone du numérique en France augmenterait d’environ 45 % par rapport à 2020 », note l’Arcep, qui explique que « la consommation électrique pourrait quasiment doubler en 2050 par rapport à 2020 ».
L’autorité appelle donc à une prise de conscience collective et à une action coordonnée des acteurs du numérique pour favoriser la sobriété numérique,...
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