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Le RIPE NCC prévoit une pénurie d'adresses IPv4 en Europe pour le mois de novembre 2019
L'Arcep crée un groupe de travail dans l'optique d'adoucir la transition vers l'IPv6

Le , par Stéphane le calme

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12  0 
Le RIPE NCC prévoit une pénurie d'adresses IPv4 en Europe pour le mois de novembre 2019,
l'Arcep crée un groupe de travail dans l'optique d'adoucir la transition vers l'IPv6

L’IPv4, pour Internet Protocol version 4, est utilisé depuis 1983 pour permettre à internet de fonctionner : chaque terminal sur le réseau internet (ordinateur, téléphone, serveur, etc.) est adressable par une adresse IPv4. Le protocole IPv4 offre un espace d'adressage de près de 4,3 milliards d'adresses IPv4. Or, le succès d'internet, la diversité des usages et la multiplication des objets connectés ont comme conséquence directe l'épuisement progressif des adresses IPv4, certaines régions du monde étant touchées plus que d'autres. Les quatre principaux opérateurs français (Bouygues Telecom, Free, Orange, SFR) ont déjà affecté entre 88% et 99% des adresses IPv4 qu’ils possèdent, à fin juin 2018.

En mars dernier, le RIPE NCC, le registre régional d’adresses IP, qui alloue les IP pour l’Europe et le Moyen-Orient, disposait encore de 5,23 millions d’adresses d’IPv4 publiques disponibles. En considérant la demande moyenne des adresses IP, l’organe a annoncé que la date prévisionnelle d’épuisement des adresses IPv4 pour l’Europe et le Moyen-Orient était fixée au 23 mars 2020. Mais quelques mois plus tard après cette première annonce et plus précisément le 10 septembre 2019, il ne restait plus que 1,54 million d’adresses IPv4 publiques disponibles au RIPE NCC. Face à cette évolution rapide de la demande en adresses IPv4, en septembre 2019, le RIPE NCC est revenu sur ses déclarations pour informer que la date probable pour l’épuisement des IPv4 était fixée au 6 novembre 2019. Jusqu’à cette échéance, le RIPE NCC allait donc continuer à attribuer 1024 adresses IPv4 aux LIR jusqu’à épuisement, puis créer une liste d’attente pour les plages IPv4 qui seraient retournées au RIPE NCC.

Au 2 octobre 2019, le RIPE-NCC a annoncé que le nombre d’adresses IPv4 en attente d'attribution est supérieur au nombre d’adresses IPv4 restantes (1,03 million au 1er octobre 2019). « Aujourd'hui, nous avons attribué le dernier de nos blocs d'adresses IPv4 contigus /22. Nous disposons encore d'environ un million d'adresses, sous forme de /23 et de /24, et nous continuerons de faire des allocations équivalentes à /22 composées de ces petits blocs. Dès que nous ne pourrons plus allouer l'équivalent d'un /22, nous annoncerons que nous avons atteint l'épuisement des stocks », a ainsi fait savoir l'organisme ce mercredi.


« Nous sommes ainsi rentrés aujourd’hui en pénurie. Une liste d’attente existe permettant de récupérer des adresses IPv4 rendues au Ripe NCC, mais peu d’adresses le sont. Internet ne cessera pas de fonctionner, mais de grandir. La transition vers IPV6 est une nécessité vitale », a informé l’Arcep, qui suit le sujet de près. Pour permettre une transition en douceur, le gendarme des télécoms a annoncé décider le 24 septembre d’initier la création d’une Task-Force IPv6, « co-pilotée avec Internet Society, pour associer les acteurs qui le souhaitent (opérateurs, hébergeurs, entreprises, secteur public, etc.) ». L’objectif, permettre aux participants à cet appel d’aborder des problèmes spécifiques et partager les bonnes pratiques afin d’accélérer la transition vers IPv6.

« La Task-Force se réunira deux fois par an à partir du second semestre 2019. Les personnes qui ont un retour d’expérience à partager ou bien qui ont l’intention de mettre en place IPv6 sont invitées à faire part à l’Arcep de leur intérêt via le formulaire suivant », précise l’Arcep.

Pour rappel, l’iPV6 doit à terme remplacer l’iPv4, qui ne peut pas générer suffisamment d’adresses. Grâce à des adresses de 128 bits au lieu de 32 bits, IPv6 dispose d’un espace d’adressage bien plus important que l’IPv4. Si le déploiement de ce nouveau protocole est relativement compliqué à mettre en place (nécessitant une période de transition avec la cohabitation des deux protocoles iPv4 et iPv6), Free mène la danse en France, mais ne laissera plus l’abonné choisir entre l’IPV4 et l’IPV6, comme c’était le cas jusqu’à présent.

Quelles conséquences de l’épuisement des IPv4 du RIPE-NCC ?

Le prix des IPv4 sur le marché secondaire de l’achat des adresses IPv4 déjà allouées, par lequel des acteurs qui ont trop d'adresses IPv4 les vendent à ceux qui n'en ont pas du tout ou pas assez, devrait considérablement croître, du fait d’une demande plus forte, pour une offre de plus en plus faible.

La ressource IPv4 devenant de plus en plus rare (plus d’acheteurs d'IPv4 et moins de vendeurs), le prix des adresses devrait s’envoler en fonction de l'offre et de la demande.

Ce prix élevé est susceptible d’ériger une barrière à l’entrée significative à l’encontre des nouveaux acteurs du marché et augmentera le risque de voir se développer un internet scindé en deux, IPv4 d’un côté et IPv6 de l’autre, comme l'explique Jérémy Martin, Directeur Technique de Firstheberg.com : « avec une demande croissante pour un nombre d’IPv4 fixes, le coût de location d'une IPv4 va doubler d'ici à 2 ans ».


Quelles seraient les conséquences éventuelles d'une pénurie d'IPv4 chez les opérateurs ?

Pour répondre à la pénurie des adresses IPv4, certains mécanismes de substitution ont été mis en place par des FAI. Les équipements Carrier-grade NAT (CGN) permettent par exemple partager une adresse IPv4 entre plusieurs clients. Cependant, ils entraînent aussi avec eux plusieurs effets négatifs qui rendent complexe le maintien d’IPv4 et quasi impossible un certain nombre usages comme le pair-à-pair (ou peer-to-peer), l’accès à distance à des fichiers partagés sur un NAS (serveur de stockage en réseau) ou à des systèmes de contrôle de maison connectée, certains jeux en réseau, etc.

Selon Gregory Mounier, d'Europol, « porte ainsi atteinte à la vie privée de nombreuses personnes qui pourraient être citées en procédure alors même que les enquêteurs ne s’intéressent qu’à un seul suspect. Dans ce contexte, seule une transition quasi totale à l’IPv6 peut constituer une réponse pérenne à ce problème ». Par ailleurs, un opérateur qui achète des adresses IPv4 à un acteur étranger prend le risque que ses clients soient pendant de nombreux mois localisés hors de France, bloquant ainsi de nombreux services.

Tout le monde peut y participer

Chacun peut, à son niveau, participer à cette transition, en activant IPv6 sur son mobile ou son ordinateur. Voici comment :

Fixe :

Free, Coriolis Telecom et Orne THD proposent de l'IPv6 systématiquement activé par défaut : vous n'avez rien à faire. Si vous êtes client d'un autre opérateur, activez l'IPv6 dans les paramètres de votre box. L'option IPv6 peut être présente, mais pas activée par défaut. Certains fournisseurs d’accès à internet ne proposent toujours pas d’IPv6 (l'option IPv6 n'existe pas). Si vous changez de fournisseur d’accès à internet, soyez vigilants et privilégiez un opérateur qui propose de l'IPv6.

Mobile :

Si vous êtes client Orange ou Bouygues Telecom, activez simplement IPv6 sur votre mobile Android : le réseau de ces deux opérateurs est 100% compatible IPv6 (IPv6 ready). Dans les paramètres => Connexions => Réseaux mobiles => Nom des points d'accès => modifier l'APN par défaut en basculant le "Protocole APN" d'IPv4 à IPv6. Les iPhone ne permettent pas à l'utilisateur de faire lui-même la modification d'APN : seul l'opérateur a la main sur ce paramètre.

Sources : RIPE NCC, Arcep

Et vous ?

Êtes-vous déjà passé à l'IPv6 en entreprise ?
Êtes-vous déjà passé à l'IPv6 chez vous ?
Sinon, quelles en sont les raisons ?

Voir aussi :

Le monde est à court d'adresses IPv4 et l'IPv6 représente l'avenir d'Internet, assurez-vous que votre matériel informatique soit compatible avec IPv6
La progression mondiale d'utilisation d'IPv6 peine à décoller selon Google, la France se rapproche de la barre des 25% d'adoption
L'Arcep fait un état des lieux du déploiement de l'IPv6 en France, et note « un retard de la majeure partie des acteurs »
Trolldi : quelles sont les pires excuses que les entreprises pourraient avancer, pour refuser le passage à l'IPv6 ?
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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 04/01/2026 à 19:24
Historiquement, la méthode par défaut pour qu'une machine Linux (ou autre) s'attribue une adresse IPv6 (via le mécanisme SLAAC) posait un vrai problème de confidentialité.

L'identifiant de l'interface (les 64 derniers bits de l'adresse) était généré directement à partir de l'adresse MAC de votre carte réseau.

La conséquence : L'adresse MAC étant unique au monde et statique, votre adresse IPv6 devenait une "empreinte digitale" permanente. Même si vous changiez de réseau (du bureau à la maison), la fin de votre adresse restait identique, permettant de tracer vos activités à travers l'Internet.

Heureusement, ce comportement a évolué pour protéger l'anonymat des utilisateurs. Les systèmes modernes utilisent désormais des extensions de confidentialité (définies dans les RFC 4941 et 8981).

Voici comment cela fonctionne aujourd'hui sur une distribution Linux moderne correctement configurée :
  • Adresses temporaires aléatoires : Au lieu d'utiliser l'adresse MAC, le système génère une adresse aléatoire pour les connexions sortantes (comme la navigation web).
  • Rotation automatique : Cette adresse change périodiquement (souvent tous les jours). Ainsi, un site web ne peut pas vous profiler sur la durée, car votre "identité" réseau change constamment.
  • Résistance améliorée : Les algorithmes récents (RFC 8981) rendent ces adresses difficiles à prédire, même par analyse statistique.


Il existe aussi une approche intermédiaire appelée "Stable Privacy" (RFC 7217). Elle génère une adresse stable pour un réseau donné (utile pour vos logs ou pare-feux locaux) mais qui change totalement dès que vous changez de sous-réseau. Cela empêche le traçage entre différents lieux tout en gardant une certaine cohérence chez vous.

En IPv4, comme il n'y avait plus assez d'adresses pour tout le monde, on a dû utiliser le NAT (Network Address Translation).

  • Comment ça marche : Votre box internet possède la seule "vraie" adresse publique de votre maison. Vos ordinateurs, téléphones et consoles ont des adresses privées (souvent en 192.168.x.x) qui ne sont pas visibles sur Internet.
  • L'effet de masque : Quand vos appareils vont sur le web, la box remplace leur adresse privée par son adresse publique unique. Vu de l'extérieur, tout le trafic de votre maison semble venir d'une seule et même machine.


Cela crée un "anonymat de foule" : on sait que le trafic vient de chez vous, mais on ne sait pas si c'est votre PC, votre tablette ou votre frigo connecté.

IPv6 a été conçu pour restaurer la connectivité de bout en bout. L'idée est que chaque appareil devrait avoir sa propre adresse publique et être capable de parler directement à n'importe quel autre appareil, sans traduction au milieu.

  • La crainte : Si chaque appareil a sa propre adresse publique (Global Unicast Address), on pourrait théoriquement identifier précisément quel appareil communique. Fini l'anonymat de foule du NAT.


C'est ici que les Privacy Extensions dont nous avons parlé (les adresses aléatoires qui changent) renversent la table.

Comparons les deux situations pour un traceur publicitaire qui essaie de vous suivre :
  • Scénario IPv4 : Il voit tout le trafic de votre foyer venir d'une seule adresse IP publique. Cette adresse change rarement (selon votre FAI). Il peut profiler le "foyer" assez facilement sur la durée.
  • Scénario IPv6 (avec Privacy Extensions) : Il voit votre appareil avec une adresse précise... mais cette adresse change demain, et encore après-demain.


À votre avis, qu'est-ce qui protège le mieux votre vie privée à long terme : être fondu dans la masse de votre foyer mais avec une adresse fixe (IPv4), ou être unique mais changer de visage (d'adresse) tous les jours (IPv6) ?
8  1 
Avatar de phil995511
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 04/01/2026 à 20:50
Citation Envoyé par ericb2 Voir le message
Quelqu'un pourrait expliquer ce qui se passe au niveau confidentialité avec IPV6 ?

Je veux dire en termes de "privacy".

Merci d'avance :-)

N.B. : actuellement, j'ai désactivé IPV6 (c'est pas si simple sous Linux), mais je peux le réactiver sans problème.
Salut,

Le principal frein à son adoption pour moi c'est ça :

Dans un environnement IPv6 pur, chaque dispositif peut potentiellement être directement accessible depuis Internet, augmentant sa surface d’attaque.

Mais y en a d'autres aussi, je te laisserai découvrir les faiblesses générales de l'IPV6 via l'article ci-dessous :

https://www.delta-systemes.fr/ipv6-e...-du-protocole/

Je suis aussi sous Linux, je n'utiliser que de l'IPV4 et comme tu l''auras compris, je ne compte pas en changer.
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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 04/01/2026 à 22:39
Dans l'écosystème IPv4, la pénurie d'adresses a imposé l'utilisation ubiquiste du NAT (Network Address Translation), et plus spécifiquement du NAPT (Network Address Port Translation). Bien que conçu pour la conservation d'adresses, le NAT est devenu, par accident historique, un mécanisme de sécurité de facto pour de nombreux réseaux résidentiels et d'entreprise. Le NAT agit comme un pare-feu à sens unique : il autorise les connexions sortantes tout en rejetant implicitement tout trafic entrant non sollicité qui ne correspond pas à une entrée dans la table de traduction d'états. Cette "sécurité par obscurité" a conduit à une complaisance dangereuse, où la topologie interne est masquée et où l'on suppose que l'inaccessibilité routable équivaut à une sécurité firewall.

Avec IPv6, le NAT est obsolète. Chaque appareil dispose d'une adresse Global Unicast Address (GUA) routable sur l'Internet public. Cette restauration du principe de "connectivité de bout en bout" effraie souvent les administrateurs habitués au bouclier du NAT. Cependant, il est crucial de comprendre que la routabilité n'implique pas l'accessibilité. Un paquet peut avoir une route valide vers une destination, mais cela ne signifie pas que le pare-feu de l'hôte ou du périmètre doit l'accepter. La sécurité dans un environnement IPv6 repose entièrement sur le filtrage de paquets avec état (Stateful Packet Inspection - SPI), une fonctionnalité mature et robuste dans le noyau Linux via Netfilter. En réalité, une configuration IPv6 bien conçue, libérée des complexités de traversée de NAT et intégrant IPsec de manière native, peut offrir une posture de sécurité supérieure à celle d'IPv4, à condition de maîtriser les nouvelles surfaces d'attaque introduites par le protocole.

Obtenir sous Linux une sécurité IPv6 "au moins aussi robuste" qu'IPv4 ne relève pas de l'impossible, mais exige un effort conscient de réapprentissage. La sécurité "gratuite" offerte par l'effet de bord du NAT en IPv4 doit être remplacée par une sécurité "explicite" en IPv6, construite sur trois piliers :
  1. Le Filtrage d'États (Stateful Firewalling) : C'est le mécanisme vital qui permet de distinguer le trafic légitime du trafic hostile. Sans règle ct state established accept, IPv6 est inutilisable ; sans politique DROP par défaut, il est exposé.
  2. La Gestion Intelligente d'ICMPv6 : Contrairement au réflexe de "tout bloquer" d'IPv4, la sécurité IPv6 nécessite une approche chirurgicale, autorisant les fonctions vitales (ND, PMTUD) tout en filtrant les vecteurs d'abus.
  3. L'Hygiène du Noyau : La désactivation des Annonces de Routeur sur les serveurs et l'activation des Extensions de Confidentialité sur les clients garantissent que l'OS ne trahit pas la présence de l'utilisateur par des comportements par défaut trop bavards.
6  1 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 18/02/2021 à 13:20
La transition d'IPv4 vers IPv6 aurait été beaucoup plus simple si ses concepteurs s'étaient contentés de ne changer que la taille des champs dévolues aux adresses (les passer de 32bits à 128bits donc) dans les entêtes de paquets en ne touchant à rien d'autre, au lieu de réinventer l'eau chaude.
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Avatar de gangsoleil
Modérateur https://www.developpez.com
Le 18/02/2021 à 14:10
Hello,

Oui, bien sûr que la transition aurait été facilitée, mais si IPv6 n'est pas IPv4 avec plus d'adresses, c'est bien parce que le protocole IPv4 a des lacunes que IPv6 essaye de combler -- même s'il n'est pas parfait. IPv4 a été standardisé en 1981, IPv6 en 1990, je pense sérieusemet qu'en 30 ans les infrastructures des opérateurs ont absolument toutes été remplacées -- probablement plusieurs fois -- et qu'il aurait été tout à fait possible de mettre du matériel compatible IPv6 à un moment, avec un peu de bonne volonté, ce qui n'a visiblement pas été le cas de beaucoup d'opérateurs.
4  0 
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 18/02/2021 à 14:20
Citation Envoyé par gangsoleil Voir le message
Hello,

Oui, bien sûr que la transition aurait été facilitée, mais si IPv6 n'est pas IPv4 avec plus d'adresses, c'est bien parce que le protocole IPv4 a des lacunes que IPv6 essaye de combler -- même s'il n'est pas parfait. IPv4 a été standardisé en 1981, IPv6 en 1990, je pense sérieusemet qu'en 30 ans les infrastructures des opérateurs ont absolument toutes été remplacées -- probablement plusieurs fois -- et qu'il aurait été tout à fait possible de mettre du matériel compatible IPv6 à un moment, avec un peu de bonne volonté, ce qui n'a visiblement pas été le cas de beaucoup d'opérateurs.
Là est tout le problème d'IPv6, il a été standardisé en 1990 avec des problématiques de 1990. L'IPv4 a continué à évoluer de son côté (ex: RFC du NAT publiée en 1994), et IPv6 n'a pas forcément suivi la même évolution.

IPv6, ce n'est pas qu'IPv4 avec des adresses plus longues. Ce sont deux philosophies différentes.
4  0 
Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 05/01/2026 à 13:23
je ne vois pas en quoi les adresses IPv6 stateless ont des problèmes de confidentialités. Je te rappelle que ces 56 premiers bits correspond à la délégation du préfixe IPv6, permettent déjà de d'identifier d'une manière unique.

Le NAT (Network Address Translation) ne sert pas à faire du filtrage, mais à faire correspondre (ou traduire) une adresse IPv4 publique à une adresse privée. En IPv6 le problème ne se pose pas car chaque hôte peut avoir une adresse publique (connexion de bout en bout).

Si une adresse IPv6 n'est pas accessible dans votre réseau local, pour la simple raison qu'elle n'existe pas, il n'y a aucun problème de sécurité.
Vous avez raison de souligner que les premiers bits (généralement le préfixe /56 ou /64 délégué par le FAI) suffisent à identifier l'abonné ou le foyer. C'est exact : vis-à-vis d'un serveur web, que votre adresse se termine par ::1 ou par une suite aléatoire, on sait que cela vient de "chez vous".

Cependant, le problème de confidentialité des adresses IPv6 "stateless" (SLAAC) basées sur l'adresse MAC (EUI-64) ne concerne pas l'identification du foyer, mais le traçage du matériel (l'appareil spécifique) et sa mobilité :
  • Le traçage transversal (Tracking) : Si votre ordinateur portable utilise une adresse basée sur son adresse MAC (qui est unique au monde et immuable), l'identifiant d'interface (les 64 derniers bits) restera le même que vous soyez chez vous, au travail, ou dans un café. Un tiers (régie publicitaire, tracker) peut donc corréler vos activités à travers différents réseaux simplement en observant ce suffixe constant, même si le préfixe change.
  • L'identification au sein du foyer : Avec un suffixe fixe, il est possible de distinguer l'activité du smartphone de celle de l'ordinateur au sein du même foyer. Les extensions de confidentialité (Privacy Extensions, RFC 4941/8981) servent à masquer quel appareil communique et à empêcher la corrélation de vos déplacements géographiques, pas à masquer d'où (quel abonnement) vous communiquez.


Le NAT est un mécanisme de translation (pour économiser des adresses), pas de filtrage, vous avez raison !

Toutefois, le NAT IPv4 a un "effet de bord" sécuritaire : il agit comme un pare-feu à états (stateful) rudimentaire. Par défaut, tout trafic entrant non sollicité est rejeté car le routeur ne sait pas vers quelle IP privée le rediriger s'il n'y a pas d'entrée dans la table de translation.

En IPv6, la connectivité de bout en bout signifie que chaque appareil (votre frigo, votre imprimante, votre caméra IP) possède une adresse routable publiquement. Si on enlève le NAT sans ajouter de protection explicite, ces appareils deviennent directement joignables de l'extérieur. C'est pourquoi :
  • Le standard pour les routeurs grand public (CPE) impose désormais le respect de la RFC 6092 ("Simple Security"). Cette norme oblige le routeur IPv6 à implémenter un pare-feu stateful qui bloque par défaut tout trafic entrant non sollicité, répliquant ainsi le comportement protecteur auquel le NAT nous a habitués, mais sans briser l'architecture protocolaire.


Votre dernier point ("si l'adresse n'existe pas, il n'y a pas de risque") est intuitivement logique, mais il se heurte à une faille spécifique au fonctionnement d'IPv6 : l'épuisement du cache de voisins (Neighbor Cache Exhaustion).En IPv4, scanner un sous-réseau /24 (256 adresses) est trivial. En IPv6, scanner un /64 (18 x 10^18 adresses) semble impossible.

Mais voici le danger :
  • Si un attaquant envoie des milliers de paquets par seconde vers des adresses aléatoires inexistantes dans votre sous-réseau, votre routeur est obligé de traiter chaque paquet.
  • Pour chaque adresse cible, le routeur doit déterminer si la machine existe localement. Il va créer une entrée "INCOMPLETE" dans sa table de voisins et envoyer une requête Neighbor Solicitation (équivalent ARP Request) en Multicast sur le réseau local.
  • Si l'attaque est massive, la mémoire du routeur (le cache de voisins) sature, ou son CPU s'effondre sous la charge de génération des requêtes NDP. Le routeur ne peut plus gérer les vrais voisins, provoquant une coupure de service pour tout le réseau, même si les adresses visées n'existent pas.


En résumé : Vous avez raison sur le principe (l'identification de l'abonné reste possible), mais les mécanismes comme les adresses temporaires et les pare-feux stateful sont indispensables pour combler les nouveaux vecteurs de risques (traçage matériel, exposition des IoT, attaques par épuisement de ressources) induits par la vaste architecture d'IPv6.

https://www.mdpi.com/2073-431X/12/6/125

Ni l'un ni l'autre car dans tous les cas, il faut un pare-feu justement pour faire le tri de ce qui est autorisé ou pas.
Il y a une confusion fondamentale entre sécurité (protection contre les attaques) et vie privée (protection contre le pistage/traçage).

Un pare-feu est un gardien de porte : il décide qui a le droit d'entrer ou de sortir de votre réseau (filtrage de paquets). C'est un outil de sécurité indispensable pour empêcher un pirate d'entrer.

Cependant, un pare-feu ne masque pas votre identité. Lorsque vous autorisez une connexion sortante (par exemple, pour visiter un site web), votre pare-feu laisse passer le trafic, et le serveur distant doit voir votre adresse IP pour pouvoir vous renvoyer la réponse (la page web).

En résumé : Un pare-feu vous protège contre le piratage, mais il ne protège absolument pas votre vie privée vis-à-vis des sites que vous visitez. Ils voient votre adresse IP, que vous ayez un pare-feu ou non.
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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 05/01/2026 à 16:48
@Artemus,

Nous sommes parfaitement alignés sur la distinction technique entre le NAT (translation) et le pare-feu (filtrage). C'est effectivement une confusion courante de croire que le NAT est un outil de sécurité, alors que, comme vous le dites très bien, la sécurité repose sur le rejet des connexions non sollicitées par le routeur ou l'OS. Sur ce point, nous disons la même chose.

Cependant, là où nos analyses divergent, c'est sur la définition du « modèle de menace » concernant la vie privée (Privacy).

Vous dites : "Il est facile de m'identifier par mon FAI. Donc, la vie privée est un leurre."

C'est exact vis-à-vis de votre FAI (SFR). Il détient votre identité civile liée à votre abonnement (et donc votre préfixe). Mais les Privacy Extensions (RFC 8981) ne sont pas conçues pour vous cacher de votre FAI. Elles sont conçues pour vous protéger du traçage transversal par des tiers (régies publicitaires, GAFAM, serveurs web).

Voici la nuance très importante :

  • Sans Privacy Extensions (SLAAC pur avec adresse MAC) : Si vous allez sur le Site A le matin et sur le Site B le soir, les deux sites voient le même suffixe (les 64 derniers bits). Ils peuvent techniquement échanger cette info et dire : « La machine avec l'ID xyz est passée chez nous deux ». Ils profilent votre matériel spécifique.
  • Avec Privacy Extensions : Le Site A voit un suffixe aléatoire. Le Site B en voit un autre. Pour eux, ce sont deux visiteurs différents (ou du moins, la corrélation est bien plus complexe).


Ne pas faire de distinction entre « sécurité » (se protéger des attaques) et « vie privée » (se protéger du profilage) est risqué. Un pare-feu parfaitement configuré assure votre sécurité (personne ne rentre), mais n'assure aucune confidentialité (quand vous sortez, vous affichez votre IP).

L'IPv6 moderne permet justement d'avoir les deux : la connectivité de bout en bout (sans NAT) et l'anonymat vis-à-vis des tiers (grâce à la rotation d'adresses), à condition de ne pas désactiver ces mécanismes par fatalisme.
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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 07/01/2026 à 10:35
Tu me dis que ton PC ou ton frigo à la même IP toute la journée, ça me laisse toute la journée pour l'attaquer.
Je pense que vous n'avez pas compris, le NAT ne protège pas ! Ce n'est pas un outil de sécurité c'est un "bricolage" pour économiser des adresses IPv4. Ce qui le protège réellement, c'est le pare-feu (Stateful Firewall) intégré à sa box qui bloque les connexions entrantes non sollicitées.

En IPv6 : On retire le NAT, mais on garde le pare-feu. Votre routeur bloque par défaut tout trafic entrant vers vos appareils IPv6, exactement comme en IPv4. Si quelqu'un essaie d'attaquer votre "frigo", il se heurtera au pare-feu du routeur avant même d'atteindre l'appareil.

En IPv4, scanner tout un réseau pour trouver qui est connecté prend quelques minutes. En IPv6, c'est mathématiquement impossible.
  • Un réseau local standard IPv6 (/64) contient 18 446 744 073 709 551 616 adresses possibles.
  • Même en scannant 1 million d'adresses par seconde, il faudrait 500 000 ans à l'attaquant juste pour balayer votre seul réseau Wi-Fi domestique et espérer tomber par hasard sur l'IP de votre PC.


C'est ce qu'on appelle la sécurité par l'immensité de l'espace d'adressage. Contrairement à l'IPv4, on ne peut pas deviner où se trouvent les machines.

J'ajoute, que si vous configurez votre pare-feu de l'OS, vous avez deux murs à passer, le routeur et le pare-feu de votre OS.

l'IPv6 rappelle l'informatique des "débuts" (années 80) dans le sens où chaque machine a sa propre adresse publique (le principe de "bout en bout"). C'est l'architecture originale d'Internet, vous avez raison, cependant dire que c'est moins sécurisé est faux. Avec un pare-feu actif (ce qui est le standard aujourd'hui), l'IPv6 est structurellement plus robuste contre le balayage réseau que l'IPv4.

Perso, ma configuration IPv6 actuelle est plus "furtive" que n'importe quelle configuration IPv4 classique.
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Avatar de bk417
Membre actif https://www.developpez.com
Le 04/10/2019 à 14:49
Les FAI proposent l'IPv6 oui mais les fonctions annexes (routeur, délégation de préfixe, firewall,...) sont archi-nulles.

Chez Bouygues par exemple, le firewall bloque tout l'ipv6 entrant. C'est tout pourri.
Et on peut pas mettre un routeur derrière la box qui puissent déléguer un /64 proprement.
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