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La révolte des actionnaires de Facebook devient sanglante : les investisseurs impuissants votent massivement
Pour évincer Zuckerberg de la présidence

Le , par Stan Adkens

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Les actionnaires de la plus grande plateforme de réseau social au monde sont furieux de la façon dont le PDG Mark Zuckerberg a géré une série de scandales sur Facebook, y compris l'interférence dans les élections américaines de 2016 à partir du réseau social et la violation géante de données par le cabinet Cambridge Analytica révélé l'an dernier. Ce mécontentement envers le fondateur, Président du conseil d’administration et Directeur général a atteint de nouveaux sommets. Lors l’assemblée annuelle des actionnaires le 30 mai dernier, 68 % des actionnaires qui ne sont ni dans la direction ni dans le conseil d’administration de la société ont voté en faveur de la séparation des fonctions de président du conseil et de chef de la direction et de l'éviction de Zuckerberg de son poste de président, même si cela n’a pas suffi à instaurer une présidence indépendante sur Facebook.

La révolte des actionnaires de Facebook vient de passer à une autre phase, selon les résultats du vote des investisseurs déposé lundi. Lors de son assemblée annuelle des actionnaires la semaine dernière, ces derniers ont voté sur une série de propositions et les résultats soulignent la colère parmi les investisseurs extérieurs. Ces investisseurs pensent que l'entreprise gagnerait à ce qu'un président indépendant demande des comptes à Zuckerberg et à son équipe dirigeante. Selon une analyse des résultats effectuée par Open Mic, une organisation qui travaille avec des actionnaires activistes pour améliorer la gouvernance d'entreprise dans les plus grandes entreprises américaines, les actionnaires indépendants ont massivement soutenu deux propositions pour affaiblir le pouvoir de Mark Zuckerberg.


En avril dernier, Business Insider a révélé huit propositions des actionnaires activistes de Facebook contenues dans un dépôt effectué plus tôt par l’entreprise à la SEC (Securities and Exchange Commission), annonçant son assemblée annuelle des actionnaires du 30 mai. Deux de ces propositions montraient la volonté des investisseurs d’apporter des changements dans la direction de Facebook. Dans l’une des propositions, les investisseurs voulaient évincer Zuckerberg en tant que président du conseil d'administration de Facebook en faveur de l'embauche d'un dirigeant indépendant. Dans l’autre proposition, les investisseurs voulaient instaurer de nouveaux « mécanismes équitables et appropriés permettant d'éliminer les droits disproportionnés des actionnaires de classe B ».

A l’issue du vote du 30 mai, environ 68 % des investisseurs externes ont exprimé qu’ils ne veulent plus voir M. Zuckerberg au poste de président et veulent plutôt faire venir une personnalité indépendante à la présidence du conseil de Facebook. Les investisseurs adhèrent davantage à cette proposition. En 2017, 51 % des investisseurs avaient voté en faveur d'une proposition presque identique, d’après Business Insider.

En 2017, des actionnaires avaient fait une proposition visant à obtenir un président indépendant, mais elle a connu d’importantes oppositions parmi les investisseurs. Certains gros investisseurs tels que les fonds Vanguard Total Stock Market Index et Fidelity Contrafund avaient voté contre la proposition. En octobre 2018, quatre grands fonds publics américains, investisseurs de Facebook, se sont joints au premier groupe et ont proposé, à nouveau, de démettre Mark Zuckerberg en tant que président-directeur général au profit d’un président indépendant. Ils avaient justifié leur proposition par la série de scandales notoires dans lesquels le réseau social a été impliqué depuis un certain temps.

En effet, pendant que Zuckerberg continue sa domination sur Facebook, les contenus sur sa plateforme de réseau social sont militarisés pour propager l'ingérence électorale, la violence, le discours haineux, le harcèlement sexuel, la publicité discriminatoire et les violations rampantes de la vie privée. Le plus important scandale de données personnelles a affecté plus de 87 millions de personnes à travers le monde. L’année dernière, une faille de sécurité exploitée par une attaque qui a permis aux pirates de prendre le contrôle des comptes des utilisateurs. A la suite de cette violation de sécurité, considérée comme la plus importante de l’histoire de Facebook, des identifiants de connexion à Facebook des utilisateurs se seraient retrouvés sur le marché obscur du Web pour environ 3 $, selon un rapport.

Une autre proposition chère aux investisseurs externes a été approuvée le 30 mai à la majorité par ces derniers. En effet, 83,2 % de ces investisseurs ont soutenu la proposition visant à supprimer la structure à deux classes d'actions de Facebook. Mais les réformes n'ont jamais été susceptibles d'être adoptées, car les actionnaires indépendants n'ont pas assez de voix pour se débarrasser de Zuckerberg en tant que président, puisqu'il contrôle la majorité des actions.

Pour rappel, Facebook a une structure d'actions à deux classes. Pour les actionnaires de « classe A », une action équivaut à une voix, mais pour les actionnaires de « classe B », une action représente dix voix. Dans cette dernière classe, Zuckerberg et son entourage détiennent environ 18 % du total des actions, selon CNBC, ce qui équivaut à environ 70 % des voix, et Zuckerberg lui-même en détient 60 %.


Dès que les propositions ont été déposées en avril dernier, Facebook a demandé que ses actionnaires rejettent la proposition, comme aux précédentes assemblées annuelles. « Nous croyons que notre structure du capital est dans le meilleur intérêt de nos actionnaires et que notre structure de gouvernance actuelle est saine et efficace », a-t-il dit. Zuckerberg et ses collègues ont encore rejeté la proposition du président indépendant et les plans d'actions à deux classes malgré le soulèvement des investisseurs extérieurs. En d'autres termes, si Zuckerberg et ses plus proches alliés ne sont pas d'accord avec les actionnaires, ils pourront toujours s’imposer tant que la structure de la gestion actuelle de Facebook restera en l’état.

Toutefois, selon une déclaration envoyée à Business Insider par Michael Connor, directeur exécutif d'Open Mic, les résultats du vote des actionnaires externes envoient un message clair à la direction de Facebook. « Les résultats parlent d'eux-mêmes. Mark Zuckerberg et le conseil d'administration de Facebook doivent écouter les actionnaires de l'entreprise. L'arrogance ne remplace pas la bonne gouvernance d'entreprise », a-t-il dit. Jonas Kron, qui dirige l'actionnaire activiste Trillium Asset Management, l’investisseur de Facbook qui a proposé la nomination d'un président indépendant en 2017, a également déclaré : « Les investisseurs sont clairement préoccupés et veulent du changement. Ce niveau de soutien est rarement vu dans les propositions d'actionnaires ».

Dans un communiqué, Michael Frerichs, trésorier de l'État de l'Illinois, qui investit également dans Facebook, a déclaré :

« Les investisseurs indépendants de Facebook conviennent qu'il est temps pour l'entreprise de séparer les rôles de président du conseil d'administration et de chef de la direction ». « Pour l'instant, M. Zuckerberg est à la fois président du conseil d'administration et PDG, il est son propre patron, et il est clair que ça ne marche pas », a-t-il ajouté.

Selon Forbes, lorsqu’un autre membre de l'auditoire a demandé à Susan Desmond-Hellmann, membre du conseil d'administration de Facebook, si elle envisageait de convoquer une réunion au sujet de la destitution de Zuckerberg, elle a dit « La réponse est non ». « L'entreprise, le conseil d'administration et moi-même sommes à l'aise avec l'arrangement opérationnel actuel, où Mark est président et chef de la direction », a-t-elle ajouté.

Cette situation pourrait-elle changer un jour tant que le fondateur, président du conseil d’administration, directeur général et actionnaire majoritaire de Facebook sera toujours aux commandes de l’entreprise ? Toutefois, les actionnaires connaissaient la situation lorsqu’ils ont choisi d’investir dans des actions de « classe A » de Facebook. Qu’il refoule leurs propositions par la force de ses droits de vote, il est pour l’instant dans ses droits, même si Facebook a grand besoin d’une meilleure direction pour se sortir de ses problèmes actuels. Néanmoins, ce vote augmente la pression sur les dirigeants de la société. Un juge des Etats-Unis a, par ailleurs, obligé Facebook à remettre aux actionnaires des informations sur sa manière de gérer la confidentialité des données utilisateur, selon Reuters.

Source : Business Insider

Et vous ?

Quels commentaires faites-vous des 68 % du vote des actionnaires externes ?
Pensez-vous qu’avec un président indépendant, Facebook parviendra à minimiser les scandales ?
Pensez-vous que les actionnaires parviendront un jour à évincer Zuckerberg de la présidence du conseil d’administration de Facebook ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 11/11/2019 à 14:39
Brian Acton, le cofondateur de WhatsApp, maintient qu'il faut quitter Facebook !
Il reste sceptique quant à l’engagement de Mark Zuckerberg en matière de chiffrement

En 2009, Jan Koum et Brian Acton, deux anciens ingénieurs de Yahoo, ont fondé l’entreprise WhatsApp, responsable du développement et de la maintenance de l’application de messagerie du même nom. L’application a connu un tel succès qu’elle n’a pas manqué d’attirer la convoitise de Facebook qui se l’est appropriée en février 2014 pour un montant de 19 milliards de dollars dont une grande partie a été versée sous forme d’actions Facebook et une autre payée en cash. L'accord prévoyait le versement de la somme de 3 milliards de dollars en actions sous réserve du bouclage du rachat. Cette dernière somme a été versée aux fondateurs et salariés de l'application de messagerie.

La popularité de WhatsApp n’a eu de cesse de croître, en 2016, l’application était utilisée par un milliard de personnes dans le monde chaque mois. En juillet 2017, elle a annoncé qu’elle était utilisée par un milliard de personnes dans le monde… chaque jour.

Mais Brian Acton n'a pas apprécié l’évolution de ce mariage entre Facebook et WhatsApp. Le jumelage Facebook-WhatsApp a été un casse-tête chinois dès le départ. Facebook possède l’un des plus grands réseaux publicitaires au monde ; les fondateurs de WhatsApp détestaient les publicités. La valeur ajoutée de Facebook pour les annonceurs est ce qu’il sait de ses utilisateurs ; les fondateurs de WhatsApp étaient des zélotes pro-vie privée qui estimaient que leur chiffrement tant vanté avait été essentiel à leur croissance mondiale presque sans précédent.

Il n'a d'ailleurs pas hésité à faire savoir son mécontentement après la succession de scandales qui ont éclaboussé Facebook depuis l'affaire Cambridge Analytica. Son message était clair : « il est temps. #deletefacebook ».


Le cofondateur de WhatsApp est revenu à la charge. Durant le sommet Wired, une conférence qui a pour but d'explorer les idées et de parler des innovations technologiques pour construire un meilleur avenir, il a maintenu sa déclaration. « Si vous voulez être sur Facebook et que vous voulez avoir des annonces dynamiques devant vous, allez en ville », a-t-il ajouté.

Le journaliste Steven Levy a demandé à Acton pourquoi il avait décidé de faire part au public de sa perspective. « À l'époque, Facebook était sous pression », a expliqué Acton. « Je me suis dit, peut-être que le moment est venu. Mais ensuite, je me suis rendu compte que Facebook avait un défaut fatal: ils n’ont pas de pierres tombales. Quand tu disparais, tu disparais. J'ai donc laissé ma pierre tombale sur Twitter. Mon cri de cœur était beaucoup plus public et visible ».

Acton est loin d'être le premier dirigeant de Facebook à dénoncer la société après son départ. En 2017, Chamath Palihapitiya, ancien responsable de la croissance, a fait des vagues en déclarant : « Nous avons créé des outils qui déchirent le fonctionnement du tissu social ».

Acton est devenu le président de la Signal Foundation en 2018 après l'avoir financé à hauteur de 50 millions de dollars. Signal est l’application de messagerie chiffrée qui a contribué à démocratiser le chiffrement de bout en bout. L’objectif annoncé de cette fondation est de « soutenir, accélérer et agrandir la mission de Signal, qui souhaite rendre les conversations privées accessibles et omniprésentes ». La fondation aura pour mission d’évangéliser sur les bienfaits de Signal et du chiffrement des communications, de recruter une équipe de développeurs pour enrichir l’application. En tant que fondation au sens américain, Signal pourra ainsi recevoir des dons et continuer à servir l’intérêt du public sans se compromettre.


Logo Signal

D'ailleurs, le fondateur de Signal, Moxie Marlinspike a expliqué :

« Bien avant que nous sachions qu'il s'appellerait Signal, nous savions ce que nous voulions qu'il soit. Au lieu d'enseigner la cryptographie au reste du monde, nous voulions voir si nous pouvions développer une cryptographie qui fonctionnerait pour le reste du monde. À l'époque, le consensus de l'industrie était largement que le chiffrement et la cryptographie resteraient inutilisables, mais nous avons commencé Signal avec l'idée que la communication privée pourrait être simple.

« Depuis lors, nous avons fait des progrès. Nous avons développé un service utilisé par des millions et des logiciels utilisés par des milliards. Les histoires qui nous reviennent et nous font vivre sont les histoires de gens qui se découvrent dans des moments où ils ont pu parler librement sur Signal, de gens qui tombent amoureux de Signal, de gens qui organisent des projets ambitieux sur Signal. Lorsque nous demandons à des amis qui, sur leur lieu de travail, sont sur Signal et qu'ils répondent "tous les cadres ainsi que le personnel de cuisine”. Lorsque nous recevons une assignation pour les données d'utilisateur et n'avons rien à renvoyer en dehors d’une feuille de papier vierge. Lorsque nous apercevons le "Signal bleu" sur le téléphone d'un banlieusard, nous sourions.

« Cependant, nous avons toujours voulu faire beaucoup plus, et nos limites se sont souvent transformées en défis. Au cours de la durée de vie du projet, il n'y a eu en moyenne que 2,3 développeurs de logiciels à plein temps et l'équipe Signal n'a jamais compté plus de 7 personnes. Avec trois plateformes client à développer, un service à construire et à exécuter, une liste croissante d'intégrations et des millions d'utilisateurs à supporter, cela nous a souvent laissés sur le carreau.

« Malgré tout, Signal n'a jamais pris de financement par capital-risque ni cherché à investir, car nous estimions que placer le profit au premier plan serait incompatible avec la construction d'un projet durable qui accorderait la priorité aux utilisateurs. En conséquence, Signal a parfois souffert de notre manque de ressources ou de capacité à court terme, mais nous avons toujours pensé que ces valeurs mèneraient à la meilleure expérience possible à long terme ».

Acton reste sceptique quant à l’engagement de Mark Zuckerberg en matière de chiffrement, mais a précisé à Levy: « s’il veut y arriver, il le fera. Toutefois, c'est un champion pour ce qui concerne le changement d'avis ».

La société subit déjà la pression de politiciens inquiets des conséquences du chiffrement des applications Facebook pour la sécurité nationale. Le mois dernier, le procureur général William Barr a envoyé une lettre à Mark Zuckerberg lui demandant de suspendre ses projets de chiffrement, évoquant des préoccupations relatives à la sécurité nationale.

Citant ces difficultés, Acton a déclaré que Zuckerberg était confronté à une bataille difficile.

Source : conférence Wired
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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 30/10/2019 à 15:14
Cambridge Analytica : un an après l'avoir contestée, Facebook accepte enfin de payer l'amende de 500 000 £ au Royaume-Uni,
mais ne s'estime pas coupable pour autant

Facebook est sous le coup de plusieurs enquêtes concernant le détournement des données personnelles de quelque 87 millions d’utilisateurs par la société de marketing politique Cambridge Analytica et son PDG, Mark Zuckerberg, a été auditionné par des parlementaires américains et européens. Cambridge Analytica a travaillé pour la campagne du président Donald Trump en 2016, mais a nié avoir utilisé pour cela des données personnelles d’utilisateurs de Facebook. La société a reconnu avoir fait acte de candidature pour assister le mouvement pro-Brexit Leave.EU lors du référendum britannique de 2016 sur le maintien ou non dans l’Union européenne, mais sans obtenir le marché.

C’est le Royaume-Uni qui a ouvert le bal des amendes à Facebook suite à cette affaire. En juillet 2018, Elizabeth Denham, la commissaire britannique à l’information (ICO - Information Commissioner), a déclaré que Facebook avait enfreint la loi par son incapacité à protéger les informations des utilisateurs et n’avait pas été transparent sur la manière dont les données ont été récoltées par des tiers sur sa plateforme. « Les nouvelles technologies qui utilisent l’analyse de données pour cibler les personnes donnent la possibilité aux sociétés de marketing politique de toucher des électeurs individuels. Mais cela ne peut se faire au détriment de la transparence, de l’équité et du respect de la loi », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La régulatrice britannique de l’information a ce même mois son intention d’infliger une amende de 500 000 livres (565 000 euros) à Facebook pour violation de la loi sur la protection des données à la suite du scandale Cambridge Analytica. L’amende de 500 000 livres qui est le maximum autorisé par la loi britannique sur la protection des données, « envoie un signal clair que je considère cela comme un problème important si l'on considère l'impact de la violation de données », a noté l’ICO.

En réponse, via un communiqué de Erin Egan, directrice de la protection de la vie privée chez Facebook, le réseau social a expliqué que « Comme nous l’avons déjà dit, nous aurions dû faire davantage pour enquêter sur Cambridge Analytica et prendre des mesures en 2015 ». « Nous travaillons en étroite collaboration avec le Bureau de la commissaire à l’information concernant son enquête sur Cambridge Analytica, tout comme nous le faisons avec les autorités américaines et celles d’autres pays », pour ensuite assurer que « Nous examinons le rapport et répondrons bientôt à l'ICO ».


Facebook a déclaré dans un premier temps ne pas vouloir payer cette amende

Il a fallu attendre fin novembre 2018 pour que la plateforme indique son intention de ne pas payer cette amende. Le réseau social affirmait que, puisque le régulateur n'a trouvé aucune preuve que les données personnelles des utilisateurs britanniques ont été partagées de manière inappropriée, la pénalité de 500 000 £ était injustifiée. Facebook estimait que cette sanction « remet en cause certains des principes de base sur la manière dont les personnes devraient être autorisées à partager des informations en ligne ». Facebook a déclaré que sa contestation de l’amende ne signifiait pas qu’il avait commis des erreurs dans l’affaire Cambridge Analytica, mais qu’il avait la possibilité de défendre ce qu’il considérait comme une question de principe devant les tribunaux.

« Nous avions déjà exprimé notre souhait de faire plus pour enquêter sur les allégations concernant Cambridge Analytica en 2015. Nous avons apporté des modifications majeures à notre plateforme à l'époque et avons également considérablement restreint l'information à laquelle les développeurs d'applications peuvent accéder. Et nous étudions toutes les applications historiques qui avaient accès à de grandes quantités d'informations avant la modification des règles de confidentialité de notre plateforme en 2014 », a déclaré Anna Benckert, avocate générale adjointe de Facebook en Europe.

« L'enquête de l'ICO a pour origine des préoccupations selon lesquelles Cambridge Analytica aurait pu avoir une incidence sur les données des citoyens britanniques. Mais ils ont maintenant confirmé qu'ils n'avaient trouvé aucune preuve suggérant que les informations concernant les utilisateurs de Facebook au Royaume-Uni avaient été partagées par Dr. Kogan avec Cambridge Analytica, ou utilisé par ses affiliés lors du référendum sur le Brexit », a déclaré Benckert. « Par conséquent, l'essentiel de l'argumentation de l'ICO ne concerne plus les événements impliquant Cambridge Analytica. Au lieu de cela, leur raisonnement remet en cause certains des principes de base sur la manière dont les personnes devraient être autorisées à partager des informations en ligne, avec des implications qui vont bien au-delà de Facebook, raison pour laquelle nous avons choisi de faire appel », a expliqué Benckert

Toutefois Rachel Coldicutt, directrice générale de Doteveryone, un groupe de réflexion indépendant qui examine en quoi la technologie transforme la société, a déclaré que Facebook avait la responsabilité de protéger en permanence les données de tous les utilisateurs. « Que ces données aient ou non été utilisées pour influencer l'issue du référendum est un fiasco - et franchement, Facebook devrait payer l'amende et se concentrer pour avoir l'air d'une entreprise mature et digne de confiance », a-t-elle déclaré. Un porte-parole de l'ICO reconnait que Facebook a le droit de faire appel de la décision devant le tribunal de première instance. Cependant, « le tribunal ne nous a pas encore notifié qu'un appel avait été reçu », a-t-il indiqué.


Elizabeth Denham, commissaire britannique à l'information

Un an plus tard, Facebook se ravise et se dit disposer à payer

Facebook a accepté de payer une amende de 500 000 livres pour violation de la loi sur la protection des données relative à la collecte de données par le cabinet de conseil Cambridge Analytica, a annoncé mercredi le régulateur britannique des droits à l'information. Si l’amende peut être faible pour une entreprise qui pèse 540 milliards de dollars, il faut rappeler que c’est le maximum que le Commissariat à l’information puisse émettre. D'ailleurs, cette amende représente la première action d’un organisme de réglementation visant à punir Facebook pour le scandale Cambridge Analytica. L’ICO a publié l’amende l’année dernière après avoir déclaré que les données d’au moins un million d’utilisateurs britanniques avaient été recueillies par le chercheur et utilisées à des fins politiques.

L'ICO a noté mercredi qu'en abandonnant son recours et en acceptant de payer l'amende, Facebook n'avait pas reconnu sa responsabilité.

« La principale préoccupation de l’ICO était que les données des citoyens britanniques soient exposées à un risque sérieux de préjudice. La protection des informations personnelles et de la vie privée revêt une importance fondamentale », a déclaré James Dipple-Johnstone, sous-commissaire de l'ICO. « Nous sommes ravis d'apprendre que Facebook a pris et continuera de prendre des mesures importantes pour se conformer aux principes fondamentaux de la protection des données ».

Les législateurs britanniques ont critiqué la réaction de Facebook au scandale des données et le refus de Zuckerberg de comparaître et de répondre aux questions du Royaume-Uni au sujet de ses protections et de sa publicité politique. Ils ont également exprimé des inquiétudes quant à l’utilisation des médias sociaux lors du référendum britannique de 2016 sur la sortie de l’Union européenne.

Rappelons qu'en juillet 2019, la Commission fédérale du commerce a annoncé la signature d'un accord avec Facebook de 5 milliards de dollars sur des allégations relatives à la protection de la vie privée des utilisateurs. L'amende est élevée et le règlement exige une surveillance accrue de la vie privée au sein de l'entreprise. Mais ce que ne fait pas l’accord, c’est de trouver qui que ce soit, y compris le PDG Mark Zuckerberg, personnellement responsable. Il n’exige pas non plus d’énormes changements à la façon dont Facebook collecte les données, mais uniquement à la manière dont il divulgue les informations et honore les paramètres des utilisateurs.

Dans l’arrêté de la FTC, la commission note qu’à plusieurs reprises Facebook a « subverti les choix des utilisateurs en matière de confidentialité pour servir ses propres intérêts commerciaux ». Les actions de la société ont violé un règlement antérieur exigeant que Facebook respecte certaines directives de confidentialité.

Trois membres sur les cinq de la commission se sont prononcés en faveur de ce règlement. Les démocrates Rebecca Kelly Slaughter et Rohit Chopra, les membres qui ont voté contre l’adoption de ce règlement, ont déclaré que celui-ci n’allait pas assez loin, laissant ainsi à Facebook une marge de manoeuvre suffisante pour faire face à des méfaits à l’avenir.


Facebook ne doit pas se considérer comme étant un « gangster numérique » qui est au-dessus des lois

En février 2019, un rapport parlementaire publié par le Royaume-Uni a laissé entendre que Facebook ne devrait plus être autorisé à se gouverner et que le moment était venu pour le gouvernement d'agir en tant que policier.

La commission restreinte du Parlement britannique au numérique, à la culture, aux médias et aux sports a publié son rapport final après plus de 18 mois d’enquête sur Facebook et ses pratiques en matière de protection de la vie privée. Des députés ont demandé que les entreprises de médias sociaux soient tenues de supprimer les contenus « préjudiciables » ou « illégaux » de leurs plateformes et d'en être tenues responsables en vertu d'un code de déontologie obligatoire, une politique qui a été vivement contestée dans les médias américains.

Ce rapport a posé les bases d'une législation ultérieure susceptible de codifier officiellement ces demandes. « Notre enquête de l'année dernière a identifié trois grandes menaces pour notre société », a déclaré Damian Collins, président du conseil d'administration de DCMS, qui a dirigé cette enquête. « Le défi pour l’année à venir est de commencer à les réparer, nous ne pouvons plus tarder ».

Le même mois, les législateurs britanniques ont accusé Facebook d’avoir « violé intentionnellement et sciemment les lois sur la protection des données et la concurrence » dans le pays, et ont appelé à des enquêtes sur les pratiques commerciales du géant des médias sociaux. « Des entreprises comme Facebook ne devraient pas être autorisées à se comporter comme des "gangsters numériques" dans le monde en ligne », ont déclaré les législateurs britanniques dans leur rapport, « estimant être à l'avant-garde et au-dessus de la loi »

Citant des documents autrefois secrets obtenus au cours de l'enquête, les dirigeants du Royaume-Uni ont affirmé que Facebook était disposé depuis des années à « passer outre les paramètres de confidentialité de ses utilisateurs » dans le cadre d'une campagne plus vaste visant à maximiser les revenus générés par des informations aussi sensibles.

Au cours du processus, ont déclaré des députés, Facebook a délibérément désavantagé ses concurrents en limitant l'accès au site et aux précieuses données des utilisateurs. Les législateurs ont décidé que le gouvernement britannique devrait enquêter sur la question de savoir si « Facebook utilise injustement sa position dominante sur le marché des médias sociaux pour décider quelles entreprises doivent réussir ou échouer », selon le rapport.

Source : Reuters
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Le 13/07/2019 à 12:52
L’amende que la FTC va infliger à Facebook suite à Cambridge Analytica s’élèvera à près de 5 milliards de dollars,
soit un mois de recettes

En mars 2018, la Federal Trade Commission des États-Unis a lancé une enquête sur des allégations selon lesquelles Facebook aurait partagé de manière inappropriée des informations appartenant à 87 millions d'utilisateurs avec le cabinet britannique de conseil politique Cambridge Analytica. L'objectif était de déterminer si le partage de données violait un accord de consentement de 2011 entre Facebook et le régulateur.

Pour rappel, le décret d’autorisation de 2011 exige que Facebook demande et obtienne l'autorisation expresse des utilisateurs avant de partager leurs données avec des tiers, et exige que le géant de la technologie informe la FTC dans les cas où d'autres entités utilisaient ces informations de manière abusive. Elle interdit également à Facebook de faire des déclarations trompeuses au sujet de ses pratiques en matière de protection de la vie privée.

Pour se préparer financièrement, Facebook a annoncé à ses investisseurs : « Au premier trimestre 2019, nous avons raisonnablement estimé une perte probable et comptabilisé une charge à payer de 3 milliards de dollars relative à l'enquête de la FTC sur notre plateforme et nos pratiques en matière de données utilisateur, charge déjà incluse dans les charges à payer et autres passifs à court terme de notre bilan consolidé résumé ». Et d’ajouter « Nous estimons que les pertes dans ce problème se situent entre 3 et 5 milliards de dollars. La question n'est toujours pas résolue, et il n'y a aucune garantie quant au moment ou aux modalités de tout résultat final ».

Les commissaires de la FTC, qui étaient divisés sur la sanction à appliquer à Facebook, semblent avoir trouvé un compromis. En effet, Reuters a partagé une information issue d’une source familière de la situation qui a affirmé que la FTC a décidé de frapper Facebook d’une amende de près de 5 milliards de dollars.

Une punition qui pourrait ne pas être que pécuniaire

La FTC devrait inclure dans l'accord d'autres restrictions sur la manière dont Facebook traite la vie privée des utilisateurs, selon le Wall Street Journal, qui a également assuré que la majorité républicaine était favorable à ce règlement (trois commissaires républicains ont voté en faveur de ce règlement et deux commissaires démocrates ont voté contre)

« L’affaire a été transférée à la division civile du ministère de la Justice, mais il n’y a pas d’estimation sur le temps qu’il faudra pour la finaliser », avance le Journal. « Les examens du département de la justice font partie de la procédure de la FTC, mais ne changent généralement pas l’issue de la décision de la FTC ».

Le règlement, qui doit encore être finalisé par la division civile du département américain de la Justice, serait supérieur au montant record de 22,5 millions de dollars que la FTC a imposé à Google en 2012.

Certaines associations expriment leur mécontentement

La FTC n'a pas annoncé cet accord publiquement. Cependant, plusieurs associations ainsi que des législateurs ont déjà exprimé leur mécontentement.

Robert Weissman, président de Public Citizen, un groupe de défense des droits des consommateurs, a déclaré que le règlement annoncé permettrait à Facebook de se tirer d'affaire trop facilement.

« Un règlement efficace aurait imposé non seulement une énorme amende, mais également de véritables contraintes pour la société, des réformes structurelles et des conditions essentielles pour protéger la vie privée des utilisateurs », a déclaré Weissman dans un communiqué. « La FTC aurait dû demander à Facebook d'abandonner ses projets d'intégration des services Messenger, Instagram et WhatsApp dans le cadre du règlement », a-t-il continué.

La sénatrice Elizabeth Warren a profité de l'occasion pour réitérer ses appels pour démanteler Facebook. Sur Twitter, elle a déclaré « Facebook a réalisé des bénéfices de 5 milliards de dollars au cours des trois premiers mois de l’année dernière. La société est trop grosse pour pouvoir être supervisée et cette pénalité de rétention sans équivoque le confirme. La FTC devrait démanteler Facebook, tout simplement. Trop c'est trop ».


Et d’ajouter « Soyons honnêtes: ce règlement est une victoire pour Facebook. Il suffit de regarder les marchés. Dans les 15 minutes qui ont suivi le signalement du règlement, la valeur marchande de Facebook a augmenté de plus de 5 milliards de dollars ».

La sénatrice fait des appels à démanteler des grandes enseignes de la technologie telles que Facebook, Amazon, Google et Apple l’une de ses priorités. Selon elle, ces entreprises ont trop de pouvoir sur l'économie, la société et la démocratie.

Le représentant démocrate du Rhode Island, David Cicilline, a déclaré dans une série de tweets qu'une amende de 5 milliards de dollars ne ferait pas que Facebook « réfléchisse à deux fois à leur responsabilité de protéger les données des utilisateurs ».

« La FTC vient d'offrir à Facebook un cadeau de Noël cinq mois plus tôt », a-t-il déclaré. « Il est très décevant qu'une entreprise d'une puissance aussi énorme qui se soit livrée à une faute aussi grave reçoive une simple tape sur les doigts ».

Source : Reuters, Elizabeth Warren

Et vous ?

Que pensez-vous du montant de cette amende ? Vous semble-t-il proportionnel à l'affaire Cambridge Analytica ?
Que pensez-vous des avis selon lesquels il faudrait démanteler Facebook ?

Voir aussi :

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/07/2019 à 10:45
Mark Zuckerberg s'est enrichi d'un milliard de dollars à la suite de l'annonce de l'amende de 5 Md$
pour le scandale Cambridge Analytica

Après de multiples amendes subies dans certains pays de l’Europe, Facebook est sur le point d’être condamné à une amende de 5 milliards de dollars aux États-Unis. La Federal Trade Commission (FTC) a approuvé une amende de 5 milliards de dollars contre Facebook à la suite de son enquête sur le scandale Cambridge Analytica. Mais cette annonce semble n’avoir eu aucun effet sur les investisseurs de Facebook ni même sur le coût des actions de l’entreprise. Au contraire, les actions de la société auraient augmenté d’environ 1 % en seulement trente minutes le vendredi passé. Une situation qui a gonflé la fortune personnelle de Mark Zuckerberg d’environ 1 milliard de dollars.

La FTC a annoncé la semaine dernière une sentence de 5 milliards de dollars d'amende contre Facebook à la fin de son enquête sur le scandale Cambridge Analytica survenu en 2016. L'objectif était de déterminer si le partage de données avec le cabinet britannique de conseil politique violait un accord de consentement de 2011 entre Facebook et le régulateur. Ce décret d’autorisation de 2011 entre les deux entités exige que Facebook demande et obtienne l'autorisation expresse des utilisateurs avant de partager leurs données avec des tiers, et exige que le géant de la technologie informe la FTC dans les cas où d'autres entités utilisaient ces informations de manière abusive.

Elle interdit également à Facebook de faire des déclarations trompeuses au sujet de ses pratiques en matière de protection de la vie privée. Selon The Wall Street Journal, pour cette amende, la FTC devrait inclure dans l'accord d'autres restrictions sur la manière dont Facebook traite la vie privée des utilisateurs. Le journal a assuré que la majorité républicaine était favorable à ce règlement (trois commissaires républicains ont voté en faveur de ce règlement et deux commissaires démocrates ont voté contre). « L’affaire a été transférée à la division civile du ministère de la Justice, mais il n’y a pas d’estimation sur le temps qu’il faudra pour la finaliser », avance le Journal.


« Les examens du département de la justice font partie de la procédure de la FTC, mais ne changent généralement pas l’issue de la décision de la FTC », a ajouté le média new-yorkais. Cependant, Facebook s’est, semble-t-il, préparé à ce que l’enquête aboutisse à des conclusions similaires. « Au premier trimestre 2019, nous avons raisonnablement estimé une perte probable et comptabilisé une charge à payer de 3 milliards de dollars relative à l'enquête de la FTC sur notre plateforme et nos pratiques en matière de données utilisateur, charge déjà incluse dans les charges à payer et autres passifs à court terme de notre bilan. Nous estimons que les pertes dû à ce problème se situent entre 3 et 5 milliards de dollars », avait averti Facebook à ses associés.

L’amende de 5 milliards de dollars imposée par la FTC a pour objet de punir Facebook pour avoir mal géré les données des utilisateurs. L’amende est un record pour la FTC, un geste apparemment destiné à créer un précédent pour le type de punition que les géants de la technologie pourraient recevoir pour avoir mal géré les données de leurs utilisateurs. Mais beaucoup l'ont décrit comme une tape sur les doigts pour Zuckerberg et sa société de médias sociaux. En effet, la FTC n'a pas annoncé cet accord publiquement. De ce fait, plusieurs associations ainsi que des législateurs ont déjà exprimé leur mécontentement. Robert Weissman, président de Public Citizen, un groupe de défense des droits des consommateurs, a déclaré que le règlement annoncé permettrait à Facebook de se tirer d'affaire trop facilement.

« Un règlement efficace aurait imposé non seulement une énorme amende, mais également de véritables contraintes pour la société, des réformes structurelles et des conditions essentielles pour protéger la vie privée des utilisateurs. La FTC aurait dû demander à Facebook d'abandonner ses projets d'intégration des services Messenger, Instagram et WhatsApp dans le cadre du règlement », a déclaré Weissman dans un communiqué. La sénatrice Elizabeth Warren a de son côté profité de l'occasion pour réitérer ses appels pour démanteler Facebook. Cela dit, Business Insider rapporte qu’après l’annonce des 5 milliards de dollars d’amende de la FTC, les actifs financiers de Facebook n’ont pas tremblé. Bien au contraire, la valeur des actions de Facebook a en réalité augmenté d’environ 1 % vendredi dernier après l'annonce de l'amende.

Lorsqu’il a été annoncé le vendredi que le résultat de l’enquête de la FTC serait une amende de 5 milliards de dollars et une surveillance supplémentaire des pratiques commerciales de Facebook. Peu de temps après, la valeur des actions de la société a bondi. Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, détient 88,1 % des actions de Facebook. En effet, selon Business Insider, un rapport financier déposé en avril montre que Zuckerberg détient 410 497 115 actions de Facebook. Au prix de 202,31 $ avant l'annonce de la nouvelle vers 15h 45, ses actions valaient 83 milliards de dollars. Au prix de 204,87 dollars aux alentours de 16 heures, ces actions s’élèveraient à 84,1 milliards de dollars. Ainsi, en tant que principal actionnaire de Facebook, Zuckerberg peut voir une énorme manne d'augmentation de son cours de 1 %.

D’après certaines analyses, cela peut sembler paradoxal, mais la logique est simple. Facebook prévoyait déjà une amende d’une telle valeur dans l’intervalle 3 à 5 milliards de dollars et ses investisseurs en étaient informés. Il a donc planifié ses résultats financiers annuels en fonction de cette attente. Alors les investisseurs ont réagi de manière positive à ce que ce plan se concrétise et que l’amende ne soit pas plus lourde. Par contre, d’autres préfèrent y voir une décision facile et délibérée de la part des autorités américaines. Selon eux, les États-Unis protègent jusqu’à ce jour leur GAFA, car une grande partie de leur souveraineté économique repose sur ces entreprises. Ces derniers estiment que dans de nombreuses années encore, ces entreprises seront là et leurs comportements ne changeront pas pour autant.

« Ne croyez surtout pas que Facebook s’en est sorti par miracle de cette affaire. Tout a été pensé pour que les entreprises telles que Google, Amazon, Facebook ou encore Apple survivent encore dans de nombreuses années. Leur pouvoir sur le marché américain et dans le reste du monde permet aux États-Unis d’avoir le marché économique le plus prospère du monde. Bien que la Chine soit un concurrent de haute importance des USA, ces entreprises ne sont pas aussi influentes que celles précitées », ont-ils déclaré.

Source : Business Insider

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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 05/06/2019 à 10:18
Je trouve cela quand même légèrement déplacé, ils connaissaient parfaitement ce à quoi ils s'engageaient en achetant des actions de type A, plutôt que de celles de type B. Les règles du jeu ne sont pas une surprise.
S'ils ne sont pas content, pourquoi ne vendent-ils par leurs actions ?

C'est comme aller à une boulangerie, acheter une baguette de 100g, et se plaindre que celui qui achète une flûte de 200g a plus de pain en sortant...
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Avatar de Jonathan
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 10:29
L'Italie inflige à Facebook une amende d'1,1 million de dollars
pour utilisation abusive de données par Cambridge Analytica

Décidément, le scandale Cambridge Analytica n'a pas fini de causer du tort à Facebook et cette fois-ci, c'est l'Italie qui entre dans la danse. En effet, vendredi dernier, l'agence italienne en charge de la sécurité de l'information, a fait savoir dans un communiqué, qu'elle impose à Facebook une amende d'1,1 million de dollars pour les crimes commis dans le cadre de l'affaire Cambridge Analytica. Il est important de rappeler que Cambridge Analytica avait, par le biais d'une application de test psychologique, eu accès à des données de 87 millions des utilisateurs Facebook et les ont utilisées pour tenter d’influencer les élections présidentielles américaines de 2016.

L'agence italienne a déclaré l'amende liée au téléchargement de l'application Thisisyourdigitallife par 57 Italiens via la connexion à Facebook. L'application exploitait la fonctionnalité pour partager les données des amis et était capable d'accéder aux données de 214077 autres utilisateurs connectés aux 57 qui avaient initialement téléchargé l'application, sans les informer que cela se produisait ou demander leur consentement.


Certains trouvent que le montant de cette amende est très faible, mais il faut savoir que les infractions en question ont été commises avant l'entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire européen pour la protection des données. Le montant de l'amende a donc été calculé sous l'ancien régime italien de protection des données. Il faut également préciser qu'il ne s'agit pas là du premier accrochage entre Facebook et cette agence.

En décembre 2018, l'agence avait condamné Facebook à une amende de 10 millions d'euros pour avoir induit en erreur ses utilisateurs en raison de ses pratiques de connexion et au mois de mars de cette année, elle a mis en cause Facebook sur l'utilisation abusive des données, mais cette fois là, le géant des réseaux sociaux avait choisi de payer un montant réduit de 52000 euros dans l'espoir de régler le problème.

Malgré tout ceci, il semblerait que Facebook ne soit pas au bout de ses peines et il se pourrait que la prochaine amende vienne d'Irlande. En effet, la Commission irlandaise de protection des données aurait ouvert plusieurs enquêtes sur Facebook et ses sociétés liées, portant sur des questions importantes telles que les atteintes à la sécurité et le traitement des données, parmi de nombreux autres grands problèmes liés à la technologie. On ne sera donc pas surpris que Facebook fasse encore l'objet de sanctions dans les semaines à venir.

Source : communiqué de l'agence italienne

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Voir aussi :

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Facebook pourrait être frappé par une « amende record » par la FTC pour atteinte à la vie privée dans l'affaire Cambridge Analytica, selon un rapport
Facebook est confronté à de nouvelles questions sur le moment où il a eu connaissance de la collecte de données de Cambridge Analytica
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Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 12:23
Citation Envoyé par Jonathan Voir le message
L'Italie inflige à Facebook une amende d'1,1 million de dollars

En décembre 2018, l'agence avait condamné Facebook à une amende de 10 millions d'euros pour avoir induit en erreur ses utilisateurs en raison de ses pratiques de connexion et au mois de mars de cette année, elle a mis en cause Facebook sur l'utilisation abusive des données, mais cette fois là, le géant des réseaux sociaux avait choisi de payer un montant réduit de 52000 euros dans l'espoir de régler le problème.
Il faut changer d'échelle pour tout remettre en perspective :
Je vous informe que Facebook réalise un chiffre d'affaires de 1 776 $ par seconde qui passe (24/24h sur 365j), la première amende représente 619 secondes d'activité de Facebook et la deuxième : 29 secondes.

Sous cet angle, c'est tout de suite beaucoup plus parlant, vous ne trouvez pas ?
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/07/2019 à 7:30
La FTC inflige une amende de 5 milliards de dollars à Facebook
et apporte des clauses qui « réduisent considérablement le pouvoir de Mark Zuckerberg »

La Commission fédérale du commerce a annoncé la signature d'un accord avec Facebook de 5 milliards de dollars sur des allégations relatives à la protection de la vie privée des utilisateurs.

L'amende est élevée et le règlement exige une surveillance accrue de la vie privée au sein de l'entreprise. Mais ce que ne fait pas l’accord, c’est de trouver qui que ce soit, y compris le PDG Mark Zuckerberg, personnellement responsable. Il n’exige pas non plus d’énormes changements à la façon dont Facebook collecte les données, mais uniquement à la manière dont il divulgue les informations et honore les paramètres des utilisateurs.

Dans l’arrêté de la FTC, la commission note qu’à plusieurs reprises Facebook a « subverti les choix des utilisateurs en matière de confidentialité pour servir ses propres intérêts commerciaux ». Les actions de la société ont violé un règlement antérieur exigeant que Facebook respecte certaines directives de confidentialité.

Trois membres sur les cinq de la commission se sont prononcés en faveur de ce règlement. Les démocrates Rebecca Kelly Slaughter et Rohit Chopra, les membres qui ont voté contre l’adoption de ce règlement, ont déclaré que celui-ci n’allait pas assez loin, laissant ainsi à Facebook une marge de manoeuvre suffisante pour faire face à des méfaits à l’avenir.

« Tant que nous n'aborderons pas les principales incitations financières de Facebook pour mettre en péril notre vie privée et notre sécurité nationale, nous ne pourrons pas empêcher ces problèmes de se reproduire », a déclaré Chopra.

L'autre commissaire démocrate, Rebecca Slaughter, a déclaré que la FTC aurait dû poursuivre en justice Facebook et Zuckerberg. Elle a également critiqué la décision de la FTC d’accorder à Facebook et à ses dirigeants une décharge de responsabilité pour toute réclamation selon laquelle elle aurait violé le règlement antérieur de la FTC.

Slaughter a estimé que la FTC n’avait « pas imposé de restrictions substantielles à la collecte et à l’utilisation par Facebook de données provenant d’utilisateurs ou concernant leurs utilisateurs ».


Le président de la FTC reconnaît la limite de son autorité

L'enquête de la FTC qui a abouti au règlement de 5 milliards de dollars a mis au jour un large éventail de problèmes de confidentialité. Cela a été déclenché l'année dernière par des allégations selon lesquelles Facebook aurait violé un décret de 2012 en partageant de manière inappropriée des informations appartenant à 87 millions d'utilisateurs avec le cabinet britannique de conseil politique aujourd'hui disparu Cambridge Analytica. Parmi les clients du cabinet de conseil figurait la campagne électorale de 2016 du président Donald Trump.

Les trois commissaires républicains de la FTC, qui se sont prononcés en faveur de ce règlement, l’ont qualifié le règlement de « coup de circuit complet » qui dépassait toute décision judiciaire (au baseball, un coup de circuit, circuit, ou home run en anglais, est un coup sûr qui permet au frappeur de passer par toutes les bases d'une seule frappe, sans erreur de la défensive adverse). Les deux commissaires démocrates ont déclaré que cela n'allait pas assez loin ou ne nécessitait pas une amende suffisante. Le règlement nécessite l'approbation du tribunal.

Le président républicain de la FTC, Joe Simons, a souligné l’autorité limitée de la FTC et son désir d’éviter une longue bataille devant les tribunaux.

« Aurait-il été agréable d’obtenir plus, d’obtenir 10 milliards de dollars, au lieu de 5 milliards de dollars par exemple, pour imposer de plus grandes restrictions sur la manière dont Facebook collecte les utilisations et partage des données ? » a-t-il demandé lors d’une conférence de presse. « Nous n'avions pas ces options. Nous ne pouvons pas imposer de telles choses par notre propre décret ».

Le commissaire démocrate à la FTC, Rohit Chopra, s’est plaint du fait que la sanction prévoyait une « immunité générale » pour les dirigeants de Facebook, « ne restreignait pas réellement le modèle commercial de Facebook », « ne réglait pas les problèmes fondamentaux qui avaient conduit à ces violations » et ne limitait pas la capacité de Facebook à collecter des données.


Joseph J. Simons, président de la commission

Facebook a confirmé qu’il va payer l’amende

Facebook a confirmé qu'il va payer l'amende de 5 milliards de dollars et a déclaré que le règlement fournirait « un nouveau framework pour la protection de la vie privée des personnes ».

La Securities and Exchange Commission (SEC) a déclaré que Facebook avait accepté de verser 100 millions de dollars supplémentaires pour régler les accusations selon lesquelles elle induirait les investisseurs en erreur quant à la gravité de son utilisation abusive des données des utilisateurs.

Des clauses qui « réduisent considérablement le pouvoir de Mark Zuckerberg »

Dans le cadre de l'accord, le conseil d'administration de Facebook créera un comité indépendant sur la confidentialité qui enlèvera « le contrôle absolu du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, sur les décisions affectant la confidentialité des utilisateurs ».

Facebook a également accepté d'exercer une surveillance accrue sur les applications tierces.

La majorité républicaine de la FTC a déclaré que le règlement « réduit considérablement le pouvoir de Mark Zuckerberg - une chose qu'aucune agence gouvernementale, nulle part dans le monde, n'a encore accomplie ».

En vertu de cet accord, Zuckerberg et les autres dirigeants de Facebook doivent signer des certifications trimestrielles attestant des pratiques de confidentialité. La FTC a déclaré qu'une fausse certification pourrait entraîner des sanctions civiles et pénales.

Il est également interdit à Facebook de demander des mots de passe de courrier électronique à d'autres services lorsque les consommateurs s'inscrivent. Il est interdit d'utiliser des numéros de téléphone pour la publicité s'ils sont obtenus avec une fonction de sécurité telle que l'authentification à deux facteurs. La société doit également obtenir le consentement de l'utilisateur pour utiliser les données de reconnaissance faciale.

Facebook a déclaré qu'il pourrait trouver des problèmes supplémentaires lors de la révision de ses systèmes et a averti qu'il faudra plus de temps pour déployer les mises à jour.

Dans une publication sur Facebook, Zuckerberg a déclaré : « Nous harmonisons davantage nos contrôles de la confidentialité avec nos contrôles financiers ». Il a ajouté que lorsque des fonctionnalités sont ajoutées ou modifiées, « nous devons documenter les risques prendre pour les atténuer ».

La FTC a également déclaré que l’ancien directeur général de Cambridge Analytica, Alexander Nix, et son ancien développeur d’applications, Aleksandr Kogan, avaient convenu d’un règlement restreignant la manière dont ils mènent leurs activités.


Un règlement critiqué

Plusieurs législateurs ont critiqué le règlement. Le sénateur Richard Blumenthal, du Connecticut, l’a qualifiée de « feuille de vigne » qui n’apporte « aucune responsabilité pour les hauts dirigeants » (la feuille de vigne est un voile de pudeur que l'on appose à une chose considérée comme choquante ou embarrassante ; on parlait à l'origine d'une feuille de figuier, en référence à celle utilisée par Adam et Eve pour cacher leur nudité).

« En optant pour une sanction pécuniaire, la FTC prouve qu’elle n’a pas retenu les leçons de l’histoire. Facebook a déjà inscrit cette pénalité en tant que coût ponctuel en contrepartie des bénéfices extraordinaires générés par une décennie d'utilisation abusive des données », a déclaré Blumenthal, un démocrate.

Le sénateur républicain Josh Hawley du Missouri a également critiqué l’accord, affirmant « qu’il ne fait rien pour obliger les dirigeants à rendre des comptes. Il échoue totalement à pénaliser Facebook de manière efficace ».

Facebook a confirmé que le vice-président du marketing, Michel Protti, avait été nommé responsable de la protection de la vie privée pour les produits, mais que, selon l'accord conclu, il devait être approuvé par le nouveau comité du conseil d'administration chargé de la protection de la vie privée.

Source : FTC, Facebook

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Voir aussi :

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Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 05/06/2019 à 11:28
Fin 1er trimestre 2019 :

Entreprise Trésorerie Chiffre d'affaires
Google 113 milliards $ 137 milliards $
Apple 245 milliards $ 265 milliards $
Facebook 45 milliards $ 56 milliards $
Amazon 37 milliards $ 242 milliards $
Microsoft 131 milliards $ 110 milliards $
Dell 15 milliards $ 90 milliards $
Uber 8 milliards $ 11 milliards $
Total 594 milliards $ 911 milliards $

Total GAFAM : 571 milliards de $ de trésorerie
Total GAFAM : 810 milliards de $ de chiffre d'affaires (Cela représente grosso modo le PIB cumulé de 90 pays de la planète sur 194)

tu veux lutter toi ? A part la puissance de feu d'un état comme la Chine, je ne vois pas comment tout ce petit monde ne pourrait pas racheter n'importe quelle société concurrente ou qui commencerait à marcher sur leur plates bandes (d'ailleurs c'est se qui se passe, d'où l'entrevue d'un abus de position dominante)
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Avatar de Titnain
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 16/07/2019 à 13:32
Alors évidemment je suis contre les abus, contre l'utilisation de nos données personnelles, etc. Mais je trouve ça quand même un peu abusé.... C'est quoi l'idée ? Mettre un quota maximum d'employé pour les entreprises ? Un quota maximum de vente/prestations ?
Hum, comment dire. L'idée c'est de supprimer un trust. De la même manière que Rockefeller s'est fait démanteler sa Standard oil.

Pour information, un trust n'est jamais bon, ni pour le consommateur ni pour le pays. Aujourd'hui on est arrivé à quelque chose d'encore plus gros, d'encore plus pesant sur l'économie d'un pays et même l'économie mondiale ( Les GAFAMs ont des revenus plus importants que certains PIB).

Il est normal et plutôt sain de vouloir abaisser leur pouvoir et leur main-mise. D'autant plus que Facebook a déjà commencé à vouloir s'étendre sur le marché bancaire. Une société qui aurait un aussi gros pouvoir serait véritablement dangereuse.

Il est grand temps d'agir d'après moi.
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