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L'IEEE interdit à Huawei l'évaluation par pairs des articles,
Et des scientifiques chinois démissionnent pour protester

Le , par Stan Adkens

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L’isolement de Huawei Technology Ltd. continue après l’ajout du géant chinois des technologies de l'information et de la communication et ses sociétés affiliées à la « liste des entités » du BIS (le Bureau de l'industrie et de la sécurité). Suite à une longue liste d’entreprises et d'organisations internationales qui se sont désolidarisées de Huawei depuis que le président Donal Trump a signé un décret interdisant l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par «un adversaire étranger», assorti d’une mesure connexe prise par le ministère américain du Commerce interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 68 affiliés, l'Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) a interdit aux employés de Huawei d'examiner les articles publiés dans ses revues en raison des sanctions mentionnées ci-dessus.

IEEE est une importante société scientifique basée à New York qui dispose d’un large éventail d'activités et d'avantages pour ses membres, les bénévoles et la communauté technique, y compris ses quelque 200 revues. Mais l’association a déclaré mercredi aux rédacteurs en chef des revues qu'il craignait des « conséquences juridiques graves » de continuer à avoir les scientifiques de Huawei comme examinateurs pour la révision des documents techniques. Ils « ne peuvent pas s'occuper des papiers » jusqu'à ce que les sanctions soient levées, peut-on lire dans un courriel envoyé aux rédacteurs en chef plus tôt cette semaine par l’association. Toutefois, l’IEEE a rassuré que l'impact de la politique commerciale aura des effets limités sur ses membres, et que les employés de la firme chinoise pouvaient continuer à siéger aux comités de rédaction de l'IEEE et faire bien d’autres choses qu’ils faisaient avant.


En effet, le 15 mai dernier, le président des Etatas-Unis a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Le 16 mai, le Bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, qui administre et applique les règlements américains sur l'administration des exportations (EAR), a expressément ajouté Huawei Technology Ltd. et 68 de ses filiales à sa liste noire commerciale.

Ces décisions ont contraint certaines grandes entreprises et d'organisations à mettre fin à leur collaboration avec Huawei. Quelques jours seulement après la prise de la mesure, Google a mis une pause à sa collaboration avec Huawei en lui bloquant certains services Android ; ARM aurait ensuite ordonné à ses employés de suspendre leurs activités avec la firme ; les fabricants de puces, Intel et Qualcomm auraient également coupé des liens avec Huawei ; Wi-Fi Alliance et SD Association ont également rompu tout lien avec l’entreprise chinoise.

La mesure du gouvernement Trump fait suite à des allégations selon lesquelles le gouvernement chinois pourrait utiliser de l'équipement fabriqué par Huawei, qui est l’un des fournisseurs mondiaux de premier plan de téléphones cellulaires et de réseaux de données sans fil, pour espionner les utilisateurs ou perturber l'infrastructure essentielle.

Bien avant sa déclaration publiée hier, l’IEEE avait déjà, en début de la semaine, envoyé un courriel empêchant les employés de Huawei d'être réviseurs ou éditeurs pour son processus d'évaluation par les pairs, à en croire une capture d'écran d’un courriel envoyé à ses éditeurs qui a été tweetée par Junhui Qian, professeur d'économie au Antai college of economics and management de Shanghai Jiao Tong University.


La mesure du ministère américain du Commerce interdit Huawei et ses sociétés affiliées d’acquérir des composants et des technologies auprès de sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement, mesure qui n’a en principe littéralement rien avoir avec l'examen par les pairs à l'IEEE, mais l’association « apolitique » et « globale » qui vise à « favoriser l'innovation technologique et l'excellence au profit de l'humanité » a interdit aux employés de Huawei de jouer le rôle de réviseur par crainte « de graves implications juridiques ».

Toutefois, selon la déclaration de l’association, il est toujours permis à Huawei et ses employés de continuer à participer à d'autres activités en tant que membre, y compris accéder à la bibliothèque numérique de l'IEEE, soumettre des articles techniques pour publication, faire des présentations à des conférences parrainées par l'IEEE et accepter des prix IEEE. Les employés de Huawei peuvent également continuer à exercer leur droit de vote, assister aux réunions d'élaboration des normes, soumettre des propositions et faire des commentaires lors des débats publics sur les nouvelles normes, en tant que membres de l’association. Les membres affiliés à Huawei peuvent également participer à des réunions d'affaires, de logistique et autres, y compris celles liées à la planification de conférences, selon la déclaration de l’IEEE.

Cette déclaration a suscité de l’indignation parmi les professeurs chinois membres de l’association. Ils reprochent aux responsables de l’association de laisser la politique s'immiscer dans la collaboration universitaire, en soulignant le danger que cela pourrait représenter. Haixia(Alice) Zhang, professeur à l’Institut de microélectronique à l’Université de Pékin, a écrit dans un courriel, en réponse à la décision de l’IEEE :

« Haixia Zhang de l'Université de Pékin, en tant que vieille amie et membre senior de l'IEEE, je suis vraiment choquée d'apprendre que l'IEEE est impliqué dans « US-Huawei Ban » pour remplacer tous les réviseurs de Huawei, ce qui est bien au-delà du domaine scientifique et technologique de base que je suis depuis ma formation professionnelle ».

« Aujourd'hui, ce message de l'IEEE pour « remplacer tous les réviseurs de Huawei dans les revues de l'IEEE » remet en question mon intégrité professionnelle. Je dois dire qu'en tant que professeur, je ne l'accepte PAS. Par conséquent, j'ai décidé de quitter le comité de rédaction de l'IEEE NANO et de l'IEEE JMEMS jusqu'au jour où il reviendra à notre intégrité professionnelle commune », a-t-elle ajouté.

La décision de l’IEEE a suscité également de nombreux commentaires sur les sites Web et plusieurs commentateurs lient la décision à la négociation commerciale qui a lieu depuis des mois entre les Etats-Unis et la Chine. Selon un autre commentaire, Huawei et ses entreprises seraient traqués parce que la société aurait une longueur d'avance sur les entreprises américaines en termes d'infrastructure 5G et que l'Amérique craint de ne pas être dans la course à un développement technologique qui pourrait représenter des centaines de milliards de dollars.

Huawei a annoncé mercredi qu’il déposait une plainte pour l'annulation du décret d'interdiction de ses équipements aux USA signé par Trump, qu'il juge « anticonstitutionnel ». Plus tôt ce mois-ci, le magazine militaire canadien Kanwa Asian Defence a publié la décision des autorités chinoises de mettre au point un système d'exploitation personnalisé pour les ordinateurs militaires afin de remplacer les systèmes Windows actuellement utilisés, en réponse au bras de fer de sécurité en ligne que lui oppose le l’administration Trump.

Source : IEEE, Tweet Junhui Qian

Et vous ?

Que pensez-vous de la décision de l’IEEE ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 04/06/2019 à 16:33
L'IEEE décide de lever les sanctions contre Huawei sur les activités éditoriales,
après les éclaircissements du département américain du Commerce

Le mois dernier, suite à une longue liste d’entreprises et d'organisations internationales qui se sont désolidarisées de Huawei depuis que le président Donald Trump a signé un décret interdisant l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger », assorti d’une mesure connexe prise par le ministère américain du Commerce interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 68 affiliés, l'Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) a interdit aux employés de Huawei d'examiner les articles publiés dans ses revues en raison des sanctions mentionnées ci-dessus.

IEEE est une importante société scientifique basée à New York qui dispose d’un large éventail d'activités et d'avantages pour ses membres, les bénévoles et la communauté technique, y compris ses quelque 200 revues. Mais l’association a déclaré le mois dernier aux rédacteurs en chef des revues qu'elle craignait des « conséquences juridiques graves » si elle continuait à avoir les scientifiques de Huawei comme examinateurs pour la révision des documents techniques. Ils « ne peuvent pas s'occuper des papiers » jusqu'à ce que les sanctions soient levées, pouvait-on lire dans un courriel envoyé aux rédacteurs en chef par l’association. Toutefois, l’IEEE a rassuré que l'impact de la politique commerciale aurait des effets limités sur ses membres, et que les employés de la firme chinoise pouvaient continuer à siéger aux comités de rédaction de l'IEEE et faire bien d’autres choses qu’ils faisaient avant.

Des réactions en chaîne

Le 15 mai dernier, le président des États-Unis a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Le 16 mai, le Bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, qui administre et applique les règlements américains sur l'administration des exportations (EAR), a expressément ajouté Huawei Technology Ltd. et 68 de ses filiales à sa liste noire commerciale.

Ces décisions ont contraint certaines grandes entreprises et organisations à mettre fin à leur collaboration avec Huawei. Quelques jours seulement après la prise de la mesure, Google a mis une pause à sa collaboration avec Huawei en lui bloquant certains services Android ; ARM aurait ensuite ordonné à ses employés de suspendre leurs activités avec la firme ; les fabricants de puces, Intel et Qualcomm auraient également coupé des liens avec Huawei ; Wi-Fi Alliance et SD Association ont également rompu tout lien avec l’entreprise chinoise.

Selon la déclaration de l’association, il était toujours permis à Huawei et ses employés de continuer à participer à d'autres activités en tant que membre, y compris accéder à la bibliothèque numérique de l'IEEE, soumettre des articles techniques pour publication, faire des présentations à des conférences parrainées par l'IEEE et accepter des prix IEEE. Les employés de Huawei pouvaient également continuer à exercer leur droit de vote, assister aux réunions d'élaboration des normes, soumettre des propositions et faire des commentaires lors des débats publics sur les nouvelles normes, en tant que membres de l’association. Les membres affiliés à Huawei pouvaient également participer à des réunions d'affaires, de logistique et autres, y compris celles liées à la planification de conférences.


Cette déclaration a suscité de l’indignation parmi les professeurs chinois membres de l’association. Ils reprochent aux responsables de l’association de laisser la politique s'immiscer dans la collaboration universitaire, en soulignant le danger que cela pourrait représenter. Haixia(Alice) Zhang, professeur à l’Institut de microélectronique à l’Université de Pékin, a écrit dans un courriel, en réponse à la décision de l’IEEE :

« Haixia Zhang de l'Université de Pékin, en tant que vieille amie et membre senior de l'IEEE, je suis vraiment choquée d'apprendre que l'IEEE est impliqué dans « US-Huawei Ban » pour remplacer tous les réviseurs de Huawei, ce qui est bien au-delà du domaine scientifique et technologique de base que je suis depuis ma formation professionnelle ».

« Aujourd'hui, ce message de l'IEEE pour « remplacer tous les réviseurs de Huawei dans les revues de l'IEEE » remet en question mon intégrité professionnelle. Je dois dire qu'en tant que professeur, je ne l'accepte PAS. Par conséquent, j'ai décidé de quitter le comité de rédaction de l'IEEE NANO et de l'IEEE JMEMS jusqu'au jour où il reviendra à notre intégrité professionnelle commune », a-t-elle ajouté.

La décision de l’IEEE a suscité également de nombreux commentaires sur les sites Web et plusieurs commentateurs lient la décision à la négociation commerciale qui a lieu depuis des mois entre les États-Unis et la Chine. Selon un autre commentaire, Huawei et ses entreprises seraient traqués parce que la société aurait une longueur d'avance sur les entreprises américaines en termes d'infrastructure 5G et que l'Amérique craint de ne pas être dans la course à un développement technologique qui pourrait représenter des centaines de milliards de dollars.

Après les éclaircissements, l’IEEE lève les sanctions

Le jeudi 16 mai 2019, le département américain du Commerce a appliqué des restrictions de contrôle des exportations à Huawei Technology Ltd. et à 68 de ses filiales. L’IEEE a publié une déclaration concernant la conformité et a précisé que si le gouvernement américain clarifiait l’application du Règlement d’exportation des exportations des États-Unis en ce qui concerne l’examen par les pairs. L’IEEE fournirait une mise à jour à la communauté de l’IEEE.

L’IEEE a reçu les éclaircissements demandés par le département américain du Commerce sur l’applicabilité de ces restrictions de contrôle des exportations aux activités de publication de l’IEEE. Sur la base de ces nouvelles informations, l’IEEE a déclaré que les employés de Huawei et de ses filiales peuvent participer en tant qu’évaluateurs et réviseurs à ses processus de publication. Tous les membres de l'IEEE, quel que soit leur employeur, peuvent continuer à participer à toutes les activités de l'IEEE.

« Notre approche initiale, plus restrictive, était uniquement motivée par notre volonté de protéger nos bénévoles et nos membres contre les risques juridiques. Avec la clarification reçue, ce risque a été traité. Nous apprécions les nombreuses questions et commentaires de nos membres et de nos bénévoles du monde entier et les remercions de leur patience alors que nous travaillions dans une situation complexe sur le plan juridique.

« L'IEEE propose un large éventail d'activités et d'avantages pour ses membres, ses volontaires et la communauté technique au sens large, notamment en parrainant plus de 1 900 conférences et événements annuels dans le monde entier et en donnant accès à plus de 4,8 millions de publications sur IEEE Xplore®.

« IEEE reconnaît que la science et la technologie sont une activité mondiale. Nous sommes fiers du travail accompli par nos membres dans le monde entier et nous nous engageons à promouvoir l'excellence technologique au profit de l'humanité« l'»

Source : IEEE

Huawei aurait arrêté sa production de smartphones après son ajout sur la liste noire des Etats-Unis, en pleine guerre commerciale avec la Chine
Vente de smartphones : Huawei enregistre la plus forte croissance et reste second malgré son absence aux USA, d'après les statistiques de Gartner
La Chine s'apprête à publier sa liste d'entreprises étrangères jugées à risque et à bannir de son marché comme l'ont fait les USA avec Huawei
Huawei a demandé à ses employés de ne plus avoir de réunions techniques avec leurs contacts US, et a remercié ses employés US travaillant en R&D
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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/06/2019 à 10:09
La Chine s’apprête à publier sa liste d’entreprises étrangères jugées à risque et à bannir de son marché
Comme l’ont fait les USA avec Huawei

La Chine s’apprête à publier sa propre liste d’entités étrangères jugées à risque et à bannir de son marché. C’est ce qui ressort d’une récente communication du ministre du Commerce de ce pays. La liste comprendra des entités, individus et entreprises étrangères qui bloquent la chaîne d’approvisionnement ou prennent des mesures discriminatoires pour des raisons non commerciales et qui, par leurs actions, mettent en danger les activités des entreprises chinoises ainsi que les consommateurs et entreprises mondiales.


M. Gao – ministre du Commerce chinois – a indiqué que ladite liste est basée sur certaines lois chinoises dont celles sur le commerce extérieur et la sécurité nationale. Le détail quant à ce qui concerne les entités et entreprises étrangères concernées fera l’objet d’une publication dans les jours à venir. On reste de même dans l’attente d’informations supplémentaires pour ce qui est des mesures que le gouvernement chinois entend prendre.

L’une des plus grosses contre-mesure depuis le début de cette rixe entre Américains et Chinois ?

À mi-parcours du mois de mai, le président Donald Trump a signé un décret qui établit les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis. La mesure vise à neutraliser la capacité de la Chine à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » susceptible de saboter des systèmes de communication américains ou de créer des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine. Y faisant suite, le ministère américain du Commerce a pris une mesure connexe qui interdit aux entreprises américaines de vendre des composants et des logiciels à Huawei et à 70 de ses affiliés (désormais inscrits sur la liste américaine d’entités à bannir) sans autorisation.


Depuis que ces deux décisions sont tombées, l’équipementier chinois est sevré de licence Android et de partenaires stratégiques comme la Wi-Fi Alliance et la SD Association. Huawei peut donc uniquement faire usage de la version publique d’Android (celle de l’AOSP), mais ne peut accéder aux applications et services propriétaires de Google. L’entreprise ne pourra de même s’appuyer sur les cartes microSD pour les futures générations de ses smartphones. L’on anticipe de même qu’elle aura du mal à coller aux futures normes sur les réseaux Wi-Fi. À date, la liste est bien longue avec (entre autres) le britannique ARM et l’Allemand Infineon qui ont eux aussi mis une pause à leurs collaborations respectives avec l’entreprise chinoise.

En réponse à l’étau américain Huawei a annoncé un certain nombre de mesures. L’entreprise a déjà fait savoir qu’un système d’exploitation destiné à remplacer Android est en gestation au sein de ses laboratoires. Puisqu’il s’agit désormais d’une rixe inter-états, la Chine a annoncé qu’elle va se passer de Windows comme système d’exploitation sur les postes de travail de son armée, ce, au profit d’un système d’exploitation personnalisé qui, d’après les retours initiaux, ne sera pas basé sur Linux non plus. Mais, l’escalade en termes de décision est clairement perceptible puisque Huawei vient d’ordonner à ses employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains. D’après une publication du Financial Times, l’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen. Avec l’annonce de la future publication de cette liste chinoise d’entités à bannir, des observateurs pensent que la Chine vient de se lancer sur l’une des plus grosses contre-mesure depuis le début de cette rixe.

Quelles conséquences ? Et pour lequel des acteurs ?

Ces diverses pertes de relations et de partenariats pourraient engendrer une baisse des livraisons de Huawei dans le monde. Selon Fubon Research and Strategy Analytics, les livraisons de smartphones chez Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones en volume, pourraient chuter entre 4 % et 24 % en 2019 si les USA maintiennent le status quo sur leurs récentes décisions. Une perte définitive de l’accès aux services et applications propriétaires de Google est susceptible d’entraîner la disparition de son marché en Europe occidentale. De plus, plusieurs autres experts anticipent sur une diminution des expéditions mondiales de Huawei au cours des six prochains mois. En outre, Huawei ne devrait expédier que 200 millions de smartphones en 2019 contre 258 millions d’après des prévisions de Fubon Research.

Mais, il semble que dans un environnement des affaires délétère, personne ne puisse au finish être à son aise. Huawei est l’un des acteurs majeurs de la mise en œuvre des réseaux 5G vers lesquels les gouvernements du monde qui ont les moyens veulent aller. Bannir l’entreprise à l’échelle globale impliquerait un ralentissement conséquent du déploiement de cette technologie de réseaux sans fils – argument que certains pays d’Europe ont déjà mis sur la table.

Source : Global Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

La Chine a-t-elle les moyens de battre les USA à son propre jeu ?

Voir aussi :

L'Europe doit se méfier de Huawei, dit un responsable technique européen, après l'arrestation d'un dirigeant de Huawei dans le cadre d'une enquête
Huawei prévoit une enveloppe de 2 milliards USD sur cinq ans pour la cybersécurité, afin de rassurer ses clients occidentaux
Huawei a été accusé d'avoir triché sur les tests de plusieurs flagships, en se servant d'un « mode performance » pour booster ses appareils
Les liens de Google avec Huawei vus d'un mauvais œil par des législateurs américains, qui y voient une menace pour la sécurité des États-Unis
La demande mondiale de nouveaux smartphones serait en chute libre, Huawei pourrait en profiter pour devenir le numéro 2 du marché devant Apple
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 02/06/2019 à 19:51
Huawei aurait arrêté sa production de smartphones après son ajout sur la liste noire des Etats-Unis
En pleine guerre commerciale avec la Chine

« Comme la nouvelle situation a surgit, il est trop tôt pour dire si nous sommes en mesure d'atteindre l'objectif », a déclaré Zhao Ming, le président de Honor, l'une des marques de téléphones intelligents de Huawei, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue vendredi soir à Shanghai, lorsqu’il répondait aux questions sur l’objectif de Huawei de dépasser Samsung Electronics et de devenir le plus grand fournisseur mondial de smartphones avant la fin 2020, selon un rapport du South China Morning Post. Selon M. Ming, Huawei Technologies serait en train de réévaluer cet objectif, après qu'un décret d’interdiction commerciale signé par le président des Etats-Unis ait affecté considérablement, non seulement, ses capacités de production de nouveaux smartphones, mais également, ses capacités de distribution à l’internationale, a rapporté le quotidien de Hong Kong.

En effet, le 15 mai dernier, le président Donald Trump a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. Le 16 mai, le Bureau de l'industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce des États-Unis, qui administre et applique les règlements américains sur l'administration des exportations (EAR), a expressément ajouté Huawei Technology Ltd. et 68 de ses filiales à sa liste noire commerciale.


L’ajout de Huawei sur la liste noire commerciale par le gouvernement américain prive l'entreprise des services et des pièces de rechange qu’elle acquérait avec des entreprises américaines, qui doivent dorénavant obtenir une autorisation gouvernementale avant la vente de tout produit et service aux entreprises originaires des « pays adversaires » des Etats-Unis.

Après l’entrée en vigueur de l’interdiction commerciale, les partenaires américains du géant chinois, dont les fabricants de puces Intel, Qualcomm, Xilinx et Broadcom, ont dit à leurs employés de ne pas fournir Huawei jusqu'à nouvel ordre, au risque de subir les conséquences juridiques du non-respect de l’interdiction américaine. Google a également suspendu l'accès de Huawei aux futures mises à jour du système d'exploitation Android, affectant sa capacité à offrir des applications Google populaires sur ses téléphones dans l'avenir. D’autres entreprises et organisation comme ARM, Wi-Fi Alliance et SD Association ont fait de même. Le mouvement s’est même étendu hors des Etats-Unis, à certaines entreprises en Europe.

Selon Bloomberg, Huawei, qui avait prévu la détérioration de ses relations avec Google, avait développé son propre OS pour mobile et serait en train de construire une alternative au Play Store de Google afin de continuer sa production de smartphones. Mais Foxconn, le fabricant taïwanais d'appareils électroniques qui assemble des produits pour de nombreuses marques de téléphones, y compris Apple et Xiaomi, a arrêté plusieurs lignes de production pour les téléphones Huawei ces derniers jours, a rapporté le South China Morning Post.

En effet, Huawei aurait réduit ses commandes de nouveaux téléphones auprès de Foxconn, selon des personnes familières avec la question, et qui s’exprimaient sous le couvert de l’anonymat. Réduction de la production temporaire ou à long terme ? Ce n’est pas encore clair. Cependant, le quotidien chinois a également rapporté que les ventes mondiales de smartphones de la société ont augmenté à 15,7 % au premier trimestre 2019, contre 10,5 % à la même période l'an dernier, selon les données du cabinet d'études Gartner. Selon les mêmes données, l’américain Apple, le troisième fournisseur mondial, et le Coréen Samsung, actuellement le plus grand fournisseur de smartphones, ont vu leur part de marché baisser respectivement à 11,9 % et 19,2 %, au cours de la même période.


Plus tôt ce mois, avant l’ajout de Huawei sur la liste BIS, la guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis la Chine s’était davantage intensifiée. Le président Trump avait annoncé la fin des négociations officielles et avait augmentant de 15 % les droits de douane sur les importations chinoises d'une valeur de 200 milliards de dollars, faisant passer les tarifs de 10 à 25 %. Suite à cette augmentation, la réaction de la Chine ne s’était pas fait attendre. Le gouvernement chinois avait répondu en augmentant également les droits de douane sur 60 milliards de dollars de marchandises américaines, à compter du 1er juin.

Pour rappel, Huawei a lancé une offensive le mercredi dernier. Lors d’une sortie de l’entreprise, en lien avec la décision de l’administration Trump de l’exclure du marché américain des technologies, Huawei a demandé (dans une plainte déposée il y a peu auprès d’un tribunal US) l’annulation de l’interdiction faite aux administrations fédérales d’acheter ses équipements.

Selon un rapport publié jeudi dernier, Huawei a pris d’autres mesures à l’égard des Etats-Unis. L’entreprise a ordonné à ses employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains. L’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen, selon le Financial Times. Cette décision de Huawei est intervenue deux semaines, après que le président américain Donald Trump ait signé le décret interdisant à Huawei de se substituer aux fournisseurs américains.

Selon ce rapport de Financial Times, depuis la décision du président Trump, Huawei vérifie que les visiteurs étrangers ne détiennent pas de passeports américains et a demandé à tous les employés américains d'éviter de discuter technologie, car il essayait de se conformer à la réglementation, a déclaré Dang Wenshuan, architecte en stratégie de Huawei.

Par ailleurs, selon Global Times, un autre quotidien chinois, la Chine s’apprête à publier sa propre liste d’entités étrangères jugées à risque et à bannir de son marché, d’après une récente communication du ministre du Commerce de ce pays. La liste noire chinoise comprendra des entités, individus et entreprises étrangères qui bloquent la chaîne d’approvisionnement ou prennent des mesures discriminatoires pour des raisons non commerciales et qui, par leurs actions, mettent en danger les activités des entreprises chinoises ainsi que les consommateurs et entreprises mondiales.

Selon South China Morning Post, M. Ming a également déclaré, lors de la conférence de presse organisée le vendredi dernier pour dévoiler sa série phare Honor 20 destinée au marché chinois, que « Toutes les difficultés nous rendent plus forts, que ce soit dans la mentalité ou dans l'action ». Certes, l’entreprise chinoise subit sévèrement les conséquences de son bannissement général, mais qu’arrivera-t-il aux pays dont le plan de déploiement de la 5G reposait sur Huawei ?

Source : South China Morning Post

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
L’interdiction américaine aurait déjà eu raison de Huawei sur le plan des smartphones ?

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L'Europe doit se méfier de Huawei, dit un responsable technique européen, après l'arrestation d'un dirigeant de Huawei dans le cadre d'une enquête
L'IEEE interdit à Huawei l'évaluation par pairs des articles, et des scientifiques chinois démissionnent pour protester
12  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/06/2019 à 7:49
Huawei a demandé à ses employés de ne plus avoir de réunions techniques avec leurs contacts US,
et a remercié ses employés US travaillant en R&D à son siège

Mi-mai, le président Donald Trump a signé un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération.

L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par «un adversaire étranger» et susceptible de créer un «risque de sabotage indu» des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

« Moi, DONALD J. TRUMP, Président des États-Unis d'Amérique, constate que les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et les services de l'information et de la communication, qui stockent et communiquent de grandes quantités d'informations sensibles, facilitent l'économie numérique et soutiennent infrastructures critiques et services d’urgence essentiels, afin de mener des actions malveillantes fondées sur le numérique, y compris l’espionnage économique et industriel contre les États-Unis et leur population.

« Je conclus en outre que l’acquisition ou l’utilisation sans restriction aux États-Unis de technologies ou de services de l’information et de la communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues par, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d’adversaires étrangers, accroissant la capacité des adversaires étrangers à créer et exploiter des vulnérabilités dans les technologies ou les services d’information et de communication, avec des effets potentiellement catastrophiques, constituent ainsi une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des États-unis ».


Le Département du commerce dispose de 150 jours depuis la publication de ce décret pour élaborer des règles permettant d’identifier « des pays ou des personnes » en tant qu’adversaires étrangers. Il est presque certain que ces règles indexent la Chine, Huawei ou les deux.

Le décret suscitera certainement la colère de Pékin à un moment où les deux plus grandes économies du monde luttent pour résoudre une guerre commerciale qui bouleverserait les marchés. La directive intervient également alors que le ministère de la Justice demande l'extradition du Canada d'un dirigeant de Huawei accusé d'avoir violé les sanctions contre l'Iran.

Le décret-loi tant attendu de Trump invoque la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale et déclare une urgence nationale pour habiliter le gouvernement à bloquer l’achat de technologies liées à des adversaires étrangers.

Le ministère américain du Commerce prend une mesure connexe

Le ministère américain du Commerce a pris mercredi une mesure distincte, mais connexe, interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » (une décision qui interdit donc à la société d’acquérir des composants et des technologies auprès de sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement). L'administration a engagé une action similaire à l'encontre de ZTE, une autre entreprise de télécommunication chinoise, pour violation présumée des sanctions américaines sur l'Iran, mais Trump a renversé la décision et infligé à la société une lourde amende.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré que le président Donald Trump avait soutenu la décision « d'empêcher que des entités sous contrôle étranger utilisent la technologie américaine de manière potentiellement préjudiciable à la sécurité nationale ou aux intérêts de la politique étrangère des États-Unis ».

Huawei, qui affirme que ses produits ne représentent pas une menace pour la sécurité, a déclaré qu’il était « prêt et disposé à s’engager avec le gouvernement américain et à proposer des mesures efficaces pour assurer la sécurité des produits ».

Il a déclaré que le fait d'empêcher Huawei de faire des affaires aux États-Unis « limiterait les États-Unis à des alternatives inférieures mais plus coûteuses, laissant les États-Unis à la traîne dans le déploiement de la 5G et finissant par nuire aux intérêts des entreprises et des consommateurs américains ».

S'exprimant lors d'une audience du sous-comité du Sénat sur les crédits au Sénat américain, Steven Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, a qualifié de constructives les deux journées de pourparlers de haut niveau avec des responsables chinois à Washington la semaine dernière.

« Je m'attends à ce que nous nous rendions à Beijing dans un proche avenir pour poursuivre ces discussions », a-t-il déclaré. « Il reste encore beaucoup de travail à faire ».


Huawei perd également ses liens avec la Wi-Fi Alliance et la SD Association

Les choses ne se sont pas améliorées pour l’équipementier chinois. Après le retrait de la licence Android à Huawei par Google, l’équipementier a vu s’éloigner de lui la Wi-Fi Alliance et de la SD Association, ce qui signifie que Huawei ne pourra plus utiliser les cartes microSD dans ces prochains smartphones ou autres équipements et que Huawei pourrait avoir des problèmes avec les futures normes sur les réseaux Wi-Fi. Il s’agit là d’une situation qualifiée de délicate par les experts et qui, selon Reuters, peut avoir une incidence négative sur les livraisons de la société chinoise au cours du reste de l’année.

Huawei a perdu sa licence Android en mi-mai après que Google ait annoncé qu’il mettait une pause à sa collaboration avec l’entreprise ; la firme de Mountain View restreint l'utilisation de l'écosystème Android par le constructeur chinois. L'entreprise chinoise a ainsi perdu l'accès aux mises à jour du système d'exploitation Android ; en sus, sa prochaine génération de smartphones sera sevrée d'accès aux applications et services populaires y compris le Google Play Store via lequel les utilisateurs ont accès à des applications comme Gmail.

« Huawei pourra uniquement faire usage de la version publique d'Android [celle de l'AOSP] et ne pourra pas accéder aux applications et services propriétaires de Google », avait précisé Reuters sur le sujet. ARM a fait de même pour se conformer au décret de la présidence américaine, ce qui menace la capacité du chinois à concevoir de nouvelles puces pour ses smartphones. À l’heure actuelle, Huawei n’entretient plus de relations commerciales avec une longue liste d’entreprises américaines notamment Intel, Qualcomm, Xilinx, Broadcom, Qorvo, Micron Technology et Western Digital.

Cette liste s’est encore allongée ; deux organismes internationaux de normalisation, la Wi-Fi Alliance et la SD Association s’y sont ajouté fin mai. La Wi-Fi Alliance qui établit les normes de la technologie sans fil et compte parmi ses membres Apple, Qualcomm, Broadcom et Intel, a annoncé avoir “temporairement restreint” la participation de Huawei aux activités de l’alliance. D’un autre côté, Huawei a également disparu de la liste des membres de la SD Association. Comme ARM, la SD Association a annoncé qu'elle a procédé au retrait de Huawei en vue de se conformer aux ordres du département américain du Commerce.

La SD Association est une organisation à but non lucratif qui contrôle les normes des produits SD. L’organisme est connu pour avoir développé les normes de la carte SD, le format de carte mémoire le plus répandu dans les appareils portables. Cela inclut toutes les cartes SD standard et les cartes microSD de votre smartphone. Il inclut également les modèles de port qui lisent ces cartes. Si une entreprise n’est pas membre de l’Association, elle ne peut pas officiellement produire des produits conformes à ces normes.


Des conséquences potentiellement désastreuses pour Huawei

Ces deux retraits constituent un coup dur pour Huawei, a rapporté le média Nikkei Asian Review. Cette situation va empêcher Huawei de participer à l’élaboration de nouvelles normes pour ses deux technologies : le Wi-Fi et les cartes SD. Cependant, la société se dit confiante et espère que la situation aura un dénouement dans un avenir très proche. « Huawei apprécie ses relations avec tous les partenaires et associations du monde entier et comprend la situation difficile dans laquelle ils se trouvent. Nous espérons que cette situation sera résolue et nous travaillons pour trouver la meilleure solution », a déclaré vendredi un porte-parole du groupe chinois.

Selon Nikkei Asian Review, il faut comprendre par là que les organismes de normalisation sont devenus de nouveaux champs de bataille mondiaux, où les acteurs de l'industrie se battent pour influencer le développement technologique en leur faveur. L'exclusion pourrait désavantager Huawei lors de l'expansion de ses activités à l'étranger. À ce titre, Reuters rapporte que selon certains groupes d’analystes, ces diverses pertes de relations et de partenariats pourraient engendrer une baisse des livraisons de Huawei dans le monde d’environ un quart cette année et que le chinois risque de voir ces smartphones disparaître des marchés internationaux.

En d’autres termes, les livraisons de smartphones chez Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones en volume, pourraient chuter entre 4 % et 24 % en 2019 si l'interdiction restait en vigueur, selon Fubon Research and Strategy Analytics. « Si Huawei perd définitivement l'accès à Google, le marché des smartphones en Europe occidentale pourrait disparaître l'an prochain », a déclaré Linda Sui, directrice des stratégies pour les smartphones sans fil chez Strategy Analytics. De plus, plusieurs autres experts ont déclaré qu’ils s’attendent à une diminution des expéditions mondiales de Huawei au cours des six prochains mois, mais ont refusé de donner une estimation approximative en raison des incertitudes entourant l'interdiction.

En outre, Fubon Research, qui prévoyait auparavant que Huawei embarque 258 millions de smartphones en 2019, s'attend maintenant à ce que la société n'en expédie que 200 millions dans le pire des scénarios. Linda Sui prévoit que les livraisons de combinés Huawei diminueront encore de 23 % l’année prochaine, mais estime que la société pourrait survivre sur la taille du marché chinois. Néanmoins, la société pourrait toujours compter sur les marchés européens où elle n’est pas encore trop exposée aux sanctions. Selon l’IDC, la société considère l’Europe comme le marché le plus important pour ses smartphones haut de gamme. L’IDC estime qu’elle occupe environ 30 % du marché européen et a expédié 208 millions de téléphones l'année dernière, dont la moitié vers des marchés extérieurs à la Chine.


La réaction de l’entreprise chinoise

Huawei a réagi à la tension avec les Etats-Unis en ordonnant aux employés de ne plus organiser de réunions techniques avec leurs contacts américains, indique un rapport publié jeudi.

L’équipementier chinois a également renvoyé des citoyens américains exerçant des fonctions de recherche et développement à son siège à Shenzhen, selon le Financial Times. Cette décision est intervenue il y a deux semaines, après que le président américain Donald Trump ait signé un décret interdisant à Huawei de se substituer aux fournisseurs américains, a indiqué le rapport.

Tout s'est passé assez vite aussi, selon le FT. Un atelier s'est apparemment terminé subitement lorsque l'ordre de Trump a été annoncé, et les Américains ont été invités à quitter la propriété de Huawei.

Depuis lors, Huawei vérifie que les visiteurs étrangers ne détiennent pas de passeports américains et a demandé à tous les Américains d'éviter de discuter technologie, car elle essayait de se conformer à la réglementation, a déclaré Dang Wenshuan, architecte en stratégie de Huawei.

Source : Financial Times

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Le 17/06/2019 à 11:28
Huawei se prépare à une baisse de 40 % à 60 % des ventes internationales de smartphones
Malgré le lancement de Honor 20, selon un rapport

Un mois après avoir été mis sur la liste noire commerciale américaine, les activités internationales du géant chinois des technologies de l'information et de la communication, Huawei, continue à s’ajuster en fonction de l’interdiction des Etats-Unis. Selon un rapport de Bloomberg publié le dimanche, l’entreprise se préparerait à une baisse de 40 % à 60 % des livraisons internationales de smartphones. Selon des personnes qui connaissent bien la question que Bloomberg a citées dans son rapport, les responsables marketing et commerciaux de Huawei Technologies Co Ltd s'attendent en interne à une baisse des volumes de l'ordre de 40 à 60 millions de smartphones cette année. Toutefois, les fabricants de puces américains, dont Huawei était l’un des plus gros clients, seraient en train de faire discrètement pression pour assouplir l'interdiction de Huawei.

L'entreprise chinoise serait même en train d’examiner des options qui incluent la vente de son tout dernier modèle de smartphone, Honor 20. Selon le rapport, l'appareil commencera à être commercialisé dans certaines parties de l'Europe, y compris en Grande-Bretagne et en France, le 21 juin, selon le rapport. Les dirigeants surveilleront le lancement et pourraient interrompre les livraisons si les ventes sont médiocres, selon Bloomberg.


Huawei est un fabricant de téléphones qui compte en termes de ses ventes internationales. En 2018, la société chinoise a vendu 206 millions de téléphones, et cette prévision de baisse représente près de la moitié de cette vente. Aussi, le nouveau modèle Honor 20 que Huawei est en train de planifier la vente dans une partie de l’Europe, fonctionne sur le logiciel Android 9 le plus avancé et est alimenté par la puce Kirin de l'entreprise elle-même. Mais bien qu’elle n’a pas besoin des processeurs Qualcomm, l'interdiction américaine entravera la capacité des consommateurs à mettre le système d’exploitation à jour ou à télécharger les dernières applications de Google. Ce qui contribue à l’incertitude dans des ventes de Honor 20 en particulier et de l’ensemble des smartphones de Huawei en général.

Selon Tom Kang, analyste de Counterpoint, dans un rapport publié à la suite de l'interdiction : « Huawei perdra l'accès à Play Store et aux principales applications Google comme YouTube et Gmail. Les utilisateurs devront s’écarter ou chercher d'autres App Stores ». « L'impact sur les marchés émergents sera variable. Cependant, l'Europe, le Japon et l'Amérique latine seront durement touchés », a-t-il ajouté. Selon Bloomberg, pour atténuer l’impact du déclin à l'étranger, Huawei vise à conquérir jusqu'à la moitié du marché chinois des smartphones en 2019.

Les difficultés de la plus grande entreprise d'équipement de télécommunications du monde se sont accentuées en mai dernier lorsque le gouvernement américain l’a inscrite sur une liste noire commerciale qui interdit aux fournisseurs américains de faire affaire avec elle en raison de ce que Washington appelle des préoccupations en matière de sécurité nationale. L'interdiction est survenue peu après l'échec des pourparlers visant à mettre fin à une querelle commerciale qui a duré des mois entre la Chine et les États-Unis.

Le fondateur et directeur général de Huawei, Ren Zhengfei, avait réagi aux restrictions en déclarant que l’interdiction « pourrait ralentir, mais seulement légèrement » la croissance de l'entreprise. Un peu plus tôt cette année, l’entreprise s’était lancée dans une campagne pour se faire une meilleure image lorsque les Etats-Unis ont demandé à leurs alliés de boycotter ses équipements télécoms. M. Zhengfei avait dit à l’époque lors d’une interview accordée à BBC à la suite de l'arrestation de Meng Wanzhou, directeur financier de Huawei et sa fille :

« Il n'y a aucun moyen pour que les Etats-Unis puissent nous écraser ». « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés. Même s'ils persuadent d'autres pays de ne pas nous utiliser temporairement, on peut toujours réduire un peu les choses. », a-t-il ajouté.

Toutefois, une interdiction américaine similaire à l'encontre de ZTE Corp, une autre entreprise chinoise, a presque paralysé les activités la société en début de l'année dernière, avant qu’elle ne soit levée. Mais, selon le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, le président Trump pourrait peut-être relâcher un peu dans l’interdiction contre Huawei si les négociations commerciales avancent. Par ailleurs, les fabricants américains de puces seraient en train de faire discrètement pression pour assouplir l'interdiction du Huawei, selon Reuters.

Les fabricants de puces américains font discrètement pression pour assouplir l'interdiction du Huawei

Selon Reuters, les responsables des fournisseurs américains de puces de Huawei, Intel et Xilinx Inc, ont assisté à une réunion à la fin de mai avec le ministère du Commerce pour discuter d'une réponse au placement de Huawei sur la liste noire. Selon quatre sources d’information de Reuters, Qualcomm aurait également fait pression sur le Département du Commerce à ce sujet.


Selon ces fabricants de puces, les unités de l’entreprise chinoise qui vendent des produits tels que les smartphones et les serveurs informatiques utilisent des pièces couramment disponibles et il est peu probable qu'elles présentent les mêmes problèmes de sécurité que l'équipement réseau 5G de la société technologique Huawei. Pour rappel, l’ajout de Huawei sur la liste noire américaine interdit aux fournisseurs américains de faire affaire avec Huawei à cause des questions de sécurité nationale. « Il ne s'agit pas d'aider Huawei. Il s'agit de prévenir les préjudices aux entreprises américaines », a déclaré l'une des sources d’information de Reuters.

Qualcomm souhaite pouvoir continuer à vendre ses puces à Huawei pour des appareils courants comme les téléphones et les montres intelligentes, a déclaré une personne familière avec la situation de l'entreprise. En effet, les fabricants américains de puces sont parmi les principaux fournisseurs de Huawei. Selon Reuters, sur les 70 milliards de dollars dépensés par Huawei pour l'achat de composants en 2018, 11 milliards de dollars sont allés à des entreprises américaines comme Qualcomm, Intel et Micron Technology Inc.

Selon Reuters, la Semiconductor Industry Association (SIA), une association professionnelle et un groupe de lobbying, a reconnu avoir organisé des consultations avec le gouvernement américain au nom de ces entreprises pour les aider à se conformer à l'interdiction et informer les fonctionnaires de l'impact de celle-ci sur ces dernières. Goodrich, vice-président de la politique mondiale de la SIA a déclaré : « Pour les technologies qui ne sont pas liées à la sécurité nationale, il semble qu'elles ne devraient pas entrer dans le champ d'application de l'ordonnance. Et nous avons transmis cette perspective au gouvernement ».

Mais, Andrew Williamson, vice-président des affaires publiques de Huawei, dans une interview accordée au Mexique, a déclaré que l'entreprise n'avait demandé à personne de faire du lobbying en son nom. « Ils le font par leur propre volonté parce que, pour beaucoup d'entre eux, Huawei est l'un de leurs principaux clients », a-t-il dit, avant d’ajouter que les fabricants de puces savaient que le fait de couper Huawei pourrait avoir des conséquences « catastrophiques » pour eux.

En dehors des fabricants de puces, d’autres entreprises ont plaidé pour pouvoir continuer leurs activités commerciales avec Huawei, dont Google. Reuters a rapporté que le géant de la Silicon Valley a également plaidé pour qu'il puisse continuer à vendre son matériel, ses logiciels et ses services techniques à l’entreprise chinoise qui est actuellement sous le coup de l’interdiction américaine, a déclaré le président de Huawei, Liang Hua, aux journalistes en Chine plus tôt ce mois-ci.

Huawei lui-même a fait très peu de lobbying traditionnel à Washington sur la question. Selon les sources d’information de Reuters, depuis un mois que l’entreprise a été mise sur la liste noire, Huawei n'a pas encre échangé avec le gouvernement des États-Unis à ce sujet. Mais l’entreprise a envisagé d'envoyer une lettre au ministère du Commerce, selon les sources d’information. « Nous n'avons tout simplement aucun moyen de communication », a déclaré M. Liang aux journalistes plus tôt ce mois-ci. Selon des analystes, cette réponse du président de Huawei marque la reconnaissance de la baisse de l’influence de Huawei auprès de l'administration Trump, qui a lancé une campagne mondiale contre l'entreprise.

« Huawei ne sait pas ce qu'il doit faire par la suite », a déclaré Jim Lewis, un cyberexpert du Center for Strategic and International Studies de Washington. « Il est dans une très mauvaise position aux États-Unis. Personne ne cherche à faire une faveur à Huawei », a-t-il ajouté.

Malgré cela, l'interdiction a eu également de réelles répercussions du côté des entreprises américaines. Au-delà de celles qui plaident auprès du ministère américain du Commerce pour continuer à vendre leurs produits à Huawei, certaines mesurent l’ampleur à venir de cette décision américaine. Broadcom, qui développe des semi-conducteurs utilisés dans divers équipements de télécommunications, a prévu que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et l'interdiction du Huawei feraient chuter ses ventes de 2 milliards dollars cette année.

Pour l’heure, Huawei pourrait continuer à acheter des produits américains à cause d’une licence générale temporaire que le Département du Commerce a promis le 20 mai dernier, quelques jours seulement après la mise en place de l'interdiction. Cette décision est intervenue afin d'aider les clients existants de Huawei à maintenir la fiabilité des réseaux et des équipements.

Selon Bloomberg, la part de marché des smartphones de Huawei en Chine pourrait atteindre 45 % contre une estimation précédente qui se situait entre 30 % et 35 %, grâce à « une stratégie de vente plus proactive » mise en œuvre après l'interdiction de Trump, a écrit Ming-Chi Kuo, analyste de TF International dans un rapport mercredi.

Source : Bloomberg, Reuters

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Que pensez-vous ?
Quel commentaire faites-vous sur l’avenir du segment smartphone de Huawei ?
Selon vous, quel sera l’impact réel de l’interdiction de Huawei sur les entreprises US si un accord n’est pas trouvé ?

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Le 27/06/2019 à 13:49
Les sociétés américaines de technologie contournent l’interdiction de Trump
Pour continuer à vendre les composants à Huawei, selon un rapport

Une ordonnance de l’administration Trump interdisant la vente de la technologie américaine à Huawei et ses alliés est en vigueur, mais selon un rapport du New York Times publié le mardi, les entreprises américaines de technologie continuent de vendre des composants au géant chinois des télécommunications. En effet, les fabricants américains de puces et d'autres entreprises ont trouvé des moyens de poursuivre les ventes qui leur permettent d’outrepasser les sanctions en vendant des produits fabriqués en dehors des États-Unis, a indiqué le journal en citant des sources anonymes.

Selon les sources du quotidien new-yorkais, les fabricants de composants Intel et Micron profitent d'une disposition concernant la façon dont les marchandises sont étiquetées pour les expédier à Huawei, car les marchandises produites à l'étranger par des entreprises américaines ne sont pas toujours considérées comme fabriquées aux États-Unis. Les composants ont commencé à être expédiés à Huawei il y a trois semaines, selon le journal. Cette exemption des produits des sociétés américaines fabriqués à l'étranger pourrait permettre à Huawei de continuer à vendre des produits tels que des smartphones et des serveurs.


En mai dernier, Huawei a été ajouté à la liste noire américaine par le ministère du Commerce, empêchant l’entreprise de recevoir des composants fabriqués aux États-Unis sans l'autorisation de Washington. Bien avant, le président Donald Trump avait signé un décret exécutif interdisant l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » et susceptible de créer un « risque de sabotage indu » des systèmes de communication américains ou des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine.

L’interdiction visait essentiellement le chinois Huawei en raison des allégations selon lesquelles Huawei a des liens étroits avec le gouvernement chinois. Huawei a nié à plusieurs reprises cette accusation. Mais les restrictions imposées à Huawei ont été revues par le ministère du Commerce qui a accordé à Huawei un délai de 90 jours pour lui permettre de conserver les réseaux existants et de mettre à jour les téléphones, tablettes et autres appareils existants jusqu'à mi-août.

L’interdiction avait déjà commencé à avoir d’importants effets sur les affaires internationales du fabricant chinois de smartphones. Un peu plus tôt ce mois, Bloomberg a rapporté que Huawei se préparerait à une baisse de 40 % à 60 % des livraisons internationales de smartphones correspondant à une baisse en volume de l'ordre de 40 à 60 millions de smartphones cette année. Huawei perdra l'accès à Play Store et aux principales applications Google comme YouTube et Gmail à un moment donné. Et les utilisateurs devront chercher d'autres App Stores pour bénéficier des applications courantes ou abandonner les smartphones Huawei, si les choses ne s’arrangent pas entre Pékin et Washington. Toutefois, si Huawei peut se procurer les composants des entreprises américaines fabriqués en dehors des Etats-Unis, il pourra continuer certaines expéditions.

Le PDG de Micron, Sanjay Mehrotra, a déclaré mardi, lors d'une conférence téléphonique sur les bénéfices, qu'il avait cessé ses livraisons à Huawei le mois dernier, mais qu'il les avait reprises il y a deux semaines après avoir « déterminé que nous pourrions légalement reprendre » certaines livraisons, a rapporté le New York Times.

Vendredi dernier, John Neuffer, président de la Semiconductor Industry Association, une association professionnelle basée aux États-Unis, a déclaré que ses membres « s'engagent à respecter rigoureusement » les sanctions, mais a noté qu' « il est maintenant clair que certains articles peuvent être fournis à Huawei conformément à la liste des entités et aux règlements applicables ».

« Chaque entreprise est touchée différemment en fonction de ses produits et de sa chaîne d'approvisionnement, et chaque entreprise doit évaluer la meilleure façon d'exercer ses activités et de demeurer en conformité avec la loi », a ajouté M. Neuffer.

Mais malgré cette exemption des produits fabriqués à l’étranger, Huawei n’est pas encore tiré d’affaire, selon le journal : « Cependant, la situation de Huawei reste très incertaine », a-t-il écrit.

Plus tôt ce mois-ci, Pékin a également exercé des pressions sur les entreprises américaines. Les autorités chinoises ont déclaré qu'il créerait leur propre « liste d'entités peu fiables » pour punir les entreprises et les individus qu'il perçoit comme portant atteinte aux intérêts chinois. La semaine suivante, le principal organisme de planification économique de la Chine a convoqué des dirigeants étrangers, dont des représentants de Microsoft, Dell et Apple. Elle les a avertis que le fait de couper les ventes aux entreprises chinoises pourrait entraîner des sanctions et a laissé entendre que les entreprises devraient faire pression sur le gouvernement américain pour qu'il mette fin à ces interdictions.

Quelques jours après la réunion de Pékin, Reuters a rapporté que les fabricants de puces américains faisaient discrètement pression pour assouplir l'interdiction de Huawei.

Les responsables des fournisseurs américains de puces de Huawei, Intel et Xilinx Inc, ont assisté à une réunion à la fin du mois de mai avec le ministère du Commerce pour discuter d'une réponse au placement de Huawei sur la liste noire, a écrit Reuters. Selon quatre sources d’information de Reuters, Qualcomm aurait également fait pression sur le Département du Commerce à ce sujet.

Selon Reuters, les fabricants de puces ont dit au département du Commerce que les unités de l’entreprise chinoise qui vendent des produits tels que les smartphones et les serveurs informatiques utilisent des pièces couramment disponibles et il est peu probable qu'elles présentent les mêmes problèmes de sécurité que l'équipement réseau 5G de la société technologique Huawei.

Le Département du Commerce ainsi que Micron et Huawei n'ont pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de Reuters. Quant à Intel, il a refusé de commenter, d’après Reuters.

Source : The New York Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Loi possibilité de vendre aux entreprises chinoises les composants fabriqués en dehors des Etats-Unis ne va-t-elle pas inciter les entreprises américaines à développer leur chaine d’approvisionnement à l’étranger ?

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Le 11/06/2019 à 6:12
Huawei encourage les développeurs à publier des applications sur sa vitrine de téléchargement AppGallery,
suite à l'interdiction américaine

Le mois dernier, Google a exclu Huawei de ses mises à jour Android, bien que le département américain du Commerce ait accordé à l’équipementier chinois une licence générale de trois mois pour mettre à jour les appareils existants, assouplissant ainsi temporairement les restrictions d'accès des composants américains à Huawei. Les téléphones Huawei fonctionnent sur une version du système d'exploitation mobile Android de Google.

Un développeur anonyme a partagé lundi un courriel sur le forum Android XDA Developers, faisant découvrir une invitation de Huawei à rejoindre AppGallery. Le courriel indiquait que AppGallery compte 270 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur 350 millions de téléphones et une communauté de 560 000 développeurs.

AppGallery

Pour rappel, AppGallery est la plateforme officielle de distribution d‘applications Android de HUAWEI. Pour encourager les utilisateurs à se tourner vers sa vitrine de téléchargement, l’équipementier explique sur la page dédiée qu’elle est doté d’une détection des menaces en quatre étapes : « il s’agit d’un système de sécurité professionnel doté des fonctions suivantes: détection de comportement malveillant, contrôle de confidentialité, analyse de vulnérabilité du système de sécurité, vérification de l'authenticité du nom, de la personne, de l´appareil et de l'environnement d’identification garantissant que toutes les applications de AppGallery sont sans danger ».

Il met également en avant ce qu’il appelle la sélection Smart app : « AppGallery offre une sélection d’applications diverses et choisies pour vous dans les catégories lifestyle, voyage, divertissement et bien d’autres encore. Les algorithmes Machine Learning vous aident à trouver précisément et rapidement ce dont vous avez besoin.»

Il évoque également d’autres éléments comme le classement d’applications « les plus téléchargées, les mieux notées, les plus vendues, les plus grands succès et les applications dernier cri… Nos classements sont actualisés tous les jours pour que vous puissiez télécharger les meilleures applications ». Sans oublier le gestionnaire d’applications : « AppGallery vous permet de gérer les mises à jour et installations d’applications ou de packages ainsi que de libérer de l’espace. Vous pouvez également configurer la mise à jour automatique de vos applications sur Wi-Fi ».


Opération séduction des développeurs

« Afin de garantir une utilisation fluide de votre application à nos utilisateurs, Huawei s'est engagée à vous fournir une assistance complète pour vous aider à publier votre application dans AppGallery », aurait déclaré l'invitation envoyée par courrier électronique.

Le chinois offre également l’accès gratuit au portail Huawei Developer, a rapporté XDA Developers.

Hongmeng OS, Oak OS, le système d’exploitation d’Huawei

Huawei n'aurait apparemment pas l'intention immédiate de lancer son propre système d'exploitation, qui est en développement depuis 2012 et pourrait s'appeler "Hongmeng” pour le marché chinois et “Oak” à l’extérieur de la Chine (c’est en tout cas un nom qu’a déposé Huawei auprès de Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) le 24 mai 2018). Des informations à ce sujets ont fusé et laissaient entendre que cette option est envisagée comme ultime recours si Android est définitivement supprimé en tant qu'option pour ses clients possédant un smartphone.

Comme rapporté précédemment, HongMeng OS devrait être le nom utilisé pour le marché chinois, pas de changement à ce niveau là. Il est décrit comme un système d’exploitation compatible non seulement avec les smartphones de Huawei, mais aussi avec ses tablettes et montres connectées, voire ordinateurs pour remplacer Windows. Ce dernier point est encore à éclaircir.

Si l’on sait que le groupe travaille depuis des années à une telle solution, il est très fort probable qu’il ne s’agisse pas d’un OS reprenant tout de zéro mais basé sur Android Open Source Project, qui comme son nom l’indique est libre de droit. Huawei devrait s’appuyer sur son App Gallery et proposer une compatibilité avec les applications Android. Les développeurs n’auront alors pas besoin de développer des applications destinées spécialement au magasin de Huawei.


Le bannissement d'Android a fait suite à un décret des États-Unis publié en mai. qui établit les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis. La mesure vise à neutraliser la capacité de la Chine à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération. L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par « un adversaire étranger » susceptible de saboter des systèmes de communication américains ou de créer des « effets catastrophiques » sur l’infrastructure américaine. Y faisant suite, le ministère américain du Commerce a pris une mesure connexe qui interdit aux entreprises américaines de vendre des composants et des logiciels à Huawei et à 70 de ses affiliés (désormais inscrits sur la liste américaine d’entités à bannir) sans autorisation.

Huawei a déposé une requête devant un tribunal américain afin que la législation américaine interdisant aux agences fédérales d'acheter ses produits soit jugée inconstitutionnelle. Cependant, craignant des répercurssions juridiques, certains fournisseurs de matériel et de logiciels ont préféré se tenir à l’écart de l’équipementier Huawei : Amazon Japon ne vendrait plus d'appareils Huawei, et Microsoft aurait retiré les ordinateurs portables MateBook de Huawei de sa boutique en ligne.

Les scientifiques de Huawei se sont vus interdire l'examen d'articles scientifiques par l'éditeur américain Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE). Mais l'IEEE a fait marche arrière après avoir reçu plus d’informations du ministère américain du commerce.

Fin mai, Trump aurait fait valoir à la presse qu'il attendrait une offre pour sortir Huawei de la liste noire, une entrée dans la liste noire qui a d’ailleurs été le levier de l'escalade des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis.

Google met en garde la Maison Blanche contre le bannissement de Huawei

Suite à ces décisions (décret présidentiel), Google était l’une des premières entreprises américaines à s’aligner et à sevrer Huawei de sa licence Android. D’après les derniers retours au sujet de cette rixe entre Américains et Chinois, la firme de Mountain View veut faire machine arrière. De hauts responsables de Google font pression sur le gouvernement américain pour que l’entreprise soit exemptée de l’interdiction du ministère du Commerce de vendre des composants et logiciels à Huawei, ce, d’après les retours d’un trio d’individus au courant des tractations.

La firme de Mountain View joue la carte de la sécurité pour faire plier le gouvernement Trump. Google craint particulièrement que le fait que les smartphones Huawei ne reçoivent pas de mises à jour pousse l’entreprise chinoise à foncer sur la piste d’un fork d’Android. D’après les informateurs, le géant de la recherche en ligne souligne en sus que le camp chinois est susceptible d’avoir une meilleure maîtrise technologique de la pile Android avec sa version modifiée de l’OS. Il viendrait alors que cette dernière (et donc les smartphones de Huawei) serait plus perméable à des tentatives de piratage de la Chine.

Un autre aspect auquel la firme de Mountain View ne touche pas dans son argumentaire c’est celui qui concerne son business. En effet, avec les restrictions américaines en place, Google perd (pour le moment) un gros client. Malgré son absence aux États-Unis, Huawei maintient son rang de deuxième fournisseur mondial de smartphones et continue à réduire l'écart avec Samsung. D’après de récentes statistiques de Gartner, Les ventes de smartphones Huawei ont augmenté dans toutes les régions. « Huawei a particulièrement bien réussi dans deux de ses plus grandes régions, l’Europe et la Grande Chine, où ses ventes de smartphones ont augmenté de 69 % et 33 %, respectivement », indique la firme spécialisée en analyse des marchés. Ce détail a son importance quand on sait que la mise à l’écart de Huawei risque de sevrer Google d’accès à tous ces terminaux desquels l’entreprise pourrait extirper son pétrole – ces précieux data qui constituent l’une de ses plus importantes sources de revenus.


La Maison-Blanche demande plus de temps afin de préparer l’interdiction pour les entrepreneurs travaillant avec Huawei

Le gouvernement fédéral a interdit l'achat direct d'équipement Huawei, ce qui devrait entrer en vigueur cette année. Mais le Bureau de la gestion et du budget (OMB) de la Maison-Blanche a demandé au Congrès américain de lui accorder plus de temps pour interdire progressivement les contrats fédéraux avec les entreprises qui font affaire avec Huawei. Toute chose qui arrange les autorités chinoises qui demandent à ce que les entreprises de technologique ne se précipitent pas pour appliquer l’interdiction américaine, mais aussi les entreprises chinoises qui auront le temps de se préparer avant une éventuelle interdiction définitive.

Selon Reuters, le gouvernement américain aurait besoin de deux années supplémentaires pour élaborer des règles afin de compléter la loi qui exige que les fournisseurs et entrepreneurs tiers limitent leurs achats et l'utilisation du matériel Huawei. Dans un communiqué, Jacob Wood, porte-parole de l'OMB, a déclaré :
« Il s'agit de s'assurer que les entreprises qui font affaire avec le gouvernement américain ou qui reçoivent des subventions et des prêts fédéraux ont le temps de ne plus faire affaire avec Huawei et d'autres entreprises technologiques chinoises inscrites sur la liste de la NDAA ».

Reuters rapporte que plus tôt cette semaine, Russ Vought, directeur par intérim de l'OMB, a empêché la publication d’une lettre par le Congrès. Selon M. Vought, ce délai supplémentaire « assurerait la mise en œuvre effective de l'interdiction sans compromettre les objectifs de sécurité souhaités » et qu'il y aurait une « réduction spectaculaire » du nombre d'entrepreneurs capables de vendre au gouvernement des États-Unis. Ce délai supplémentaire complète à quatre ans la période pendant laquelle les entrepreneurs du gouvernement peuvent encore acheter l'équipement Huawei avant que la restriction n’entre en vigueur pour eux. Selon M. Vought, ce délai donnerait « plus de temps pour réfléchir aux impacts potentiels et aux solutions possibles ».

Toutefois, ce délai n’enlèverait rien aux conséquences du décret signé par le président Trump en mai dernier, ainsi qu’aux mesures qui ont ajouté Huawei sur la liste noire commerciale américaine, selon Reuters. Cependant, malgré ces mesures d’interdiction en vigueur, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a déclaré dimanche que le président Donald Trump pourrait assouplir les restrictions américaines sur Huawei s'il y avait des progrès dans le différend commercial avec la Chine.

Source : XDA, Huawei

Et vous ?

Demander aux développeurs de publier sur sa vitrine de téléchargement serait-il un élément qui indique que Huawei se préparerait à lancer son système d'exploitation mobile ?

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La Chine prévoit un fonds de 47 milliards de dollars pour stimuler son industrie de semi-conducteurs, et réduire le fossé technologique avec les USA
Les sanctions américaines contre ZTE pourraient à nouveau entrer en vigueur après un vote du Sénat, malgré les efforts de Donald Trump
USA : la bataille opposant ZTE et les États-Unis touche à sa fin, suite à un accord autour d'un dépôt d'entiercement de 400 millions de dollars
Technologie 5G : la France dégaine la « loi Huawei », ou plutôt une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique. »
La Chine aurait commencé la production de ses processeurs x86 pour serveurs basés sur AMD Zen, Dhyana serait un clone pur et simple d'EPYC
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Le 01/07/2019 à 11:46
G20 : l'administration Trump autorise les ventes américaines à Huawei,
tandis que la Chine et les États-Unis reprennent les négociations commerciales

Samedi 29 juin, en marge du G20, à Osaka (Japon) Donald Trump et Xi Jinping ont convenu de relancer les négociations commerciales.

« D’énormes changements se sont produits dans la situation internationale et les relations entre la Chine et les États-Unis, mais un fait de base demeure inchangé : la Chine et les États-unis bénéficient toutes les deux de la coopération et perdent toutes les deux dans des affrontements. La coopération et le dialogue sont mieux que les frictions et les affrontements », a souligné le Président chinois.

S’adressant à Donald Trump devant les journalistes, il a ajouté « récemment, monsieur le Président, vous et moi avons eu une communication fermée via des appels téléphoniques et échanges de lettres. Aujourd’hui, je suis préparé à échanger des points de vue avec vous sur l’issue fondamentale que représente la croissance de la relation entre la Chine et les États-unis afin de déterminer la direction que prendra notre relation dans la période à venir pour une relation basée sur coordination, la coopération et la stabilité »

De son côté, le Président américain a déclaré « j’ai hâte de travailler avec vous car, comme vous le savez, nous avons eu une excellente rencontre ». Il a continué en disant « Je pense que nous sommes très proches, mais quelque chose s’est produit qui nous a un peu éloigné mais cela serait historique si nous pouvions avoir un accord Fair Trade. Nous sommes totalement ouvert à cette finalité, je sais que vous l’êtes également et tous vos représentants ont travaillé très dur avec nos représentants et je puis avancer que cette rencontre sera très productive ».


En échange d'une flexibilité sur Huawei, Trump a déclaré que la Chine avait accepté de gros achats de produits agricoles américains « presque immédiatement ». Mais il n'a révélé aucune précision et les responsables chinois n'ont pas confirmé l'offre. « Nous avons discuté de beaucoup de choses et nous sommes de retour sur la bonne voie », a déclaré Trump. « Nous allons voir ce qui se passe »

Selon l'agence officielle chinoise Xinhua, les négociations, qui avaient été brutalement interrompues en mai, vont reprendre et Washington a levé sa menace d'imposer de nouvelles taxes à l'importation, qui auraient frappé la totalité des plus de 500 milliards de dollars de biens chinois achetés chaque année par les Etats-Unis.

Mais les taxes déjà en vigueur, qui concernent près de la moitié des exportations chinoises vers les Etats-Unis, près de 250 milliards de dollars, ne sont pas levées pour autant. Et sur le fond, les différends concernant notamment la propriété intellectuelle ou les nouvelles technologies stratégiques n'ont pas été réglés.

En mai, Trump a signé un décret autorisant le gouvernement américain à bloquer les ventes des entreprises américaines à des entreprises étrangères considérées comme un risque pour la sécurité. On ne sait pas tout de suite quelles sont les mesures - ou le cas échéant - qui ont été prises pour lever la restriction sur les ventes à la société de technologie chinoise assiégée. Selon le Washington Post, Trump a déclaré à la presse qu'il rencontrerait des responsables américains dans le but d'alléger la pression sur Huawei, mais qu'ils n'avaient pas encore pris la décision formelle de les lever, tandis que le Wall Street Journal rapporte qu'il a indiqué que les deux pays ne vont pas évoquer les conditions entourant la levée de restrictions sur Huawei jusqu'à la fin des négociations.

Les fonctionnaires de la Maison Blanche ont clarifié les propos du président dimanche. Larry Kudlow, président du Conseil économique national, a déclaré dimanche à Fox News que le département du Commerce « accordera quelques licences supplémentaires là où il y a une disponibilité générale » des pièces nécessaires, et que « les préoccupations en matière de sécurité nationale resteront primordiales ».

Huawei est pris dans la plus grande guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Bien que les deux pays se soient mutuellement taxés, les responsables américains de la sécurité ont mis en garde sur la possibilité que la compagnie de télécommunications maintienne des liens avec le gouvernement chinois et que cela puisse représenter une menace pour la sécurité des États-Unis. L’ordre exécutif de Trump a provoqué des maux de tête immédiats pour Huawei: Google a retiré la licence Android de la société, les fabricants de puces ont cessé de fournir des pièces, Microsoft a cessé de vendre des ordinateurs portables Huawei et la société n’est pas autorisée à utiliser des cartes microSD dans ses appareils.


Huawei n'a pas tardé à réagir. l'équipementier chinois a encouragé les développeurs à rejoindre AppGallery, sa plateforme officielle de distribution d‘applications Android. Mais le chinois a également montré qu'il pouvait aller plus loin et a envisagé de lancer son propre système d'exploitation, qui est en développement depuis 2012 et pourrait s'appeler "Hongmeng” pour le marché chinois et “Oak” à l’extérieur de la Chine (c’est en tout cas un nom qu’a déposé Huawei auprès de Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) le 24 mai 2018). Des informations à ce sujets ont fusé et laissaient entendre que cette option est envisagée comme ultime recours si Android est définitivement supprimé en tant qu'option pour ses clients possédant un smartphone.

Le président Donald Trump a-t-il renoncé à imposer ses nouvelles taxes sous la pression des milieux d'affaires américains, qui y sont opposés car elles affaiblissent également l'économie américaine ? S'agit-il d'un véritable geste envers les Chinois ou d'une volte-face stratégique ? Quoi qu’il en soit, aucun calendrier pour la reprise des discussions n'a été communiqué. En effet, Trump n'a pas annoncé la date à laquelle son négociateur en chef, le représentant américain au Commerce, Robert E. Lighthizer, va rencontrer le vice-Premier ministre chinois Liu He, qui dirige l’équipe de négociation de Beijing. Le président n'a également fixé aucune nouvelle date butoir pour parvenir à un accord.

Les deux hommes répètent ainsi le scénario du dernier G20, en Argentine fin 2018. Ils avaient alors suspendu les hostilités pour quelques mois, afin de reprendre les négociations commerciales approfondies... lesquelles avaient cependant tourné court.

D'ailleurs, pour Ely Ratner, assistant de sécurité nationale du vice-président Joe Biden « Il s'agit d'une trêve temporaire ». Selon lui, « Ils ne sont pas en voie de résoudre les problèmes fondamentaux au centre du conflit ».

Les deux parties sont divisées sur la question de savoir si et comment rapidement supprimer les barrières commerciales qu’elles ont érigées au cours de l’année écoulée, ainsi que les dispositions visant à faire appliquer un accord et les détails de l’augmentation des commandes chinoises de produits agricoles, énergétiques et industriels américains. « Les deux parties ne font que gagner du temps », a déclaré Scott Kennedy, conseiller pour la Chine au Center for Strategic and International Studies. « Je ne vois pas cela comme une sorte d'avancée ».

Source : Washington Post, WSJ, Reuters

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ? Trêve temporaire et fortuite ou véritable avancée dans les échanges commerciaux entre la Chine et les USA ?
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Le 14/08/2019 à 8:18
Impôt : Trump retarde l'application des droits de douane sur certaines importations chinoises.
Cette mesure peut-elle apaiser la guerre commerciale américano-chinoise ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé hier le report de ses 10 % de droits de douane sur les importations chinoises, fixant ainsi les droits de douane sur les téléphones portables, ordinateurs portables et autres biens de consommation, dans le but d'atténuer leur impact sur les ventes des vacances.

Donald Trump, s’adressant aux journalistes, a déclaré que ce retardement visait en partie à éviter de perturber les clients américains pour Noël. « Nous le faisons pour la saison de Noël, au cas où certains des tarifs auraient un impact sur les clients américains », a déclaré Trump à des journalistes au New Jersey. « Juste au cas où ils pourraient avoir un impact sur les gens, ce que nous avons fait, c'est que nous l'avons retardé afin qu'ils ne soient pas pertinents pour la saison des achats de Noël ».


L'annonce faite par l'USTR a été publiée quelques minutes après que le ministère chinois du Commerce ait déclaré que le vice-premier ministre Liu He avait passé un appel téléphonique avec des responsables américains du commerce. Certains analystes ont déclaré que l’action de mardi ne signifiait pas que la guerre commerciale était terminée. Elena Duggar, directrice générale associée de l'agence de notation Moody's, a déclaré : « Cet apparent apaisement des tensions actuelles pourrait constituer un sursis temporaire ... Les relations entre les deux plus grandes économies du monde resteront controversées, ponctuées de mesures ponctuelles de compromis ».

L’incertitude entourant la guerre commerciale a pesé sur les marchés. Les actions américaines ont connu leur pire journée de l’année le 5 août, lorsque la Chine a laissé sa devise s’affaiblir, franchissant le seuil de 7 yuans pour un dollar et annonçant qu’elle mettrait fin aux importations de produits agricoles en provenance des États-Unis.

Les investisseurs technologiques ont bien accueilli l'annonce des exemptions, poussant l'indice des actions à puce à la hausse de 2,8 %. Les parts des détaillants et des industries ont également augmenté, avec General Electric en hausse de 4,4 %. À Wall Street, les trois principaux indices boursiers ont augmenté de plus de 2 % à un moment donné. Le Dow Jones et le S & P 500 ont progressé de 1,4 %, tandis que le Nasdaq, dominé par les technologies, a terminé en hausse de 1,9 %, mené par une hausse de 4 % pour Apple.

Au Royaume-Uni, les valeurs exposées au commerce mondial ont également augmenté, le mineur Glencore clôturant en hausse de 2,3 %. Les actions du principal marché Apple Inc. ont grimpé de 4,2 % après avoir appris que ses principaux produits pour iPhone, tablette et ordinateur portable seraient épargnés pour le moment. Le président Trump a annoncé le 1er août qu'il imposerait un droit de douane de 10 % sur 300 milliards de dollars de produits chinois, accusant la Chine de ne pas avoir honoré ses promesses d'acheter davantage de produits agricoles américains.

Il a aussi personnellement reproché au président chinois Xi Jinping de ne pas avoir fait plus pour freiner les ventes de fentanyl synthétique, un opioïde synthétique dans le contexte d'une crise de surdose d'opioïdes aux États-Unis. Mais dans un tweet, mardi, M. Trump a laissé entendre qu'il s'attendait à quelque chose en retour, suggérant que l'échec de la Chine à « acheter gros » aux agriculteurs américains pourrait être sur le point de changer.


L'agence de presse Xinhua a annoncé que les autorités chinoises avaient publié « une protestation solennelle » contre les sanctions prévues à compter du 1er septembre. M. Liu a convenu avec le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, de reprendre la parole par téléphone dans les deux prochaines semaines, a annoncé le ministère. Les deux parties devraient tenir une autre série de réunions à Washington en septembre, mais la détérioration des relations au cours des deux dernières semaines laisse planer un doute quant à la tenue ou non des négociations.

Le gouvernement Trump envisage toujours d’imposer des droits de douane de 10 % sur des milliers de produits alimentaires, de vêtements et autres produits électroniques grand public chinois à compter du 1er septembre. Parmi ceux-ci figurent des montres intelligentes de fabrication chinoise Apple et Fitbit, des haut-parleurs intelligents d'Amazon.com Inc. Google et Apple, ainsi que des écouteurs et autres appareils Bluetooth, catégorie estimée à 17,9 milliards de dollars US.

Les téléviseurs à écran plat en provenance de Chine, d’une valeur de 4,5 milliards de dollars, feront également l’objet d’une réduction de 10 % le 1er septembre, après avoir été épargnés par la première série des tarifs de Trump il y’a plus d’un an. Les animaux vivants, les produits laitiers, les skis, les balles de golf, les lentilles de contact, les piles au lithium ion et les souffleuses à neige recevront également des tarifs le 1er septembre.

Un représentant d'un groupe professionnel a déclaré que l'USTR les avait informés qu'il avait choisi de différer les droits de douane sur les articles pour lesquels la Chine fournissait plus de 75 % du total des importations américaines. Les catégories de produits pour lesquelles la Chine fournit moins de 75 % vont encore faire face à des tarifs le 1er septembre, a déclaré le représentant, qui a requis l'anonymat parce que l'information n'a pas été rendue publique. Selon les données du recensement américain, la Chine a fourni 82 % des téléphones cellulaires américains et 94,5 % des ordinateurs portables américains en 2018.


Dans une récente sortie, la Retail Industry Leaders Association a déclaré : « Le retrait de certains produits de la liste et le report de 10 % de droits de douane supplémentaires sur d’autres produits, tels que les jouets, les produits électroniques grand public, les vêtements et les chaussures, jusqu’au 15 décembre sont une bonne nouvelle, car cela atténuera certaines difficultés. Consommateurs tout au long de la saison des vacances ».

La Consumer Technology Association a applaudi le retard sur certains articles, mais a ajouté : « Le mois prochain, nous commencerons à payer davantage pour certains de nos appareils technologiques préférés y compris les téléviseurs, les haut-parleurs intelligents et les ordinateurs de bureau. L'administration devrait supprimer définitivement ces droits de douane néfastes et trouver un autre moyen de tenir la Chine pour responsable de ses pratiques commerciales déloyales ».


Source : Reuters, BBC News

Et vous ?

Donald Trump serait-il un bon président pour les Américains ou un bon président tout court ?

Préfériez-vous vous le président Trump au vote ?

Devrait-on placer des obstacles à l'économie chinoise ?

Voir aussi :

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Le 30/07/2019 à 18:18
Le chiffre d'affaires de Huawei est en hausse de 23 % au premier semestre de 2019
malgré la répression américaine

Huawei annonce aujourd’hui ses résultats du premier semestre de l’année 2019. Contrairement à ce que beaucoup de personnes pourraient croire, le chiffre d’affaires de l’entreprise chinoise n’a pas baissé ni stagné. Au contraire, Huawei a annoncé tôt ce matin que son chiffre d'affaires a progressé de 23,2 % au premier semestre de 2019, soit une accélération nettement supérieure à celle de l'année dernière (15 %). Cette hausse remarquable du chiffre d’affaires de l’entreprise intervient alors que Huawei est interdit de vente de smartphones et d’autres produits sur le marché américain depuis mai dernier.

Huawei a été mis sur liste noire par Washington depuis la moitié du mois de mai 2019, mais cela n’a pas empêché l’entreprise de réaliser de gros bénéfices et de renforcer sa position de leader sur le marché. L’entreprise, qui est un acteur non coté en bourse et dont les résultats trimestriels ont commencé à être publiés cette année, a annoncé un chiffre d'affaires de 401,3 milliards de yuans (58,28 milliards de dollars) au premier semestre, contre 325,7 milliards de yuans un an auparavant. Ce chiffre d'affaires de Huawei représente une croissance d’environ 23 % au premier semestre, contre 15 % à la même période de l'année dernière.

Selon les analystes, les fortes ventes de smartphones et les nouveaux contrats des opérateurs 5G sont en grande partie à l’origine de cette croissance. Elles ont permis de compenser l'impact de l'interdiction d'exportation qui menace de restreindre l'accès de Huawei à des composants et logiciels avancés américains, tels que Google Android. En effet, les données d’analyse ont révélé que Huawei a renforcé son avance sur le marché chinois des smartphones au deuxième trimestre, tandis que les ventes de smartphones à l'étranger ont légèrement diminué par rapport à l'année précédente.


« Les revenus ont augmenté rapidement jusqu'en mai », a déclaré le président de Huawei, Liang Hua, dans un communiqué ce matin. « Étant donné les bases que nous avons posées au premier semestre de l'année, nous continuons de voir une croissance même après notre ajout sur liste noire par Washington. Cela ne veut pas dire que nous n'avons pas de difficultés. Nous en avons, et elles pourraient affecter le rythme de notre croissance à court terme », a-t-il ajouté. Cette croissance infirme les déclarations faites aux journalistes par le fondateur et PDG de Huawei, Ren Zhengfei le mois dernier.

Selon lui, l'impact de la liste noire était pire que prévu. « Cela pourrait coûter à la société 30 milliards de dollars de revenus et les revenus de Huawei cette année et en 2020 pourraient rester à peu près identiques à ceux de 2018 », avait-il déclaré. Mais, vu la tournure des événements, cette croissance pourrait se répéter au cours des prochains semestres, voire augmenter. Selon le cabinet d’étude de marché Canalys, l’entreprise s’est assise sur le marché national avec 37,3 millions de smartphones livrés en Chine au cours du trimestre clos en juin. Il s’agit d’une hausse de 31 % par rapport à 2018.

Selon le communiqué de l’entreprise, les livraisons de smartphones de Huawei (y compris les téléphones Honor) ont atteint 118 millions d'unités, en hausse de 24 % en glissement annuel. La société a également constaté une croissance rapide de ses livraisons de tablettes, d’ordinateurs personnels et de dispositifs portables. Huawei commence à adapter son écosystème d'appareils pour offrir une expérience intelligente plus transparente dans tous les principaux scénarios d'utilisation. À ce jour, l'écosystème de Huawei Mobile Services compterait plus de 800 000 développeurs enregistrés et 500 millions d'utilisateurs dans le monde.


Selon Canalys, cela a permis à Huawei de voir sa part de marché progresser de plus de 10 % pour atteindre 38 % en Chine, alors même que tous les autres principaux fournisseurs ont perdu du terrain sur le plus grand marché de smartphones au monde. S’agit-il d’un soutien patriotique des Chinois ? Tout porte à le croire. « L’ajout à la liste a créé de l’incertitude à l’étranger, mais la société se concentre désormais sur son marché national, où elle a investi dans une expansion off-line agressive pour attirer les consommateurs avec un argumentaire patriotique », a déclaré Mo Jia, analyste chez Canalys.

De plus, des appels pour soutenir Huawei ont régulièrement fait surface sur les réseaux sociaux chinois. Bien que Huawei ait anticipé une telle décision du gouvernement US, celle-ci a été un coup dur qui, pour certains observateurs, pourrait avoir de graves conséquences pour le géant des télécoms, et pas seulement dans le domaine mobile. Mais en Chine, les utilisateurs semblent moins inquiets. Considérant Huawei comme une « fierté nationale », les internautes chinois ont apporté un soutien ferme à l'entreprise après le retrait de sa licence Android par Google et les autres restrictions annoncées par le gouvernement US.

Sur les réseaux sociaux chinois, nombreux sont ceux qui ont juré de ne pas abandonner l'entreprise alors que d'autres disent se préparer à rejoindre la grande famille d'utilisateurs d'appareils Huawei. La plupart des commentaires sur Weibo, le site chinois de microblogging, indiquent que les Chinois sont confiants que Huawei n'aura aucun problème à surmonter la sanction des USA. Ce qui est sans doute en train d’arriver quand on observe la marge de progression importante entre le chiffre d’affaires de l’entreprise au premier semestre de 2019 par rapport au premier semestre de l’année antérieur. De nombreux internautes ont déclaré qu'ils attendaient avec impatience le système d'exploitation Huawei.

Ces derniers ont fait savoir que l'une des conséquences potentielles de la guerre commerciale sino-américaine serait que tous les smartphones chinois basculent éventuellement vers un système d'exploitation chinois et utilisent des puces et des produits électroniques fabriqués en Chine. Si cela arrivait, Google (avec son système d’exploitation Android) et Intel et AMD (comme fabricants de puces pour smartphones) pourraient être sérieusement touchés, car le plus grand marché de smartphones dans le monde aurait basculé vers une solution locale. La part de marché de ces entreprises va donc chuter considérablement.

D’ailleurs, dans ce sens, la Chine prévoit un fonds de 47 milliards de dollars pour stimuler son industrie de semi-conducteurs et réduire le fossé technologique avec les USA. Selon la firme de recherche International Business Strategies Inc., près de 90 % des 190 milliards de dollars des puces utilisées en Chine sont importées ou produites en Chine par des entreprises étrangères. Avec la sanction des États-Unis contre ZTE, les dirigeants pensent que la Chine devrait davantage soutenir les efforts actuellement déployés pour améliorer la conception des puces domestiques. Cela pourrait essentiellement contribuer à réduire la dépendance des entreprises chinoises des fabricants de puces américains.

Kitty Fok, qui suit le secteur des smartphones en Chine au sein de la société de recherche IDC, a déclaré que les consommateurs avaient réagi au chahut de Huawei avec un sentiment prochinois, ce qui a permis de renforcer l'attrait déjà fort de la marque dans le pays. « Le produit lui-même est déjà bien reconnu et la guerre commerciale a aidé les gens à ressentir le besoin de soutenir Huawei. Le seul souci était de ne pas obtenir l'approvisionnement en composants, mais finalement, ils l'ont fait », a déclaré Fok. Résultat, les ventes de smartphones de Huawei au deuxième trimestre ont augmenté dans le pays, même si les expéditions chinoises de smartphones ont diminué.


De plus, selon Canalys, Oppo, Vivo, Xiaomi Corp et Apple Inc., les quatre principaux fournisseurs derrière Huawei, ont enregistré une baisse de leurs livraisons et de leur part de marché au cours du trimestre. « Il est clair que le marché international est désormais risqué, alors qu'en Chine, où l'écosystème Android est le plus mature, Huawei dispose d'un avantage certain en matière de canaux de vente et de revenus logiciels, en matière de négociation de prix », a déclaré Mo Jia, analyste chez Canalys.

Sources : Huawei, Canalys

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