Facebook se défend contre l'appel à la dissolution du cofondateur,
Selon la société, les défis ne s'évaporeront pas avec le démantèlement

Le , par Stan Adkens

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Les appels au démantèlement du plus grand réseau social du monde continuent et le dernier lancé le jeudi dernier venait de Chris Hughes, un Américain qui a cofondé Facebook en 2004 à Harvard avec Zuckerberg et Dustin Moskovitz. Hughes, qui a quitté Facebook en 2007, a écrit un éditorial dans le New York Times le jeudi appelant à la dissolution de l'entreprise, car selon lui, le PDG de Facebook « s'est concentré sur la croissance, ce qui l'a poussé à sacrifier la sécurité et la civilité au profit du clic ». Chris Hughes a demandé également que Zuckerberg soit tenu responsable des atteintes à la vie privée et autres manquements au sein de l'entreprise. Facebook n’a pas tardé à réagir le même jour dans un article, en répondant que sa taille n'est pas le vrai problème et que son démantèlement ne règlerait pas les défis auxquels M. Hughes a fait allusion dans son article d’opinion.

Facebook a rejeté l’appel du cofondateur par la voix de son vice-président des affaires mondiales et des communications, Nick Clegg, qui a rédigé un article jeudi, dans lequel il a reconnu que « les entreprises devraient être tenues responsables de leurs actes ». Toutefois, M. Clegg a affirmé dans son article que les entreprises de technologie comme Facebook ne devraient pas être celles qui traitent toutes les « questions sociales, politiques et éthiques importantes » pour l’Internet.


Dans son éditorial su New York Times, Chris Hughes a déclaré que « Cela fait 15 ans que j'ai cofondé Facebook à Harvard et je n’ai plus travaillé pour la société depuis une décennie. Mais je ressens un sentiment de colère et de responsabilité ». Pour lui, le problème avec Facebook va même bien au-delà du simple problème relatif à l’économie. Il a avancé que les algorithmes des fils d’actualité dictent le contenu que des millions de personnes voient chaque jour, ses règles de contenu définissent ce qui constitue un discours de haine, et il n’existe aucun contrôle démocratique de ces processus. La propriété de Zuckerberg sur la majorité des actions de Facebook signifie qu’il n’y a aucun contrôle interne sur son pouvoir, et qu’aucune agence gouvernementale ne se consacre à la supervision d’une entreprise comme Facebook.

Il a écrit également que « L’influence de Mark est stupéfiante, bien au-delà de toute autre personne du secteur privé ou du gouvernement. Il contrôle trois plateformes de communication principales - Facebook, Instagram et WhatsApp - utilisées par des milliards de personnes chaque jour ». Pour lui, la Federal Trade Commission devrait annuler l'acquisition de WhatsApp et Instagram par Facebook afin de créer une concurrence accrue sur les marchés des médias sociaux et de la messagerie.

Certains politiciens ont fait des sorties pour manifester leur soutien à Hughes. C'est le cas de la sénatrice Elizabeth Warren, une démocrate du Massachusetts et également candidate à la présidence 2020 aux Eatats-Unis, qui a tweeté : « Chris Hughes a raison. Les grandes entreprises technologiques d'aujourd'hui ont trop de pouvoir sur notre économie, notre société et notre démocratie. Elles ont détruit la concurrence, ont utilisé nos informations privées à des fins lucratives, ont nui aux petites entreprises et ont freiné l'innovation ».

Pour rappel, la sénatrice Warren a dévoilé un plan de démantèlement de Facebook, Amazon.com Inc et Google d'Alphabet Inc et a promis de le mettre en exécution si elle était élue présidente des Etats-Unis à l’issue des élections 2020. Le plan de la sénatrice viserait à mettre fin à certaines des fusions les plus médiatisées de l'industrie, comme les combinaisons d'Amazon et Whole Foods, de Google et DoubleClick, ainsi que l'acquisition par Facebook d'Instagram et de WhatsApp. Tel est également le souhait de M. Hughes.

Mais selon Nick Clegg, démanteler Facebook, comme le demande Hughes, ne serait pas la bonne façon de procéder. « Les défis auxquels il fait allusion, écrit Clegg, y compris l'ingérence électorale et les mesures de protection de la vie privée, ne s'évaporeront pas en démantelant Facebook ou toute autre grande entreprise technologique ». M. Clegg a poursuivi en réitérant bon nombre des points de discussion habituels de Facebook : que l’entreprise a été un tremplin positif pour le monde en connectant tout le monde, en permettant aux entreprises de prospérer et aux gens de recueillir beaucoup d'argent pour des causes importantes dans le monde entier.

Le réseau social de Facebook compte plus de 2 milliards d'utilisateurs. Elle possède également WhatsApp, Messenger et Instagram, utilisés chacun par plus d'un milliard de personnes. Cette grande taille est depuis longtemps reprochée à Facebook par des politiciens, les régulateurs et les organisations de protection de vie privée. Chris Hughes a écrit à ce propos :

« Nous sommes une nation avec une tradition de contrôle des monopoles, aussi bien intentionnés que soient les dirigeants de ces entreprises. Le pouvoir de Mark est sans précédent et anti-américain ». Selon M. Hughes, « Le gouvernement doit tenir Mark responsable. Pendant trop longtemps, les législateurs se sont émerveillés de la croissance explosive de Facebook et ont négligé leur responsabilité de veiller à ce que les Américains soient protégés et à ce que les marchés soient concurrentiels ».

Nick Clegg a répondu en disant que « Facebook accepte que le succès s'accompagne de la responsabilité. Mais ce n'est pas en appelant au démantèlement d'une entreprise américaine prospère que l'on fait respecter l'obligation de rendre des comptes ». « La responsabilité des entreprises de technologie ne peut être obtenue que par l'introduction minutieuse de nouvelles règles pour l'Internet. C'est exactement ce que Mark Zuckerberg a demandé », a-t-il ajouté.

Zuckerberg a également répondu à l'éditorial pendant son séjour en France, en disant que « ma principale réaction a été que ce que [Hughes] propose que nous fassions ne va rien faire pour aider à résoudre ces problèmes ».


En effet, le PDG de Facebook a eu une réunion à Paris le vendredi dernier avec le président Emmanuel Macron pour parler de la régulation de l’Internet et notamment des réseaux sociaux. À la sortie de l’Élysée, le PDG de Facebook s'est dit « optimiste quant à la législation » que les pouvoirs publics français envisagent sur les réseaux sociaux. Il a déclaré aux journalistes que « J'ai bon espoir qu'elle pourra devenir un modèle » utilisé « dans l'Union européenne ». La France prépare une législation qui obligera les médias sociaux à supprimer plus vite de leur plateforme les insultes, le harcèlement, les propos sexistes, racistes, homophobes, antisémites, antimusulmans, haineux, injurieux.

Hughes dans son article d’opinion a affirmé qu'aucun nouveau réseau social n'a été lancé depuis 2011 et que 84 % des dépenses en publicités sur les médias sociaux vont directement à Facebook. Clegg a rejeté cet argument et a soutenu dans son article que Facebook n'est pas un monopole, en affirmant que ses revenus ne représentent que 20 % du marché publicitaire. De plus, Hughes ne comprend pas bien la loi antitrust, et ces lois sont désuètes et ne seraient pas efficaces de toute façon, a-t-il ajouté.

A propos de la taille de Facebook que Hughes critique essentiellement, Clegg a ajouté encore une fois qu’elle ne constituait pas vraiment un problème. Selon lui, c’est cette taille et cette échelle qui ont permis à Facebook d'innover et d'atteindre des milliards de personnes. Pour Clegg, éliminer le terrorisme et les contenus haineux, désamorcer les efforts des gouvernements étrangers qui tentent d'interférer dans les élections et protéger les données des utilisateurs, « Ce serait pratiquement impossible pour une petite entreprise », a-t-il écrit.

Toutefois, aucun de ces problèmes ne serait possible avec des entreprises de petite ou moyenne taille qui se livrent à une saine concurrence. Et par ailleurs, tous les problèmes que Facebook tente difficilement de résoudre sont exacerbés par l'incroyable portée de Facebook dans le monde. Aussi peut-être que les défis auxquels font face les médias sociaux, y compris la haine sur Internet, ne s'évaporeront pas avec le démantèlement des géants du numérique, mais ils seront peut-être un peu plus faciles à gérer avec une empreinte plus petite.

L'attentat de mars à Christchurch en Nouvelle-Zélande a occasionné la mort d’une cinquantaine de personnes et les vidéos de la fusillade se sont rapidement répandues sur Internet grâce à la taille, à l’échelle et aux pratiques algorithmiques des géants des médias sociaux.

Source : Reuters

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Des politiciens se rallient derrière l'appel à la dissolution de Facebook lancé par son co-fondateur, le dénommé Chris Hughes

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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/05/2019 à 20:19
Pour Mark Zuckerberg, il n'est pas question d'envisager le démantèlement de Facebook,
le PDG penche plutôt pour une « régulation d’internet »

Après la succession de scandales dont le point de départ était Cambridge Analytica, de nombreuses voix se sont levées pour militer en faveur du démantèlement du numéro un des réseaux sociaux.

Parmi elles, nous pouvons citer Chris Hughes, qui a aidé Mark Zuckerberg à lancer Facebook de son dortoir à Harvard il y a 15 ans. Ce dernier a déclaré que la Federal Trade Commission devrait annuler l'acquisition de WhatsApp et Instagram par Facebook afin de créer une concurrence accrue sur les marchés des médias sociaux et de la messagerie.

« L’influence de Mark est stupéfiante, bien au-delà de toute autre personne du secteur privé ou du gouvernement. Il contrôle trois plateformes de communication principales - Facebook, Instagram et WhatsApp - utilisées par des milliards de personnes chaque jour », avance le co-fondateur de Facebook. « Le conseil d’administration de Facebook fonctionne plus comme un comité consultatif que comme un superviseur, car Mark contrôle environ 60% des actions avec droit de vote. Mark seul peut décider comment configurer les algorithmes de Facebook pour déterminer ce que les gens voient dans leurs fils d’actualités, quels paramètres de confidentialité ils peuvent utiliser et même quels messages sont livrés. Il définit les règles permettant de distinguer les discours violents et incendiaires des discours simplement offensants, et il peut choisir de bloquer un concurrent en l'acquérant, en le bloquant ou en le copiant ».

Des politiciens, parmi lesquels la sénatrice Elizabeth Warren, ont également fait valoir qu’ils étaient en faveur de ce démantèlement. Dans un tweet, elle a déclaré : « Chris Hughes a raison. Les grandes entreprises technologiques d'aujourd'hui ont trop de pouvoir sur notre économie, notre société et notre démocratie. Elles ont détruit la concurrence, ont utilisé nos informations privées à des fins lucratives, ont nui aux petites entreprises et ont freiné l'innovation ».


Le démantèlement est-il une solution ? Non, d’après Facebook

Bien entendu l’idée de démantèlement était loin de faire l’unanimité. Nous pouvons évoquer par exemple Kevin Systrom et Mike Krieger, les co-fondateurs d’Instagram, qui ont quitté Facebook l’automne dernier, et ont soutenu que le démantèlement de Facebook n’est pas une solution :

« Nous vivons à une époque où la colère contre les grandes technologies a été multipliée par dix », a déclaré Systrom, l'ancien PDG d'Instagram. « Maintenant, que ce soit parce que les prix de l'immobilier dans votre quartier ont augmenté, ou parce que vous n'aimez pas l'ingérence de la Russie lors des élections, peu importe, il existe une longue liste de raisons pour lesquelles les gens sont en colère contre la technologie. Je pense que certaines sont bien fondées. Mais cela ne veut pas dire que la solution est de démanteler toutes les entreprises ».


Kevin Systrom, cofondateur d'Instagram

Après une première réaction du vice-président des affaires mondiales et des communications, Nick Clegg, le PDG de Facebook a rejeté à son tour toute idée de démantèlement du groupe car cela « ne règlerait pas les problèmes » liés aux contenus ou à la vie privée, contre lesquels il dit lutter ardemment. Pour illustrer son propos, il a sorti des chiffres : Facebook a supprimé plus de 2 milliards de faux comptes en trois mois.

Zuckerberg penche plutôt pour une « régulation d’internet »

Le groupe a dit avoir désactivé immédiatement, c'est-à-dire avant même qu'ils ne deviennent actifs, 1,2 milliard de comptes au dernier trimestre 2018 et 2,2 milliards sur les trois premiers mois de 2019. Cette hausse est « due aux attaques automatisées d'acteurs malveillants (cherchant à) créer de larges volumes de comptes en même temps ».

Selon Facebook, ces comptes-là sont faciles à repérer par ses systèmes automatisés et il parvient à presque tous les supprimer avant qu'ils ne créent de «tort». Il peut s'agir de comptes destinés à envoyer des courriers indésirables par exemple.

Toutefois, le réseau social estime que 5% des comptes actuellement comptabilisés comme actifs sur la plateforme sont «faux» - c'est-à-dire par exemple qu'ils ne représentent pas une vraie personne ou une organisation - sur un total de quelque 2,4 milliards d'usagers mensuels actifs.

Plus difficiles à repérer, ils peuvent servir à relayer des campagnes de désinformation à des fins de manipulation politique, l'un des sujets qui empoisonnent Facebook. Le groupe annonce régulièrement des vagues de suppressions de comptes actifs jugés « inauthentiques ».

Oter les « contenus nocifs », « empêcher les ingérences dans les élections, nous assurer que nous avons les bons outils de confidentialité », entre autres, sont « selon moi, les sujets de société les plus importants à l'heure actuelle » et « je ne pense vraiment pas que (...) démanteler l'entreprise va les régler », a déclaré Mark Zuckerberg.

S’il ne croit pas au démantèlement de son entreprise, Mark Zuckerberg a déclaré être favorable « à une régulation d'internet » : « Je ne pense pas que les entreprises doivent prendre seules toutes les décisions sur ce qu'on peut voir ou non sur internet ».

Source : AFP

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