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Poutine signe la loi Runet qui permet de couper l'internet russe du reste du monde
Elle entrera en vigueur en novembre

Le , par Stéphane le calme

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16  0 
En février, nous avons évoqué le test russe de déconnexion planifié qui consisterait à vérifier que la transmission des données entre les citoyens russes et les organisations russes reste à l'intérieur du pays plutôt que d'être acheminée à l'étranger. Il a été prévu par les autorités russes et les principaux fournisseurs d'accès à Internet. D’ailleurs, l’agence de presse russe RosBiznesKonsalting (RBK) avait rapporté que les différents acteurs seraient d’accord pour déconnecter brièvement le pays d'Internet afin de recueillir des informations et de fournir des commentaires et des modifications à un projet de loi présenté au Parlement russe en décembre 2018.

L'année dernière, le Parlement russe a été saisi d'une loi imposant aux fournisseurs d'accès à Internet russes d'assurer l'indépendance de l'espace Internet russe (Runet), de sorte à pouvoir déconnecter le pays du reste de l'Internet en cas d'agression étrangère. Dans le cadre de ces changements techniques majeurs, les entreprises russes de télécommunications devraient également mettre en place des « moyens techniques » pour réacheminer tout le trafic Internet russe vers des points d'échange approuvés ou gérés par Roskomnazor, l'organisme russe de surveillance des télécommunications. Il incombe à cet organisme, la charge d’inspecter le trafic afin de bloquer les contenus interdits et s'assurera que le trafic entre les utilisateurs russes reste à l'intérieur du pays, et qu’il n’est pas dirigé vers des serveurs à l'étranger, où il pourrait être intercepté.

En décembre 2018, les sénateurs Andrei Klishas et Lyudmila Bokova, ainsi que le député Andrei Lugovoi, ont soumis à la Douma, la Chambre basse du Parlement de la Fédération de Russie, un projet de loi visant à créer des mesures de protection pour l’Internet en Russie. La Russie, à l’instar de l'Iran et la Corée du Nord, est accusée d'attaques de pirates informatiques, et les pays de l'OTAN ont annoncé à plusieurs reprises qu'ils réfléchissaient à une réponse plus ferme aux cyberattaques, dont la Russie est constamment accusée de se livrer.


À l’inverse de son partenaire chinois, la Russie ne dispose pas encore d’un système centralisé qui permettrait de contrôler/verrouiller Internet facilement en cas de nécessité. Cette situation pourrait bientôt changer grâce à un projet de loi, baptisé « Internet Souverain », soutenu par Poutine qui permettrait à Moscou de se doter d’un poste de commandement unique à partir duquel les autorités pourraient gérer les flux d’informations dans le cyberespace russe (alias Runet), cela inclut la surveillance, la limitation ou le blocage de ces flux sur toute ou partie de l’étendue du cyberespace russe.

Le président de la Russie a présenté cette initiative comme une réponse défensive à la nouvelle cyberstratégie de l’administration Trump, qui permet des mesures offensives contre la Russie et d’autres adversaires désignés. L’objectif ultime, selon Poutine, serait de faire en sorte que le Runet continue de fonctionner même si des gouvernements étrangers tentaient d’isoler numériquement la Russie, en particulier comme les États-Unis. Ce dernier prend en effet la question de la souveraineté russe sur son cyberespace très au sérieux et n’exclut pas un scénario catastrophe dans lequel les États-Unis, probablement vus par Moscou comme l’administrateur en chef de l’Internet mondial, décideraient de déconnecter son pays du Web.

Poutine promulgue la loi donnant à l’internet russe une souveraineté

Le vote de la loi controversée par les députés russes a eu lieu en deuxième lecture le 11 avril 2019. Elle a fait l’objet d’adoption à 320 voix pour et 15 contre. Il restait alors un passage en troisième lecture puis la formalité de la Chambre haute avant la promulgation par Vladimir Poutine. Ces étapes validées, Vladimir Poutine a donc pu promulguer la loi sur un internet russe souverain.

Début mars, le président russe en avait souligné l’importance capitale en déclarant : « Ils sont assis là, c’est leur invention, et tout le monde écoute, voit et lit ce que vous dites », avant d’ajouter : « plus nous aurons de souveraineté, y compris dans le domaine numérique, mieux ce sera. »

Vladimir Poutine a présenté cette initiative comme une réponse défensive à la nouvelle cyberstratégie de l’administration Trump. En effet, il ne faut pas perdre de vue qu’à mi-parcours du mois d’août de l’année précédente, le président américain a signé un décret qui assouplit des contraintes quant à la possibilité pour les États-Unis de déployer des armes cybernétiques contre des adversaires dans le monde. Un responsable de l’administration Trump avait décrit lesdites mesures comme un « pas offensif » destiné à soutenir les opérations militaires des USA, à dissuader l'influence électorale étrangère et à contrecarrer le vol de propriété intellectuelle en faisant face à de telles menaces avec une réponse plus énergique.

« Si nous voyons que d'autres ont les capacités techniques pour mener des attaques sur l'Internet russe, nous devons avoir les capacités techniques pour résister à ces attaques », rapporte la Deutsche Welle des propos d’Andrei Klishas – l’un des auteurs du projet de loi. « Nous ne doutons pas que les Etats-Unis soient techniquement capables d'éteindre Internet là où ils le jugent nécessaire », souligne à nouveau le média allemand des propos du membre du Conseil de la Fédération russe.

En parallèle à la mise sur pieds de textes, les autorités russes évoluent sur le terrain. À mi-parcours du mois de février, elles ont lancé un test de déconnexion d’Internet en vue de s’assurer que les données transmises entre citoyens et organisations restent à l'intérieur du pays plutôt que d'être acheminées à l'étranger. Maintenir les données russes sur le sol russe : il s’agit là de l’une des idées de base derrière le projet de loi, mais des groupes de défense des droits préviennent que la manœuvre du gouvernement russe vise beaucoup plus les critiques du Kremlin que des adversaires internationaux.


Une loi qui n’est pas très populaire

La loi souveraine «Runet», qui a été introduite en décembre, n’est pas populaire. Un sondage effectué il y a quelques jours a révélé que seulement 23% des Russes se sont montré en faveur du projet de loi.

Mais elle doit maintenant entrer en vigueur en novembre, les opérateurs de télécoms étant obligés de respecter ses termes dès le début de 2021.

L'objectif déclaré de la loi est de maintenir la stabilité de l'internet russe et des services qui le gèrent, au cas où des agresseurs étrangers tentent de le couper de l'ensemble du globe. Il faut quand même préciser que cette action (couper l’accès internet d’un pays de l’extérieur) n’a officiellement jamais été intentée contre un pays, certains estiment d’ailleurs qu’elle reste hautement improbable.

À cette fin, la Russie devra créer son propre système de noms de domaine (DNS) et les fournisseurs de services Internet devront installer un équipement spécial, fourni et payé par l'État à un coût déclaré de 20,8 milliards de roubles (280 millions d’euros).

Cet équipement permet à l'autorité de régulation des communications, Roskomnadzor, de diriger le trafic via les points d'échange russes uniquement, à des moments où la Runet est considérée comme menacée.

Cette approche centralisée offrira également à Roskomnadzor un moyen plus facile de bloquer les contenus indésirables, plutôt que de devoir obliger les fournisseurs de services Internet à se conformer à sa liste noire sans cesse croissante. En effet, selon un rapport de l'agence de presse TASS, les fournisseurs de services Internet utilisant les équipements de Roskomnadzor ne seront plus tenus de bloquer les contenus interdits, car cette tâche sera confiée à l'autorité de réglementation.

Encore une fois, cependant, l’idée est que Roskomnadzor n’assume cette tâche que lorsque le Runet est menacé. Les FAI pourront également demander à éviter de diriger certains trafics à travers le matériel de Roskomnadzor. Un cabinet de ministres va apparemment déterminer dans quels cas cela serait acceptable.

Source : US News

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Un projet liberticide pour la population ou au contraire un projet d’émancipation par rapport à la toute puissance des USA et de la NSA sur le Web mondial ?
D'autres pays sont-ils susceptibles de lui emboîter le pas ?

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Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 05/04/2021 à 14:55
La Russie envisage de bloquer l'accès aux réseaux sociaux qui sont discriminatoires à l'égard des médias d'État,
elle prolonge jusqu'au 15 mai le ralentissement punitif imposé à Twitter

Depuis une décennie, le Kremlin cherche à contrôler l'information en ligne en censurant ou en supprimant des contenus et en bloquant complètement l'accès à Internet. Cette fois, les autorités russes s'attaquent de manière agressive aux plateformes de réseaux sociaux qui sont dominées par des entreprises américaines. Le mois dernier, les utilisateurs ont constaté que le chargement des photos et des vidéos sur Twitter était plus lent que d'habitude en Russie. Cependant, il ne s'agissait pas d'une défaillance du réseau ou d'une erreur de serveur, mais d'une action délibérée du régulateur d’Internet russe, Roskomnadzor, visant à limiter le trafic vers Twitter.

L’autorité de régulation russe a resserré la plateforme américaine en représailles à ce qu'elle a décrit comme un échec dans la suppression de milliers de posts qui « encouragent le suicide des mineurs et contiennent de la pornographie enfantine ainsi que des informations sur la consommation de drogues ». Cette mesure est intervenue après que les autorités russes eurent accusé Twitter et d'autres réseaux sociaux en janvier de ne pas avoir supprimé des messages incitant les enfants à participer à des manifestations antigouvernementales.


En janvier et février, la Fondation anticorruption de Russie a organisé des manifestations dans des dizaines de villes, et présentées en direct sur Facebook et sur le réseau social russe VKontakte, pour protester contre l'arrestation de son chef, Alexeï Navalny. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans plus de 100 villes du pays pour demander la libération de cette figure de l'opposition. Une enquête sur YouTube concernant une présumée corruption du président Vladimir Poutine a été vue des dizaines de millions de fois. Navalny a été condamné le 2 février à deux ans et huit mois de prison pour avoir violé sa liberté conditionnelle dans le cadre d'une affaire de détournement de fonds remontant à 2014 et fabriquée de toutes pièces, selon lui.

En décembre, le gouvernement russe a adopté une loi visant à augmenter les amendes infligées aux plateformes en ligne et aux fournisseurs d'accès à Internet qui ne retirent pas les contenus appelant à des activités extrémistes, les informations sur les drogues récréatives et les abus sexuels sur les enfants. Avec cette loi, les entreprises peuvent désormais se voir infliger des amendes représentant entre 10 et 20 % de leur chiffre d'affaires annuel en Russie. Une loi adoptée le même mois a donné à Roskomnadzor le pouvoir de restreindre ou de bloquer totalement les sites Web qui, selon les autorités, sont discriminatoires à l'égard des médias d'État russes.

En réponse à ce ralentissement, Twitter a déclaré qu'elle ne soutenait aucun « comportement illégal » et qu'elle était « profondément préoccupée » par les tentatives du régulateur de bloquer la conversation publique en ligne. Mais le 16 mars, Roskomnadzor a lancé un nouvel avertissement : si Twitter refuse de se conformer à ses demandes de suppression dans un délai d'un mois, le régulateur envisagera de bloquer purement et simplement l'accès au réseau social en Russie. Roskomnadzor, un organe exécutif fédéral fondé en 2008, chargé de veiller à ce que les médias et les communications respectent les lois russes et d'adresser des avertissements aux sources médiatiques qui enfreignent ces lois.

Dans un communiqué publié lundi, l'organisme public de surveillance des communications a déclaré que Twitter avait eu des discussions avec les autorités russes le 1er avril, qui ont abouti à un accord entre les deux parties. L’organisme russe a déclaré qu'elle prolongerait jusqu'au 15 mai le ralentissement punitif imposé à Twitter, tout en reconnaissant que la société américaine avait accéléré la suppression des contenus interdits. Twitter a confirmé les discussions avec la Russie. « Il s'agissait d'une discussion productive sur la façon dont nous pouvons tous deux travailler pour garantir que les rapports sur ces contenus illégaux soient traités rapidement », a également déclaré Twitter dans un communiqué.

Les vastes rassemblements antigouvernementaux du début de l'année semblent avoir franchi la ligne rouge pour Poutine. Ces derniers mois, le président a déclaré que les entreprises technologiques « font concurrence aux États » et que « la société s'effondrera de l'intérieur » si Internet ne respecte pas les règles juridiques et les lois morales de la société.


Alors que le gouvernement a intensifié ses efforts pour contrôler ce à quoi les citoyens peuvent accéder en ligne, il a également plusieurs projets en cours de réalisation qui, selon les experts, font partie d'une stratégie visant à évincer complètement les entreprises technologiques étrangères du marché russe. Depuis le 1er avril, le Roskomnadzor exige que les entreprises technologiques qui vendent des smartphones en Russie invitent les utilisateurs à télécharger des applications approuvées par le gouvernement, notamment des moteurs de recherche, des cartes et des systèmes de paiement.

Pour les militants, cette année ressemble à une répétition de l'histoire. Depuis le début des manifestations de masse contre la fraude électorale organisées par des figures de l'opposition, à l'aide de Facebook et de VKontakte, il y a dix ans, le gouvernement de Poutine a mis au point un ensemble d'outils juridiques et technologiques pour réglementer l'information en ligne, en introduisant des filtres de contenu, des listes de blocage et en imposant des amendes, voire des peines de prison, pour ce qui est publié en ligne.

En 2012, la Russie a commencé à dresser des listes noires et à forcer le retrait de certains sites web, notamment ceux qui donnent des détails sur la façon de se suicider. En 2014, une loi a permis à Roskomnadzor de bloquer l'accès aux médias qui appellent à des émeutes de masse, à des activités extrémistes ou à la participation à des événements publics de masse. Les critiques du gouvernement ont été ciblées ; le blog Live Journal de Navalny, qui publiait des enquêtes sur la corruption dans la politique russe, et d'autres sites d'opposition politique ont été bloqués (Roskomnadzor a déclaré qu'ils étaient interdits pour avoir appelé les gens à participer illégalement à des événements de masse).

Plus récemment, la Russie a initié des coupures de réseaux régionaux. En octobre 2018, le gouvernement russe a coupé le service de données mobiles dans la région d'Ingouchie, dans le sud-ouest de la Russie, lors des manifestations politiques. La première coupure d'Internet de ce type dans le pays. En août 2019, le gouvernement a bloqué Internet pendant des manifestations à Moscou, dans ce que la société de protection d'Internet, un groupe de défense des droits numériques, a déclaré être la première coupure de ce type imposée par l'État dans la capitale.

Puis, en novembre 2019, le Kremlin a entrepris la démarche la plus controversée à ce jour pour contrôler l'infrastructure Internet du pays avec la loi dite sovereign Internet ou Internet souverain. Une série d'amendements aux lois existantes a théoriquement permis aux autorités russes d'isoler le RuNet, une sorte d'intranet national destiné à garantir le fonctionnement de l'infrastructure technologique (en particulier les télécommunications et le système financier) au cas où quelque chose d'« extraordinaire » se produirait. Il permet aux autorités russes de contrôler les flux de données entrant et sortant du pays.


Dans une note explicative sur la nouvelle loi, le corps législatif russe a déclaré qu'elle avait été créée à la lumière de la « nature agressive de la stratégie nationale de cybersécurité des États-Unis », dans laquelle les États-Unis menacent de punir des pays comme la Russie, la Chine, l'Iran et la Corée du Nord s'ils utilisent des outils cybernétiques pour « dégrader » leur économie et leur démocratie, et voler leur propriété intellectuelle. Le législateur russe a affirmé que la Russie devait prendre « des mesures de protection pour assurer le fonctionnement stable et à long terme d’Internet en Russie, et pour accroître la fiabilité des ressources Internet russes ».

La loi sur l’Internet souverain exige des fournisseurs d'accès à Internet (FAI) qu'ils installent des équipements d'inspection approfondie de paquets, qui ont été utilisés par certains pays, comme la Chine, pour la censure. L'équipement d'inspection approfondie des paquets permet à la Russie de contourner les fournisseurs, de bloquer automatiquement le contenu interdit par le gouvernement et de réacheminer le trafic internet.

Selon Alena Epifanova, chercheuse au Conseil allemand des relations étrangères, les principaux fournisseurs d'accès Internet russes ont désormais installé des équipements d'inspection approfondie de paquets. Mais personne ne sait si et quand la Russie sera en mesure de couper son Internet du web mondial. Selon certains analystes, la Russie n'a pas encore la capacité technologique de créer un Grand Pare-feu à la Chinoise. Contrairement à la Chine, qui a très tôt placé les fournisseurs d'accès à Internet sous le contrôle de l'État, la Russie est profondément intégrée au réseau mondial et bénéficie d'un Internet largement libre depuis des décennies.

Le gouvernement russe tente de contrôler les informations provenant de Russie, il a essayé de limiter ce qui est accessible en Russie depuis l'étranger. Il a également exigé aux moteurs de recherche, dont Google, de supprimer certains résultats et aux réseaux sociaux de stocker les données de leurs utilisateurs sur des serveurs situés en Russie. Roskomnadzor a infligé à Google une amende de 41 000 dollars pour ne pas avoir supprimé les contenus interdits par les autorités en 2020. Roskomnadzor a bloqué LinkedIn en 2016 et a infligé à Twitter et Facebook une amende de 53 000 dollars en 2020 pour ne pas avoir stocké les données des utilisateurs en Russie.

YouTube, où Navalny et son groupe postent la plupart de leurs vidéos d'investigation, a refusé d'obtempérer. Résultat des courses, la Russie a fait monter les enchères. Après que Roskomnadzor a menacé de poursuivre les sites de réseaux sociaux pour avoir encouragé les mineurs à rejoindre les manifestations de janvier, le régulateur a déclaré que TikTok avait supprimé 38 % de son contenu, tandis que YouTube et le site de réseaux sociaux russe VKontakte en ont supprimé la moitié. Twitter, Google et Facebook font chacun l'objet de trois procédures en justice. Pour chaque violation, ils risquent une amende pouvant aller jusqu'à 54000 dollars. Des poursuites ont également été engagées contre TikTok et Telegram.


Les autorités s'efforcent désormais non seulement de réduire l'influence des entreprises technologiques étrangères, mais aussi de les obliger à promouvoir les services russes, comme le montre la nouvelle réglementation imposant l'installation d'applications approuvées par le gouvernement sur tous les nouveaux smartphones. Apple a donné son accord et c'est la première fois que la société offrira aux utilisateurs la possibilité d'installer des logiciels extérieurs sur ses appareils au moment de la configuration.

Bien que certains estiment que l'idée derrière ce projet est de décourager les Russes dans l’utilisation des réseaux sociaux étrangers tels que TikTok, Tretyak, du groupe de défense des droits numériques Roskomsvoboda, estime qu'il s'agit d'une politique raisonnable visant à protéger les applications russes qui sont déjà utilisées par la majorité des Russes. Un Wikipedia russe devrait être lancé en 2023 afin que les Russes aient accès à des informations mieux contrôlées sur leur pays.

L'ancien président russe Dmitri Medvedev avait déclaré en début février que la Russie était « prête » à se déconnecter de l'Internet mondial si nécessaire. Mais bien que le pays ait cette capacité, Medvedev, qui est actuellement vice-président du Conseil de sécurité russe, dit qu'il ne voit aucune raison à cela, et que ce serait une « épée à double tranchant ». La déclaration avait été faite à Interfax, une agence de presse privée russe située à Moscou. La Russie est « légalement et technologiquement » prête à se déconnecter de l'Internet mondial si nécessaire, a déclaré l'ancien président. Le pays aurait également développé la capacité de se déconnecter du système mondial de paiements SWIFT.

Comme contre-mesure, les citoyens ordinaires cherchent de plus en plus à échapper aux contrôles de l'État sur Internet. Roskomsvoboda et le Centre de protection de l'Internet, basés à Moscou, font partie des groupes et des militants des droits numériques qui consacrent des ressources à aider les Russes à contourner les nouvelles restrictions. Le site web de Roskomsvoboda propose une liste de toutes les ressources en ligne bloquées en Russie, des instructions sur la manière de contourner les interdictions en ligne et des informations sur la réglementation de l'Internet dans le pays.

Le groupe tient également une liste publique de réseaux privés virtuels (VPN) fiables, qui permettent aux utilisateurs d'accéder aux sites web bloqués. Toutefois, le gouvernement a également exigé de certains fournisseurs populaires qu'ils bloquent l'accès aux sites figurant sur la liste noire. Vladislav Zdolnikov, un spécialiste en informatique, gère une chaîne Telegram qui explique les dernières évolutions de la réglementation russe de l'Internet et recommande des outils de contournement.

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi :

La Russie est « prête » à se déconnecter de l'Internet mondial, selon l'ex-président Medvedev, même s'il n'y a pour l'instant aucune raison de le faire

La Russie teste avec succès son Internet souverain, une alternative nationale à l'Internet mondial, d'après une annonce de son gouvernement

La Russie prévoit d'infliger des amendes pour les citoyens qui utiliseront l'internet StarLink d'Elon Musk ; la Russie planifie son propre Internet à partir du plan spatial, appelé "Sphère"

Poutine signe la loi Runet qui permet de couper l'internet russe du reste du monde, elle entrera en vigueur en novembre

La Russie va se déconnecter d'Internet dans le cadre d'un test planifié, en vue des préparatifs contre une éventuelle guerre cybernétique
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Avatar de Ecasla
Membre actif https://www.developpez.com
Le 07/03/2022 à 10:58
Citation Envoyé par Jules34 Voir le message
Alors j'ai un avis un peu spécial. Comme je sens qu'il intéresse tout le monde je le laisse ici:

Les Russes et les Chinois c'est sûrement pas des cools, faut pas broncher trop fort dans ces pays la c'est clair. C'est pas la panacée des droits de l'homme.

Mais est ce que chez nous c'est si mieux que ça ? On est très clairement libre d'être con chez nous. Mais quand on aime le service public, la justice qui fonctionne, la démocratie efficace et le sentiment d'être dans un pays souverains... On s'y retrouve plus. La moindre réflexion censée est balayée par le flot de connerie qu'on nous balance à la gueule tout les jours dans un contexte de destruction du service public, de privatisation grossière et inefficace avec des élus que je considère plus comme des corsaires à la solde des américains pour désosser ce qui reste des belles démocraties sociales européennes.

Que les Russes et les Chinois veulent se déconnecter de l'internet américains je le comprends parfaitement. On coupe le mal à la racine, ces gros **** de méricains auront pas leurs données, les adolescents chinois et russes ne deviendront pas des gros abrutis occidentaux au cheveux violet ouin ouin (ils trouveront bien une autre connerie à faire cela dit).

L'internet mondial c'est celui des GAFAM en majeure partie, donc américains. A bien y réfléchir de toute façon plus on sanctionne et exclut ces pays la plus ils vont vivre sans nous regarder et par conséquent... s'émanciperont de la manière de voir atlantéiste et capitaliste et même si ces pays sont autoritaire je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est pour le mieux. Car il faut sortir de cette manière de vivre mortifère des réseaux sociaux, du tout tout de suite, des jeunes youtubeurs millionnaires parcequ'ils vendent des merdes à des gens sans futur dans un pays qui les considèrent comme des produits eux même. Et de couper court à l'espionnage industriel et politique massif auxquels se livre les américains sur tout ce qui possède une ip dans le monde. Alors la Russie et la Chine envisage aussi les gens commes des moyens certainement, mais je suis incapable de l'expliquer clairement mais moi si je pouvais plus me couper de "l'european way of life" je le ferais sans hésiter.

Un vrai pays souverain devrait faire ce que fait la Russie pour tout les domaines publics et sensibles. On devrait bien se garder de donner des leçons sur la relocalisation de leurs serveurs quand l'intégralité des mails des fonctionnaires de France et des OS installés sur leurs ordinateurs sont estampillés oncle Sam et qu'on pense naïvement qu'ils ne le mettent pas à profit.
Je pense que vous ne voyez pas l'impact d'une telle mesure.
Toute ma belle famille habite en Russie et depuis une semaine, l'ensemble des chaines de télé non contrôlées par le gouvernement ont été fermées. On parle des chaînes de diffusion de l'information étrangères mais aussi des chaines d'information indépendantes russes, des chaines de diffusions de sport (eurosport par ex.), des chaines de musique.

Je suis d'accord pour dire que nos démocraties ne sont pas des modèles idéals et qu'il y a des égarements (corruption, perte du partage des décisions, perte du débat, etc...) mais on est loin des dérives du modèle russe ou chinois.

Le pays se referme juste sur lui-même et je dois dire que je ne sais pas comment on va pouvoir communiquer avec ma belle-famille d'ici quelques semaines si cette information est vraie. Mais vu les dernières prises de décision, on part dans cette voie...
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Avatar de Sandra Coret
Communiqués de presse https://www.developpez.com
Le 09/03/2022 à 21:14
Le gouvernement russe interdit les chaînes d'information et les applications de médias sociaux : les citoyens se tournent vers les VPN, passant de 16 000 téléchargements par jour à 700 000

Depuis que la Russie a envahi l'Ukraine, le gouvernement russe a rendu plus difficile pour ses habitants de regarder ou d'écouter toute sorte de nouvelles du monde extérieur en interdisant les applications de médias sociaux comme Facebook et Twitter.

Le pays a également interdit à de nombreuses chaînes d'information d'être diffusées aux résidents. Afin de rester dans le coup et d'obtenir toutes les informations du monde extérieur, les résidents se sont tournés vers les VPN pour les aider.

Le VPN ou réseau privé virtuel est une connexion établie directement entre un appareil et un réseau, de sorte que les données peuvent être transférées sans risque d'écoute extérieure par des pirates. L'objectif principal du VPN est de cacher l'activité en ligne d'une personne de tout lien externe. Il empêche également l'adresse IP d'une personne d'être révélée aux sites Web qu'elle visite. Un utilisateur peut également changer sa région en utilisant le VPN pour accéder aux choses sur le serveur ou depuis cette région. Les Russes utilisent donc cette dernière tactique pour se tenir à jour.

La raison pour laquelle l'une des applications de médias sociaux les plus populaires a été interdite en Russie est que, lorsque l'invasion a commencé, la demande pour Facebook a augmenté et, selon un graphique d'AppFigures, il est clair que les téléchargements de Facebook ont doublé au cours de la première semaine de l'invasion. Le nombre total de téléchargements est passé de 12 000 par jour à 22 000 en moins de 5 jours, jusqu'à vendredi. En conséquence, et afin de censurer le rayonnement de ses résidents, le gouvernement russe a interdit Facebook.


D'après les estimations d'Appfigures, les téléchargements de VPN en Russie sont passés d'un peu moins de 16 000 par jour à un énorme 700 000 ces derniers temps. Sur les applications du Play Store et de l'App Store dans la région de la Russie, le tableau des 10 premiers classements a été dominé par les applications VPN. Sur le total combiné des deux applications, les trois premiers rangs ont été occupés par Secure VPN, VPN proxy master et VPN- fast, private and secure.


Presque toutes les applications VPN du classement sont à peu près les mêmes et aucune d'entre elles n'est de marque. Cela signifie que les résidents de Russie veulent seulement pouvoir naviguer sur Internet et ne se soucient pas du VPN qu'ils utilisent. Lors de la recherche, les 3 meilleures applications sont arrivées, ce qui est dû à l'optimisation offerte par l'App Store et les applications qui étaient moins optimisées comme Nord VPN ou Turbo VPN sont arrivées très tard dans la liste.

Aussi bon que cela puisse être, les gens ont trouvé un moyen de contourner la censure de leur pays, mais cela pourrait ne pas continuer longtemps, car le gouvernement a des moyens d'empêcher les VPN de fonctionner dans leur pays.


Source : AppFigures

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
A votre avis, que se passera-t-il pour les citoyens russes si le gouvernement empêche les VPN de fonctionner dans le pays ?

Voir aussi :

Red Hat interrompt ses ventes et ses services en Russie et en Biélorussie dans un contexte où la Russie envisage de légaliser le piratage de logiciels dans certains cas, afin d'atténuer les sanctions

La Russie envisage de légaliser le piratage de logiciels dans certains cas afin d'atténuer les sanctions, ce qui pourrait porter préjudice aux détenteurs de droit d'auteur et de brevets

Activision Blizzard et Epic Games interrompent la vente de jeux en Russie, en réponse à la demande du vice-ministre ukrainien de se fermer entièrement de la Russie

Lumen, qui achemine un important trafic de l'Internet mondial, se sépare du domaine de premier niveau ".ru" de la Russie, en réaction à son invasion en Ukraine
11  0 
Avatar de Jeff_67
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 06/04/2021 à 10:52
Twitter est une fabrique à imbéciles. On devrait nous aussi en bloquer l'accès pour le bien de notre pays.
10  0 
Avatar de chrtophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 02/02/2021 à 20:42
On peut vouloir une souveraineté que l'on soit une dictature ou non. Là n'est pas le sujet.
9  0 
Avatar de Jeff_67
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 06/04/2021 à 11:09
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si tu ignores les tendances et que tu suis des comptes intéressants, tu peux éviter ce problème.
Mais c'est vrai que parfois Twitter a posé problème, surtout chez des pré-adolescents.
Oui enfin, l'intelligence émerge quand-même rarement de la pensée en 250 signes.
9  0 
Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 09/05/2022 à 9:15
Des millions de Russes « percent des trous dans le rideau de fer numérique »,
les téléchargements quotidiens des 10 VPN les plus populaires sont passés de moins de 15 000 à pas moins de 475 000 en mars

Les Russes s'adaptent à un monde où ils n'ont plus accès à de nombreuses plateformes de technologies étrangères en se tournant vers le VPN. Lorsque les autorités russes ont bloqué des centaines de sites internet en mars, Konstantin a décidé d'agir. Ce chef d'entreprise moscovite de 52 ans a percé une brèche dans le rideau de fer numérique qui avait été érigé pour contrôler le récit de la guerre en Ukraine grâce à un outil qui lui permet de surfer sur les sites bloqués et d'avoir un œil sur les informations taboues.

Depuis le début de la guerre le 24 février, plus de 1 000 sites Internet ont été restreints par les autorités russes, notamment Facebook, Instagram, BBC News, Voice of America et Radio Liberty, selon une enquête du site technologique Top10VPN. Les derniers médias russes indépendants ont été contraints de fermer, et ceux en exil qui proposent des contenus critiques - comme le populaire Meduza - ont également été interdits.

Aujourd'hui, le simple fait de qualifier « l'opération spéciale » de Poutine - comme il a appelé de force l'invasion - de "guerre" risque d'entraîner une peine pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison. La liberté d'expression a effectivement disparu ; même les enseignants qui remettent en question l'invasion sont dénoncés aux autorités par leurs élèves.


« Les gens veulent voir des contenus interdits, mais je pense qu'ils sont aussi véritablement effrayés, a déclaré Tonia Samsonova, une entrepreneuse de médias russes basée à Londres. Quelle que soit votre attitude envers le gouvernement ou la guerre, chaque Russe sait que si le gouvernement en sait trop sur vous, c'est potentiellement dangereux. C'est pourquoi un VPN est si utile, même s'ils ne sont pas critiques envers Poutine. »

La Russie s'adapte également à un monde où elle n'a plus accès à de nombreuses technologies étrangères en développant une nouvelle plateforme de supercalculateur qui peut utiliser des processeurs x86 étrangers tels que ceux d'Intel en combinaison avec les processeurs Elbrus du pays. Le nouveau système de référence du supercalculateur, baptisé "RSK Tornado", a été développé pour le compte du gouvernement russe par l'intégrateur de systèmes HPC RSC Group, selon la traduction anglaise d'un communiqué de presse en langue russe publié le 30 mars.

RSC a déclaré avoir créé RSK Tornado en tant que plateforme « interopérable unifiée » pour « accélérer le rythme de substitution important » des systèmes HPC, des centres de traitement des données et des systèmes de stockage des données en Russie. « La plateforme de superordinateur interopérable (ce terme désigne l'interopérabilité de différentes solutions) créée par le "champion national", le groupe RSC, permet l'utilisation simultanée dans un système de nœuds de calcul basé à la fois sur des processeurs d'architecture x86 étrangers et sur des processeurs Elbrus nationaux », a indiqué le communiqué de presse de RSC Group.

Katerina Abramova, porte-parole de Meduza, a déclaré que le trafic en ligne sur le site n'a diminué que brièvement après son interdiction par les autorités russes en mars. Cela s'explique par le fait que, soudainement, le trafic s'est mis à affluer depuis des pays improbables comme les Pays-Bas - ce qui laisse penser que les Russes utilisaient des VPN qui les faisaient passer pour des étrangers.

Konstantin s'est tourné vers un réseau privé virtuel, un tunnel numérique chiffré plus connu sous le nom de VPN. Depuis le début de la guerre en février, les VPN ont été téléchargés en Russie par centaines de milliers par jour. Une augmentation massive de la demande qui représente un défi direct à la tentative du président Vladimir Poutine de couper les Russes du reste du monde.

En protégeant l'emplacement et l'identité des utilisateurs, les VPN permettent désormais à des millions de Russes d'accéder à des contenus bloqués. Le fait d'en télécharger un dans son appartement moscovite a rappelé à Konstantin des souvenirs des années 1980 en Union soviétique, lorsqu'il utilisait une radio à ondes courtes pour entendre les nouvelles interdites des arrestations de dissidents sur Radio Liberty, financée par les États-Unis.

« Nous ne savions pas ce qui se passait autour de nous, et c'est à nouveau vrai aujourd'hui », a déclaré Konstantin, qui, comme d'autres utilisateurs russes de VPN, a parlé à condition que son nom de famille ne soit pas divulgué par crainte de représailles de la part du gouvernement. « Beaucoup de gens en Russie se contentent de regarder la télévision et de manger tout ce que le gouvernement leur donne à manger. Je voulais savoir ce qui se passait réellement. »

Les téléchargements quotidiens en Russie des 10 VPN les plus populaires sont passés de moins de 15 000 juste avant la guerre à pas moins de 475 000 en mars.

Cette semaine, les téléchargements se poursuivaient à un rythme de près de 300 000 par jour, selon les données par la société d'analyse Apptopia, qui s'appuie sur les informations fournies par les applications, les données publiques disponibles et un algorithme pour établir des estimations. Les clients russes téléchargent généralement plusieurs VPN, mais les données suggèrent des millions de nouveaux utilisateurs par mois. Début avril, l'opérateur de télécommunications russe Yota a indiqué que le nombre d'utilisateurs de VPN était 53,5 fois plus élevé qu'en janvier, selon le service de presse d'État Tass.

L'Internet Protection Society, un groupe de défense des droits numériques associé au leader de l'opposition russe emprisonné Alexei Navalny, a lancé son propre service VPN le 20 mars et a atteint sa limite de 300 000 utilisateurs en 10 jours, selon son directeur exécutif Mikhail Klimarev. Sur la base d'enquêtes internes, Klimarev estime que le nombre d'utilisateurs de VPN en Russie a atteint environ 30 % des 100 millions d'internautes du pays.

Pour combattre Poutine, « l'Ukraine a besoin de Javelin (missiles) et les Russes ont besoin d'Internet », a déclaré Klimarev. En accédant à des sites d'information ukrainiens et occidentaux interdits, Konstantin dit qu'il en est venu à sympathiser profondément avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, un ancien comédien que la presse russe a cherché à dépeindre faussement comme un « toxicomane ». « Je l'aimais en tant qu'acteur, mais maintenant, je sais que Zelensky est aussi courageux parce que je l'ai vu parler sur des sites d'information ukrainiens avec mon VPN », a déclaré Konstantin.

Selon les experts russes de l'Internet, non seulement l'utilisation généralisée des VPN permet à des millions de personnes d'accéder à des documents exposant la véritable ampleur des pertes militaires russes et contrecarrant la représentation officielle de la guerre comme une lutte contre les fascistes, mais elle limite également la surveillance des militants par le gouvernement. Les autorités russes ont cherché à limiter l'utilisation des VPN. Une loi anti-VPN en 2017 a entraîné l'interdiction de plus d'une douzaine de fournisseurs pour avoir refusé de se conformer aux règles de censure russes.

Dans les jours qui ont précédé la guerre, et dans les semaines qui ont suivi, les autorités russes ont également fait monter la pression sur Google, demandant au moteur de recherche de supprimer des milliers d'URL associées à des VPN, selon la base de données Lumen, une archive de plaintes juridiques liées aux contenus Internet. Google, qui n'a pas répondu à une demande de commentaire, inclut toujours les sites interdits dans les résultats de recherche.

Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé, le 21 avril, qu'il avait interdit à la vice-présidente américaine Kamala Harris, au PDG de Meta, Mark Zuckerberg, et à 27 autres personnalités américaines d'entrer dans le pays. Dans un communiqué publié sur son site Internet, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que cette mesure était une réponse aux « sanctions antirusses de plus en plus sévères » imposées par l'administration Biden.

Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé viser les cadres supérieurs, les intellectuels publics et les journalistes qui façonnent ce qu'il appelle « le récit russophobe » qui prévaut dans le débat public américain. Outre Harris et Zuckerberg, l'interdiction inclut des hauts fonctionnaires de la défense et de la justice, les PDG de LinkedIn et de Bank of America, des commentateurs très en vue des affaires étrangères, ainsi que le rédacteur en chef du site d'information Meduza, axé sur la Russie.

Dans un communiqué, le ministère a indiqué que les interdictions de voyage s'appliqueraient « à perpétuité » et que la liste des sanctions serait mise à jour « sous peu » en réponse aux « actions hostiles » des autorités occidentales. Des restrictions similaires ont été imposées à 61 citoyens canadiens, accusés eux aussi d'être le fer de lance de politiques « russophobes ». Parmi les personnes sanctionnées figurent Cameron Ahmad, directeur des communications du Premier ministre Justin Trudeau, et le commandant des forces d'opérations spéciales canadiennes Steve Boivin.

Le gouvernement russe hésite à interdire complètement les VPN. Le contrôle d'une telle interdiction constituerait un défi technologique. En outre, de nombreux Russes utilisent les VPN pour accéder à des outils de divertissement et de communications non politiques, des distractions populaires pour échapper aux difficultés quotidiennes.

Moscou a mis en place sa propre autorité de certification pour délivrer des certificats TLS aux sites Web russes touchés par les sanctions ou punis pour l'invasion de l'Ukraine par le président Poutine. Un avis publié sur le portail de service public unifié du gouvernement indique que les certificats seront mis à la disposition des sites Web russes incapables de renouveler ou d'obtenir des certificats de sécurité en raison des sanctions occidentales et des organisations qui refusent de prendre en charge les clients russes. La livraison des certificats est promise dans les cinq jours suivant la demande.

Les Russes disposent d'une alternative locale. Yandex, l'analogue de Google dans le pays, a gagné 16 % de parts de marché local avec son navigateur YaBrowser, bien loin des 55 % de parts que Stat Counter attribue à Chrome de Google. Selon certaines sources, YaBrowser et certains produits Atom reconnaissent déjà les nouvelles autorités de certification russes comme dignes de confiance. Les utilisateurs russes sont donc invités à utiliser ces produits au lieu de Chrome, Firefox, Edge, etc. Parmi les sites qui ont déjà reçu et utilisent actuellement ces certificats fournis par l'État figuraient la Sberbank, la VTB et la Banque centrale russe.

Le mois dernier, lorsqu'une télévision biélorusse lui a demandé s'il avait téléchargé un VPN, même le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, l'a concédé : « Oui, je l'ai fait. Pourquoi pas ? » « Les VPN ne vont pas déclencher une grande révolution en Russie, a déclaré Abramova. Mais c'est un moyen pour les gens qui sont contre cette guerre de rester connectés au monde. »

Natalia, une Moscovite de 83 ans et ancienne opératrice informatique, a demandé à sa fille adulte de l'aider à télécharger un VPN sur son ordinateur portable peu après le début de la guerre. Elle craignait que le gouvernement n'interdise YouTube, l'empêchant ainsi de voir son programme préféré, un talk-show en ligne sur l'actualité technologique.

Au fur et à mesure que la guerre progressait, Natalia s'est mise à consulter des sites d'information interdits, dont Radio Free Europe, pour se tenir informée, alors même que les amis de son entourage adhéraient « totalement » au discours du gouvernement selon lequel les Ukrainiens étaient des nazis et la Russie était confrontée à une menace existentielle de la part de l'Occident.

« Les gens ne croient plus que mensonge après mensonge. Je me sens tellement isolée », dit-elle. Elle déclare, par exemple, qu'elle a pu lire des articles de presse étrangers suggérant qu'il y avait d'importantes pertes russes dans le naufrage du Moskva, le navire amiral de la flotte russe de la mer Noire. Mais la presse russe n'a fait état que d'un seul décès officiel, 27 soldats étant déclarés « disparus ».

« Les parents ne reçoivent qu'une seule réponse du ministère de la Défense - que leur fils est "porté disparu" », dit-elle. « Disparu ? Vous ne voulez pas dire qu'il est mort ? Mais ce n'est pas ce qu'ils disent. Ils ne disent pas la vérité. » Bien que le téléchargement d'un VPN soit techniquement facile, ne nécessitant généralement que quelques clics, l'achat d'un VPN payant est devenu compliqué en Russie, car les sanctions occidentales ont rendu les cartes de crédit et de débit russes presque inutilisables en dehors du pays.

Cela a contraint de nombreuses personnes à recourir à des VPN gratuits, dont le service peut être irrégulier et qui peuvent vendre des informations sur les utilisateurs. Vytautas Kaziukonis, directeur général de Surfshark, un VPN basé en Lituanie dont le nombre d'utilisateurs russes a été multiplié par 20 en mars, a déclaré que certains de ces clients payaient désormais en cryptomonnaies ou par l'intermédiaire de personnes qu'ils connaissent dans des pays tiers.

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Avatar de Nancy Rey
Chroniqueuse Actualités https://www.developpez.com
Le 02/07/2021 à 11:20
Poutine renforce le contrôle d'Internet et signe une loi obligeant les géants étrangers des médias sociaux à établira des succursales
sur le territoire russe

Le président russe Vladimir Poutine a promulgué un projet de loi qui oblige les entreprises étrangères du secteur des technologies de l'information à créer des unités locales sous peine de sanctions, y compris une éventuelle interdiction, alors que Moscou continue de tenter de renforcer son contrôle sur le flux d'informations sur Internet. Le projet de loi, signé par M. Poutine le 1er juillet dernier et placé sur le site officiel d'information juridique, oblige les sociétés informatiques étrangères dont l'audience quotidienne est d'au moins 500 000 personnes à créer en Russie des succursales à part entière qui seraient « responsables des violations de la législation russe ». Selon la loi, les propriétaires de ces services Internet devront établir des entités juridiques dans le pays à partir du 1er janvier 2022.


Une nouvelle loi russe obligera les grandes entreprises de médias sociaux à ouvrir des bureaux en Russie si elles ne veulent pas s'exposer à des interdictions de publicité ou à d'autres sanctions. La loi a été signée par le président Vladimir Poutine hier et s'appliquera aux entreprises étrangères qui « exercent des activités sur Internet en Russie ». Les succursales établies devront « représenter pleinement les intérêts des sociétés mères » et assumer la responsabilité de toute violation de la législation russe par les géants de la technologie.

Que doivent faire Google, Facebook et Twitter maintenant ?

Les sociétés informatiques seront donc obligées de se conformer à la législation russe, conformément à la nouvelle loi. À ce titre, elles devront restreindre les informations qui enfreignent la loi en Russie. Elles devront également enregistrer un compte personnel sur le site officiel du Service fédéral de supervision des communications, des technologies de l'information et des médias (Roskomnadzor) et établir un formulaire de communication avec les citoyens et les autorités russes.. Si elles ne le font pas, Moscou sera libre de bloquer totalement ou partiellement leurs services dans le pays comme mesure de dernier recours, indique le document.

Les entreprises qui seront soumises à la nouvelle législation sont celles qui diffusent des informations en langue russe (ou dans celles parlées par les peuples de Russie), qui font la promotion de publicités ciblant les citoyens russes ou qui « traitent des informations » provenant de ces derniers ; et celles qui reçoivent de l'argent de citoyens russes.

Le gouvernement russe a cherché à freiner l'influence de la Big Tech dans le pays. En 2019, il a introduit une loi qui obligeait les fabricants d'appareils à préinstaller des applications de fabrication russe sur les smartphones, les téléviseurs et les ordinateurs (Apple étant autorisé à montrer plutôt les applications aux utilisateurs pendant le processus de configuration). Une foule de grandes entreprises technologiques, dont Facebook et Google, font également l'objet d'accusations dans le pays pour n'avoir prétendument pas supprimé le contenu illégal de leurs services.

Les entreprises étrangères ayant des bureaux locaux donnent aux gouvernements plus de poids lorsqu'il s'agit de faire appliquer leurs règles et réglementations, alors qu'ils auraient autrement moins d'outils pour le faire. Par exemple, en mai, les bureaux indiens de Twitter ont été perquisitionnés par la police après que le réseau social a apposé le label "média manipulé" sur le tweet d'un politicien.

Selon les auteurs du projet de loi, la nouvelle mesure pourrait toucher non seulement les moteurs de recherche (Google, Bing) ou les services de médias et messageries populaires (Facebook, Instargam, Telegram, Twitter ou Gmail), mais même les sites d'achat en ligne tels qu'Amazon, Ikea et Iherb. Le président Poutine a déclaré mercredi, lors d'une séance de questions-réponses organisée par Direct Line, que Moscou ne prévoyait pas de bloquer les sites de médias sociaux populaires tels que Facebook, Twitter et TikTok. Il a toutefois déclaré qu'il était « problématique » que ces services « refusent de se conformer à nos exigences et aux lois russes ».

La nouvelle loi intervient alors qu'Internet gagne rapidement en influence en Russie, offrant un canal pour contester le discours du Kremlin et incitant Poutine à tourner son regard vers les entreprises de médias sociaux. En 2019, la Russie a adopté une loi sur l'Internet souverain qui donne aux responsables des pouvoirs étendus pour restreindre le trafic en ligne, jusqu'à isoler le pays des connexions Internet transfrontalières en cas d'urgence nationale. Moscou a averti à plusieurs reprises qu'elle était prête à utiliser la loi Internet souverain si les troubles prenaient une ampleur sérieuse.

En janvier et début février, des plateformes telles que Facebook, YouTube et TikTok ont joué un rôle majeur dans la promotion d'une série de rassemblements antigouvernementaux massifs à Moscou et ailleurs, et ont marqué le début d'une intensification des efforts visant à contrôler ce qui apparaît en ligne en Russie.

Source : Nouvelle loi russe

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Moscou va obliger les entreprises de l'Internet à stocker leurs données en Russie, une nouvelle loi adoptée par le pays
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 08/03/2022 à 8:50
Juste un truc.

A tout ceux qui défendent Poutine dans sa lutte contre l'information en disant que chez nous aussi, la liberté d'expression est bafouée, je ne dirais qu'une seule chose.

Si, effectivement, il faut se battre pour garder notre liberté d'expression qui sera toujours combattue par les pouvoirs en place, avant de comparer nos restrictions à celles des russes, pensez que si on était en Russie, le simple fait d'évoquer la liberté d'expression vous vaudrait le droit à la prison, sommairement, sans jugement équitable. Alors, merci de relativiser vos propos.

JS

PS : vous pouvez moinser.
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Avatar de Sandra Coret
Communiqués de presse https://www.developpez.com
Le 16/03/2022 à 20:34
La demande de VPN a exceptionnellement augmenté jusqu'à 2 692 % de plus que d'habitude en Russie, depuis que le gouvernement russe a bloqué Instagram et Facebook dans le pays

En réponse aux crimes de guerre et aux violations des droits de l'homme commis par la Russie à l'encontre des citoyens ukrainiens, de nombreux géants de la tech et organisations ont suspendu leurs services en russe.

La semaine dernière, Meta avait permis à des utilisateurs du monde entier d'envoyer des menaces de mort et de diffuser de la propagande contre le gouvernement de Poutine.

En réponse à cela, le gouvernement russe a complètement bloqué l'application Facebook et l'application Instagram dans la région pour empêcher les utilisateurs de publier des informations offensantes et mal examinées sur la Russie.

En outre, les services de TikTok, MasterCard, Netflix et Visa ont également été interdits en Russie. De même, les domaines d'hébergement web comme IONOS, GoDaddy, Namecheap ne fournissent plus de services aux utilisateurs enregistrés en Russie. En revanche, ils ont annoncé qu'ils fourniraient un hébergement anonyme gratuit et un renouvellement gratuit des produits pour les clients ukrainiens.

Pour en revenir au sujet, l'État russe a été visé par de nombreux pays européens pour sa brutalité en Ukraine, et ils ont complètement interdit Facebook et Instagram.

La Russie a déjà interdit plusieurs réseaux VPN dans le pays. Cela a été principalement fait pour prévenir les violations de données et rendre tous les réseaux plus sûrs. Dans la situation actuelle, après le blocage de Meta par la Russie en raison de sa politique qui permet aux Ukrainiens de proférer des menaces de mort sur l'armée russe, de nombreux Russes ont téléchargé des VPN pour avoir accès aux actualités et aux applications de médias sociaux.

Il s'agit toutefois d'une bonne approche qui permet aux utilisateurs de contourner les informations censurées et de prendre clairement connaissance des faits et des chiffres.


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