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La pénurie des adresses IPv4 devrait survenir plus tôt que prévu,
Et le régulateur français appelle à l'urgence dans la migration vers l'IPv6

Le , par Stan Adkens

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La pénurie des adresses IPv4 devrait survenir plus tôt que prévu
Et le régulateur français appelle à l’urgence dans la migration vers l’IPv6

La multiplication des équipements mobiles et l'avènement de l’IoT ont contribué à augmenter la demande en adresses Internet Protocole. Cependant, le nombre d'adresses IPv4 est limité et insuffisant pour répondre à l'explosion de la demande de nouvelles adresses pour les appareils connectés qui continuent à arriver sur le marché. En effet, l'économie des adresses IP n'a pas été une préoccupation au début d'Internet. Certaines entreprises se sont vues attribuer des blocs /8 (soit 16 millions d'adresses) ou /16 (65536 adresses) qui dépassaient souvent largement leurs besoins réels.

Maintenant que la pénurie d’adresses IPv4 s’accélère et que l'épuisement de ces adresses, sur lesquelles repose historiquement le fonctionnement de l’Internet, devrait survenir plus tôt que prévu, la migration vers le protocole IPv6 devient impérative. A l’occasion de la publication de son rapport 2019 sur l’état de santé de l’Internet en France, l’Arcep, le régulateur des télécoms a rendu ses mises à jour publiques et est revenu sur le déploiement de l'IPv6 en France. Prévu l’année dernière pour 2021, l’Arcep estime désormais que la pénurie d’adresses IPv4 interviendra d’ici juin 2020.


Pour rappel, en février 2011, l’IANA (Internet Assigned Numbers Authority) qui supervise l'allocation globale des adresses IP, indiquait qu’il avait épuisé les blocs /8 d’adresses IPV4 destinées aux registres internet régionaux (RIR). Ensuite, progressivement, les RIR ont épuisé leur stock à leur tour. C’est l’APNIC ou Asia-Pacific Network Information Center qui dessert le continent asiatique qui a déclaré au cours de la même année, être à court d’adresse IPV4. Ce fut alors au tour à l’Europe (RIPE) en 2012 de s’essouffler.

La saturation, de plus en plus proche, doit faire réagir les acteurs du Net, pour qu'ils prennent des dispositions pour garantir, dans les temps, l'adoption de l'IPv6, la nouvelle version du protocole, qui offre un stock d’adresses utilisables pratiquement sans limites. Mais visiblement le régulateur n’est pas en phase avec le rythme adopté par les acteurs de l’Internet pour cette migration. Dans un communiqué publié sur son site Web, l’Arcep a écrit :

« La lenteur de la migration peut d’une part provoquer le dysfonctionnement de certaines catégories de services sur Internet du fait de systèmes de partage d’adresse IPv4 entre plusieurs clients mis en place pour faire face à la pénurie ».

En 2018, les esprits commençaient déjà à s’inquiéter de l’échéance d’épuisement des adresses IPv4 qui avait été estimé pour 2021. Ils devraient être davantage inquiets maintenant que l’échéance devrait encore se rapprocher dans les mois qui viennent. Dans son communiqué, l’Arcep a soulevé quelques difficultés liées à l’épuisement imminent des adresses IPV4 :

« L’épuisement du stock des adresses IPv4 disponibles entraîne d’ores et déjà une augmentation significative du prix de ces adresses, ce qui est susceptible d’engendrer une barrière à l’entrée à l’encontre des nouveaux acteurs sur Internet ». Ce qui va contre les principes de « l’Internet comme bien commun » et de « garantir un Internet ouvert » que prône le régulateur français.

Selon le gendarme des télécoms, il restait très exactement 3,506 millions d’adresses publiques disponibles au registre régional concernant l’Europe et le Moyen-Orient au moment où il publiait son rapport. L’Arcep, pour attirer l’attention des acteurs qui ne sont pas pressés pour procéder à la migration vers le protocole IPv6, va mettre à jour de façon hebdomadaire ses prévisions pour offrir une sorte de compte à rebours consultable en ligne.


Le protocole IPv4, utilisé sur Internet dès ses débuts, offre un espace d'adressage de près de 4,3 milliards d'adresses IP. Or, le succès d'Internet, la diversité des usages et la multiplication des objets connectés ont eu comme conséquence directe l'épuisement progressif des adresses IPv4, certaines régions du monde étant touchées plus que d'autres. Selon le baromètre annuel de la transition vers IPv6 en France de l’Arcep publié en octobre 2018, les quatre principaux opérateurs français (Bouygues Telecom, Free, Orange, SFR) avaient déjà affecté entre environ 88 % et 99 % des adresses IPv4 qu’ils possèdent, à fin juin 2018.

Selon un bilan d’utilisation d’adresses IPv4 dressé par la NRO (Number ressource Organization) américaine depuis octobre 2010, alors qu'en janvier 2010, 10 % des adresses de ce protocole restaient à pourvoir, il n'en était resté que 5 % en octobre de la même année, et même un peu moins. Dans cet intervalle de temps, ce sont plus de 200 millions d'adresses Ipv4 qui avaient été allouées.

L’espace d’adressage IPv6 représente donc l’avenir de l’Internet. IPv6 (Internet Protocol version 6) est un protocole réseau sans connexion de la couche 3 du modèle OSI (Open Systems Interconnection). IPv6 est l'aboutissement des travaux menés au sein de l'IETF au cours des années 90 pour succéder à IPv4. Il est la relève de l’IPv4 et est finalisé depuis décembre 1998, mais la transition est extrêmement lente.

Pour accompagner la transition vers l’IPv6, l’Autorité de régulation contribue à l’animation de la communauté dans le but de favoriser l’échange de bonnes pratiques entre acteurs et mettra en place, au second semestre 2019, dans cet objectif, une Task-Force dédiée à IPv6, d’après le rapport 2019 de l’Arcep.

Pour stimuler un peu le marché, le régulateur avait organisé le 10 octobre dernier « un atelier de travail dédié au partage d’expériences et de bonnes pratiques utiles à la transition vers IPv6 », en partenariat avec l'Internet Society France (ISOC). Cette rencontre entre différents acteurs a permis de faire remonter les « nombreux freins au déploiement d’IPv6 » qui a démarré pourtant depuis 2003. Cette migration pourra-t-elle être faite par tous les maillons de la chaine avant la nouvelle date d’échéance ?

Source: Arcep

Et vous ?

Que pensez-vous de la nouvelle date d’échéance ?
Pense-vous que l’ensemble des acteurs pourront passer en IPv6 avant ?
Selon vous pourquoi le remplaçant de l’IPv4 est-il lent à être adopté ?

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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 04/01/2026 à 19:24
Historiquement, la méthode par défaut pour qu'une machine Linux (ou autre) s'attribue une adresse IPv6 (via le mécanisme SLAAC) posait un vrai problème de confidentialité.

L'identifiant de l'interface (les 64 derniers bits de l'adresse) était généré directement à partir de l'adresse MAC de votre carte réseau.

La conséquence : L'adresse MAC étant unique au monde et statique, votre adresse IPv6 devenait une "empreinte digitale" permanente. Même si vous changiez de réseau (du bureau à la maison), la fin de votre adresse restait identique, permettant de tracer vos activités à travers l'Internet.

Heureusement, ce comportement a évolué pour protéger l'anonymat des utilisateurs. Les systèmes modernes utilisent désormais des extensions de confidentialité (définies dans les RFC 4941 et 8981).

Voici comment cela fonctionne aujourd'hui sur une distribution Linux moderne correctement configurée :
  • Adresses temporaires aléatoires : Au lieu d'utiliser l'adresse MAC, le système génère une adresse aléatoire pour les connexions sortantes (comme la navigation web).
  • Rotation automatique : Cette adresse change périodiquement (souvent tous les jours). Ainsi, un site web ne peut pas vous profiler sur la durée, car votre "identité" réseau change constamment.
  • Résistance améliorée : Les algorithmes récents (RFC 8981) rendent ces adresses difficiles à prédire, même par analyse statistique.


Il existe aussi une approche intermédiaire appelée "Stable Privacy" (RFC 7217). Elle génère une adresse stable pour un réseau donné (utile pour vos logs ou pare-feux locaux) mais qui change totalement dès que vous changez de sous-réseau. Cela empêche le traçage entre différents lieux tout en gardant une certaine cohérence chez vous.

En IPv4, comme il n'y avait plus assez d'adresses pour tout le monde, on a dû utiliser le NAT (Network Address Translation).

  • Comment ça marche : Votre box internet possède la seule "vraie" adresse publique de votre maison. Vos ordinateurs, téléphones et consoles ont des adresses privées (souvent en 192.168.x.x) qui ne sont pas visibles sur Internet.
  • L'effet de masque : Quand vos appareils vont sur le web, la box remplace leur adresse privée par son adresse publique unique. Vu de l'extérieur, tout le trafic de votre maison semble venir d'une seule et même machine.


Cela crée un "anonymat de foule" : on sait que le trafic vient de chez vous, mais on ne sait pas si c'est votre PC, votre tablette ou votre frigo connecté.

IPv6 a été conçu pour restaurer la connectivité de bout en bout. L'idée est que chaque appareil devrait avoir sa propre adresse publique et être capable de parler directement à n'importe quel autre appareil, sans traduction au milieu.

  • La crainte : Si chaque appareil a sa propre adresse publique (Global Unicast Address), on pourrait théoriquement identifier précisément quel appareil communique. Fini l'anonymat de foule du NAT.


C'est ici que les Privacy Extensions dont nous avons parlé (les adresses aléatoires qui changent) renversent la table.

Comparons les deux situations pour un traceur publicitaire qui essaie de vous suivre :
  • Scénario IPv4 : Il voit tout le trafic de votre foyer venir d'une seule adresse IP publique. Cette adresse change rarement (selon votre FAI). Il peut profiler le "foyer" assez facilement sur la durée.
  • Scénario IPv6 (avec Privacy Extensions) : Il voit votre appareil avec une adresse précise... mais cette adresse change demain, et encore après-demain.


À votre avis, qu'est-ce qui protège le mieux votre vie privée à long terme : être fondu dans la masse de votre foyer mais avec une adresse fixe (IPv4), ou être unique mais changer de visage (d'adresse) tous les jours (IPv6) ?
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Avatar de phil995511
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 04/01/2026 à 20:50
Citation Envoyé par ericb2 Voir le message
Quelqu'un pourrait expliquer ce qui se passe au niveau confidentialité avec IPV6 ?

Je veux dire en termes de "privacy".

Merci d'avance :-)

N.B. : actuellement, j'ai désactivé IPV6 (c'est pas si simple sous Linux), mais je peux le réactiver sans problème.
Salut,

Le principal frein à son adoption pour moi c'est ça :

Dans un environnement IPv6 pur, chaque dispositif peut potentiellement être directement accessible depuis Internet, augmentant sa surface d’attaque.

Mais y en a d'autres aussi, je te laisserai découvrir les faiblesses générales de l'IPV6 via l'article ci-dessous :

https://www.delta-systemes.fr/ipv6-e...-du-protocole/

Je suis aussi sous Linux, je n'utiliser que de l'IPV4 et comme tu l''auras compris, je ne compte pas en changer.
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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 04/01/2026 à 22:39
Dans l'écosystème IPv4, la pénurie d'adresses a imposé l'utilisation ubiquiste du NAT (Network Address Translation), et plus spécifiquement du NAPT (Network Address Port Translation). Bien que conçu pour la conservation d'adresses, le NAT est devenu, par accident historique, un mécanisme de sécurité de facto pour de nombreux réseaux résidentiels et d'entreprise. Le NAT agit comme un pare-feu à sens unique : il autorise les connexions sortantes tout en rejetant implicitement tout trafic entrant non sollicité qui ne correspond pas à une entrée dans la table de traduction d'états. Cette "sécurité par obscurité" a conduit à une complaisance dangereuse, où la topologie interne est masquée et où l'on suppose que l'inaccessibilité routable équivaut à une sécurité firewall.

Avec IPv6, le NAT est obsolète. Chaque appareil dispose d'une adresse Global Unicast Address (GUA) routable sur l'Internet public. Cette restauration du principe de "connectivité de bout en bout" effraie souvent les administrateurs habitués au bouclier du NAT. Cependant, il est crucial de comprendre que la routabilité n'implique pas l'accessibilité. Un paquet peut avoir une route valide vers une destination, mais cela ne signifie pas que le pare-feu de l'hôte ou du périmètre doit l'accepter. La sécurité dans un environnement IPv6 repose entièrement sur le filtrage de paquets avec état (Stateful Packet Inspection - SPI), une fonctionnalité mature et robuste dans le noyau Linux via Netfilter. En réalité, une configuration IPv6 bien conçue, libérée des complexités de traversée de NAT et intégrant IPsec de manière native, peut offrir une posture de sécurité supérieure à celle d'IPv4, à condition de maîtriser les nouvelles surfaces d'attaque introduites par le protocole.

Obtenir sous Linux une sécurité IPv6 "au moins aussi robuste" qu'IPv4 ne relève pas de l'impossible, mais exige un effort conscient de réapprentissage. La sécurité "gratuite" offerte par l'effet de bord du NAT en IPv4 doit être remplacée par une sécurité "explicite" en IPv6, construite sur trois piliers :
  1. Le Filtrage d'États (Stateful Firewalling) : C'est le mécanisme vital qui permet de distinguer le trafic légitime du trafic hostile. Sans règle ct state established accept, IPv6 est inutilisable ; sans politique DROP par défaut, il est exposé.
  2. La Gestion Intelligente d'ICMPv6 : Contrairement au réflexe de "tout bloquer" d'IPv4, la sécurité IPv6 nécessite une approche chirurgicale, autorisant les fonctions vitales (ND, PMTUD) tout en filtrant les vecteurs d'abus.
  3. L'Hygiène du Noyau : La désactivation des Annonces de Routeur sur les serveurs et l'activation des Extensions de Confidentialité sur les clients garantissent que l'OS ne trahit pas la présence de l'utilisateur par des comportements par défaut trop bavards.
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Avatar de lsbkf
Membre actif https://www.developpez.com
Le 01/07/2019 à 3:41
Mais l'Histoire a maintes fois démontré qu'on ne se sortira pas les doigts du cul tant qu'on ne sera pas arrivés au point critique où plus rien ne marche, plusieurs personnes en meurent, ou une grosse entreprise fait faillite, donc à quoi bon s'égosiller ?
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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 05/01/2026 à 13:23
je ne vois pas en quoi les adresses IPv6 stateless ont des problèmes de confidentialités. Je te rappelle que ces 56 premiers bits correspond à la délégation du préfixe IPv6, permettent déjà de d'identifier d'une manière unique.

Le NAT (Network Address Translation) ne sert pas à faire du filtrage, mais à faire correspondre (ou traduire) une adresse IPv4 publique à une adresse privée. En IPv6 le problème ne se pose pas car chaque hôte peut avoir une adresse publique (connexion de bout en bout).

Si une adresse IPv6 n'est pas accessible dans votre réseau local, pour la simple raison qu'elle n'existe pas, il n'y a aucun problème de sécurité.
Vous avez raison de souligner que les premiers bits (généralement le préfixe /56 ou /64 délégué par le FAI) suffisent à identifier l'abonné ou le foyer. C'est exact : vis-à-vis d'un serveur web, que votre adresse se termine par ::1 ou par une suite aléatoire, on sait que cela vient de "chez vous".

Cependant, le problème de confidentialité des adresses IPv6 "stateless" (SLAAC) basées sur l'adresse MAC (EUI-64) ne concerne pas l'identification du foyer, mais le traçage du matériel (l'appareil spécifique) et sa mobilité :
  • Le traçage transversal (Tracking) : Si votre ordinateur portable utilise une adresse basée sur son adresse MAC (qui est unique au monde et immuable), l'identifiant d'interface (les 64 derniers bits) restera le même que vous soyez chez vous, au travail, ou dans un café. Un tiers (régie publicitaire, tracker) peut donc corréler vos activités à travers différents réseaux simplement en observant ce suffixe constant, même si le préfixe change.
  • L'identification au sein du foyer : Avec un suffixe fixe, il est possible de distinguer l'activité du smartphone de celle de l'ordinateur au sein du même foyer. Les extensions de confidentialité (Privacy Extensions, RFC 4941/8981) servent à masquer quel appareil communique et à empêcher la corrélation de vos déplacements géographiques, pas à masquer d'où (quel abonnement) vous communiquez.


Le NAT est un mécanisme de translation (pour économiser des adresses), pas de filtrage, vous avez raison !

Toutefois, le NAT IPv4 a un "effet de bord" sécuritaire : il agit comme un pare-feu à états (stateful) rudimentaire. Par défaut, tout trafic entrant non sollicité est rejeté car le routeur ne sait pas vers quelle IP privée le rediriger s'il n'y a pas d'entrée dans la table de translation.

En IPv6, la connectivité de bout en bout signifie que chaque appareil (votre frigo, votre imprimante, votre caméra IP) possède une adresse routable publiquement. Si on enlève le NAT sans ajouter de protection explicite, ces appareils deviennent directement joignables de l'extérieur. C'est pourquoi :
  • Le standard pour les routeurs grand public (CPE) impose désormais le respect de la RFC 6092 ("Simple Security"). Cette norme oblige le routeur IPv6 à implémenter un pare-feu stateful qui bloque par défaut tout trafic entrant non sollicité, répliquant ainsi le comportement protecteur auquel le NAT nous a habitués, mais sans briser l'architecture protocolaire.


Votre dernier point ("si l'adresse n'existe pas, il n'y a pas de risque") est intuitivement logique, mais il se heurte à une faille spécifique au fonctionnement d'IPv6 : l'épuisement du cache de voisins (Neighbor Cache Exhaustion).En IPv4, scanner un sous-réseau /24 (256 adresses) est trivial. En IPv6, scanner un /64 (18 x 10^18 adresses) semble impossible.

Mais voici le danger :
  • Si un attaquant envoie des milliers de paquets par seconde vers des adresses aléatoires inexistantes dans votre sous-réseau, votre routeur est obligé de traiter chaque paquet.
  • Pour chaque adresse cible, le routeur doit déterminer si la machine existe localement. Il va créer une entrée "INCOMPLETE" dans sa table de voisins et envoyer une requête Neighbor Solicitation (équivalent ARP Request) en Multicast sur le réseau local.
  • Si l'attaque est massive, la mémoire du routeur (le cache de voisins) sature, ou son CPU s'effondre sous la charge de génération des requêtes NDP. Le routeur ne peut plus gérer les vrais voisins, provoquant une coupure de service pour tout le réseau, même si les adresses visées n'existent pas.


En résumé : Vous avez raison sur le principe (l'identification de l'abonné reste possible), mais les mécanismes comme les adresses temporaires et les pare-feux stateful sont indispensables pour combler les nouveaux vecteurs de risques (traçage matériel, exposition des IoT, attaques par épuisement de ressources) induits par la vaste architecture d'IPv6.

https://www.mdpi.com/2073-431X/12/6/125

Ni l'un ni l'autre car dans tous les cas, il faut un pare-feu justement pour faire le tri de ce qui est autorisé ou pas.
Il y a une confusion fondamentale entre sécurité (protection contre les attaques) et vie privée (protection contre le pistage/traçage).

Un pare-feu est un gardien de porte : il décide qui a le droit d'entrer ou de sortir de votre réseau (filtrage de paquets). C'est un outil de sécurité indispensable pour empêcher un pirate d'entrer.

Cependant, un pare-feu ne masque pas votre identité. Lorsque vous autorisez une connexion sortante (par exemple, pour visiter un site web), votre pare-feu laisse passer le trafic, et le serveur distant doit voir votre adresse IP pour pouvoir vous renvoyer la réponse (la page web).

En résumé : Un pare-feu vous protège contre le piratage, mais il ne protège absolument pas votre vie privée vis-à-vis des sites que vous visitez. Ils voient votre adresse IP, que vous ayez un pare-feu ou non.
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Avatar de
https://www.developpez.com
Le 18/02/2021 à 13:20
La transition d'IPv4 vers IPv6 aurait été beaucoup plus simple si ses concepteurs s'étaient contentés de ne changer que la taille des champs dévolues aux adresses (les passer de 32bits à 128bits donc) dans les entêtes de paquets en ne touchant à rien d'autre, au lieu de réinventer l'eau chaude.
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Avatar de gangsoleil
Modérateur https://www.developpez.com
Le 18/02/2021 à 14:10
Hello,

Oui, bien sûr que la transition aurait été facilitée, mais si IPv6 n'est pas IPv4 avec plus d'adresses, c'est bien parce que le protocole IPv4 a des lacunes que IPv6 essaye de combler -- même s'il n'est pas parfait. IPv4 a été standardisé en 1981, IPv6 en 1990, je pense sérieusemet qu'en 30 ans les infrastructures des opérateurs ont absolument toutes été remplacées -- probablement plusieurs fois -- et qu'il aurait été tout à fait possible de mettre du matériel compatible IPv6 à un moment, avec un peu de bonne volonté, ce qui n'a visiblement pas été le cas de beaucoup d'opérateurs.
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Avatar de
https://www.developpez.com
Le 18/02/2021 à 14:20
Citation Envoyé par gangsoleil Voir le message
Hello,

Oui, bien sûr que la transition aurait été facilitée, mais si IPv6 n'est pas IPv4 avec plus d'adresses, c'est bien parce que le protocole IPv4 a des lacunes que IPv6 essaye de combler -- même s'il n'est pas parfait. IPv4 a été standardisé en 1981, IPv6 en 1990, je pense sérieusemet qu'en 30 ans les infrastructures des opérateurs ont absolument toutes été remplacées -- probablement plusieurs fois -- et qu'il aurait été tout à fait possible de mettre du matériel compatible IPv6 à un moment, avec un peu de bonne volonté, ce qui n'a visiblement pas été le cas de beaucoup d'opérateurs.
Là est tout le problème d'IPv6, il a été standardisé en 1990 avec des problématiques de 1990. L'IPv4 a continué à évoluer de son côté (ex: RFC du NAT publiée en 1994), et IPv6 n'a pas forcément suivi la même évolution.

IPv6, ce n'est pas qu'IPv4 avec des adresses plus longues. Ce sont deux philosophies différentes.
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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 05/01/2026 à 16:48
@Artemus,

Nous sommes parfaitement alignés sur la distinction technique entre le NAT (translation) et le pare-feu (filtrage). C'est effectivement une confusion courante de croire que le NAT est un outil de sécurité, alors que, comme vous le dites très bien, la sécurité repose sur le rejet des connexions non sollicitées par le routeur ou l'OS. Sur ce point, nous disons la même chose.

Cependant, là où nos analyses divergent, c'est sur la définition du « modèle de menace » concernant la vie privée (Privacy).

Vous dites : "Il est facile de m'identifier par mon FAI. Donc, la vie privée est un leurre."

C'est exact vis-à-vis de votre FAI (SFR). Il détient votre identité civile liée à votre abonnement (et donc votre préfixe). Mais les Privacy Extensions (RFC 8981) ne sont pas conçues pour vous cacher de votre FAI. Elles sont conçues pour vous protéger du traçage transversal par des tiers (régies publicitaires, GAFAM, serveurs web).

Voici la nuance très importante :

  • Sans Privacy Extensions (SLAAC pur avec adresse MAC) : Si vous allez sur le Site A le matin et sur le Site B le soir, les deux sites voient le même suffixe (les 64 derniers bits). Ils peuvent techniquement échanger cette info et dire : « La machine avec l'ID xyz est passée chez nous deux ». Ils profilent votre matériel spécifique.
  • Avec Privacy Extensions : Le Site A voit un suffixe aléatoire. Le Site B en voit un autre. Pour eux, ce sont deux visiteurs différents (ou du moins, la corrélation est bien plus complexe).


Ne pas faire de distinction entre « sécurité » (se protéger des attaques) et « vie privée » (se protéger du profilage) est risqué. Un pare-feu parfaitement configuré assure votre sécurité (personne ne rentre), mais n'assure aucune confidentialité (quand vous sortez, vous affichez votre IP).

L'IPv6 moderne permet justement d'avoir les deux : la connectivité de bout en bout (sans NAT) et l'anonymat vis-à-vis des tiers (grâce à la rotation d'adresses), à condition de ne pas désactiver ces mécanismes par fatalisme.
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Avatar de fred1599
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 07/01/2026 à 10:35
Tu me dis que ton PC ou ton frigo à la même IP toute la journée, ça me laisse toute la journée pour l'attaquer.
Je pense que vous n'avez pas compris, le NAT ne protège pas ! Ce n'est pas un outil de sécurité c'est un "bricolage" pour économiser des adresses IPv4. Ce qui le protège réellement, c'est le pare-feu (Stateful Firewall) intégré à sa box qui bloque les connexions entrantes non sollicitées.

En IPv6 : On retire le NAT, mais on garde le pare-feu. Votre routeur bloque par défaut tout trafic entrant vers vos appareils IPv6, exactement comme en IPv4. Si quelqu'un essaie d'attaquer votre "frigo", il se heurtera au pare-feu du routeur avant même d'atteindre l'appareil.

En IPv4, scanner tout un réseau pour trouver qui est connecté prend quelques minutes. En IPv6, c'est mathématiquement impossible.
  • Un réseau local standard IPv6 (/64) contient 18 446 744 073 709 551 616 adresses possibles.
  • Même en scannant 1 million d'adresses par seconde, il faudrait 500 000 ans à l'attaquant juste pour balayer votre seul réseau Wi-Fi domestique et espérer tomber par hasard sur l'IP de votre PC.


C'est ce qu'on appelle la sécurité par l'immensité de l'espace d'adressage. Contrairement à l'IPv4, on ne peut pas deviner où se trouvent les machines.

J'ajoute, que si vous configurez votre pare-feu de l'OS, vous avez deux murs à passer, le routeur et le pare-feu de votre OS.

l'IPv6 rappelle l'informatique des "débuts" (années 80) dans le sens où chaque machine a sa propre adresse publique (le principe de "bout en bout"). C'est l'architecture originale d'Internet, vous avez raison, cependant dire que c'est moins sécurisé est faux. Avec un pare-feu actif (ce qui est le standard aujourd'hui), l'IPv6 est structurellement plus robuste contre le balayage réseau que l'IPv4.

Perso, ma configuration IPv6 actuelle est plus "furtive" que n'importe quelle configuration IPv4 classique.
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