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Facebook met de côté 3 milliards de dollars d'avance sur l'amende record de la FTC
Pour violation de la vie privée

Le , par Stan Adkens

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Facebook recommence à regagner du terrain après de nombreuses difficultés d’ordre financier et d’effectif d’utilisateurs vécues suite à de nombreuses attaques contre sa plateforme occasionnant des violations des données utilisateur, mais aussi suite au rocambolesque scandale Cambridge Analytca qui a affecté la vie privée de plus de 87 millions de personnes dans le monde entier. C’est d’ailleurs ce scandale qui est à l’origine d’une amende qui fait l’objet de négociation depuis plusieurs mois entre Facebook et les responsables de la Federal Trade Commission des États-Unis et dont le montant a été estimé par washington Post pour la première fois en février dernier à plusieurs milliards de dollars.

En effet, la FTC a enquêté sur des révélations selon lesquelles Facebook aurait partagé de manière inappropriée des informations appartenant à plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs avec la société de conseil politique britannique Cambridge Analytica aujourd’hui disparue. L'enquête consistait à vérifier si le partage des données et d'autres litiges ont transgressé un accord conclu en 2011 avec la FTC pour protéger la vie privée des utilisateurs. En 2011, Facebook a signé un décret de consentement avec la FTC, acceptant de ne plus tromper ses utilisateurs en leur disant que certaines informations de leurs profils resteraient confidentielles. Si Facebook et la FTC ne parviennent pas à un accord sur l'amende, l'agence pourrait choisir de poursuivre Facebook en justice pour sa négligence passée en matière de confidentialité des utilisateurs.


Toutefois, ces difficultés n’ont pas entamé la détermination du plus grand réseau social du monde. La société a publié le mercredi ses résultats du premier trimestre 2019 qui ont dépassé les estimations de bénéfices de Wall Street. L’entreprise a aussi profité de l’occasion pour annoncer qu’elle a mis de côté 3 milliards de dollars afin de couvrir le règlement avec la FTC, mettant ainsi fin aux inquiétudes de ses investisseurs concernant le résultat de l’enquête fédérale. Le trimestre a été marqué également par la poursuite de l'augmentation mensuelle et quotidienne du nombre d'utilisateurs actifs de Facebook.

Facebook a annoncé une augmentation de 26 % de son chiffre d'affaires d'une année sur l'autre, représentant une hausse de 15,1 milliards dollars, contre 12,0 milliards de dollars au cours de la même période l'an dernier. Ces résultats ont ainsi dépassé l'estimation moyenne des analystes qui s'établit à 15,0 milliards, selon Reuters. Les 3 milliards de dollars que Facebook a décidé de mettre de coté pour l’amande des régulateurs qui pourrait intervenir plus tard cette année représente 6 % de son encaisse et de ses titres négociables disponibles.

Facebook a écrit à ce sujet dans son état des résultats :

« Au premier trimestre de 2019, nous avons raisonnablement estimé une perte probable et comptabilisé une charge à payer de 3 milliards de dollars relativement à l'enquête de la FTC sur notre plateforme et nos pratiques en matière de données utilisateur, laquelle charge est incluse dans les charges à payer et autres passifs à court terme de notre bilan consolidé résumé ». « Nous estimons que les pertes dans ce problème se situent entre 3 et 5 milliards de dollars. La question n'est toujours pas résolue, et il n'y a aucune garantie quant au moment ou aux modalités de tout résultat final »,a-t-il ajouté.

Cette provision relative à l’amande a eu un impact négatif considérable sur le bénéfice du premier trimestre de Facebook. Après déduction, le bénéfice est, non seulement, largement inférieur à celui de la même période de l'an dernier, mais a également une incidence négative sur le bénéfice par action de la société. Toutefois, le géant des réseaux sociaux continue de croître et a, par ailleurs, surpassé toutes les attentes des analystes si elle n'avait pas mis de l'argent de côté pour l'amende.

Le succès trimestriel de l’entreprise n’est pas seulement financier. Selon les données de Facebook, la plateforme est en train de renouer avec la confiance des utilisateurs. Le nombre de personnes qui ont consulté Facebook quotidiennement, au premier trimestre, a augmenté de 8 % par rapport à la même période l'an dernier, pour atteindre 1,56 milliard. Le nombre mensuel de visiteurs de la plateforme a connu également une augmentation de 8 %, représentant 2,38 milliards de visiteurs.

Une part importe de l’activité de Facebook repose actuellement sur le mobile, a affirmé la société qui soutient que 93 % de ses revenus publicitaires proviennent de sa collection d'applications mobiles. Facebook n’a pas manqué de publier le nombre de personnes qui utilisent au moins une application de l’ensemble de ses plateformes numériques. « Environ 2,7 milliards de personnes utilisent Facebook, WhatsApp, Instagram ou Messenger chaque mois », a-t-il expliqué. « En moyenne, plus de 2,1 milliards de personnes utilisent un de nos services chaque jour ».

Les autres défis dont Facebook devra faire face

Facebook s’apprête à faire face à une amende civile record jamais perçue par la FTC dont le montant pourrait atteindre 5 milliards de dollars. David Vladeck, un ancien fonctionnaire de la FTC qui est maintenant professeur à la Georgetown Law School a déclaré : « Tout le monde s'attendait à ce qu'il y ait une sanction civile substantielle dans cette affaire ». « Il ne fait aucun doute que Facebook va devoir régler cette affaire. Les investisseurs attendent ça d’eux. »

Cependant, même une fois l'enquête FTC résolue, Facebook devra faire face à d'autres défis qui existent déjà.

Reuters rapporte que le nombre d'utilisateurs de Facebook a stagné aux États-Unis, au Canada et en Europe, indiquant une saturation dans les marchés les plus lucratifs de l'entreprise. C’est maintenant en Asie que sa base d'utilisateurs la plus importante et dont la croissance est la plus rapide se trouve. Selon Reuters, en Asie, le nombre mensuel d'utilisateurs actifs a fait un bond de 12,4 % par rapport à l'an dernier et la région représente désormais près de la moitié de l'ensemble des utilisateurs de Facebook. Le problème est que cette base d’utilisateurs la plus importante a rapporté à l’entreprise moins d'un cinquième de son revenu. Selon Reuters, ce changement géographique, conjugué à la lenteur des annonceurs à adopter de nouveaux services comme Stories, a entraîné une baisse de 4 % du prix moyen par annonce au cours du premier trimestre.

Facebook fait également face à la perspective d'une action de la part des législateurs, selon Reuters. Certains réclament une réglementation fédérale en matière de protection de la vie privée et des mesures antitrust pour démanteler les grandes entreprises technologiques comme Facebook.

Reuters rapporte que le représentant David Cicilline, qui préside le sous-comité de la Commission judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis sur les questions antitrust, a déclaré sur Twitter que Facebook était « un récidiviste » et a appelé à une réponse de la FTC « suffisamment forte pour prévenir de futures violations ».

Facebook, qui travaille à unifier ses différentes plateformes, fait également face à la menace de démantèlement de la part des potentiels futurs présidents des Etats-Unis. La candidate démocrate à l’élection présidentielle américaine 2020, Elizabeth Warren, s’est engagée à démanteler des entreprises comme Facebook une fois qu’elle sera élue présidente des Etats-Unis. Selon elle, il est grand temps de s'attaquer à la domination croissante des plus grandes entreprises technologiques des États-Unis qui ne permettent pas aux petites et aux nouvelles entreprises de s’épanouir sur un marché déjà conditionné par leur influence.

Pete Buttigieg, un autre candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine de 2020, a déclaré publiquement qu'il souhaitait que la FTC soit plus agressive dans sa lutte contre les monopoles technologiques. Un professeur de l'université de New York, Scott Galloway, a également appelé au démantèlement des géants de la technologie, car ils sont devenus beaucoup trop puissants.

Toutefois, même si l’amende en préparation par les régulateurs atteignait 5 milliards de dollars, empêcherait-elle Facebook de continuer ses pratiques de données utilisateur ? En effet, malgré la colère des utilisateurs et des organisations de protection de vie privée, malgré l’enquête de la FTC et les appels au démantèlement, Facebook continue de croître en nombre d’utilisateurs et financièrement. L'entreprise vient de réaliser un bénéfice de 2,4 milliards de dollars pour le premier trimestre et s’apprête déjà à régler l’amende grâce à l'argent mis de côté. Rien ne devrait empêcher Mark Zuckerberg de reprendre ses activités comme d'habitude.

Par ailleurs, Facebook a annoncé qu’il travaille à unifier ses plateformes de messagerie Facebook, Instagram et WhatsApp et prévoit mettre l'accent sur les communications privées, même s’il n'a pas encore précisé comment il adaptera son modèle d'affaires axé sur la publicité. Reuters rapporte que la société a également lancé le mois dernier un système de vente qui permet aux utilisateurs d'acheter des produits directement sur Instagram et serait en train de tester actuellement un système de paiement WhatsApp en Inde qu'elle prévoit de déployer dans d'autres pays, d’après son PDG.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de la croissance de Facebook malgré ses problèmes de vie privée ?
Pensez-vous que l’amande de la FTC mettra fin aux pratiques de données utilisateurs de Facebook ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 11/11/2019 à 14:39
Brian Acton, le cofondateur de WhatsApp, maintient qu'il faut quitter Facebook !
Il reste sceptique quant à l’engagement de Mark Zuckerberg en matière de chiffrement

En 2009, Jan Koum et Brian Acton, deux anciens ingénieurs de Yahoo, ont fondé l’entreprise WhatsApp, responsable du développement et de la maintenance de l’application de messagerie du même nom. L’application a connu un tel succès qu’elle n’a pas manqué d’attirer la convoitise de Facebook qui se l’est appropriée en février 2014 pour un montant de 19 milliards de dollars dont une grande partie a été versée sous forme d’actions Facebook et une autre payée en cash. L'accord prévoyait le versement de la somme de 3 milliards de dollars en actions sous réserve du bouclage du rachat. Cette dernière somme a été versée aux fondateurs et salariés de l'application de messagerie.

La popularité de WhatsApp n’a eu de cesse de croître, en 2016, l’application était utilisée par un milliard de personnes dans le monde chaque mois. En juillet 2017, elle a annoncé qu’elle était utilisée par un milliard de personnes dans le monde… chaque jour.

Mais Brian Acton n'a pas apprécié l’évolution de ce mariage entre Facebook et WhatsApp. Le jumelage Facebook-WhatsApp a été un casse-tête chinois dès le départ. Facebook possède l’un des plus grands réseaux publicitaires au monde ; les fondateurs de WhatsApp détestaient les publicités. La valeur ajoutée de Facebook pour les annonceurs est ce qu’il sait de ses utilisateurs ; les fondateurs de WhatsApp étaient des zélotes pro-vie privée qui estimaient que leur chiffrement tant vanté avait été essentiel à leur croissance mondiale presque sans précédent.

Il n'a d'ailleurs pas hésité à faire savoir son mécontentement après la succession de scandales qui ont éclaboussé Facebook depuis l'affaire Cambridge Analytica. Son message était clair : « il est temps. #deletefacebook ».


Le cofondateur de WhatsApp est revenu à la charge. Durant le sommet Wired, une conférence qui a pour but d'explorer les idées et de parler des innovations technologiques pour construire un meilleur avenir, il a maintenu sa déclaration. « Si vous voulez être sur Facebook et que vous voulez avoir des annonces dynamiques devant vous, allez en ville », a-t-il ajouté.

Le journaliste Steven Levy a demandé à Acton pourquoi il avait décidé de faire part au public de sa perspective. « À l'époque, Facebook était sous pression », a expliqué Acton. « Je me suis dit, peut-être que le moment est venu. Mais ensuite, je me suis rendu compte que Facebook avait un défaut fatal: ils n’ont pas de pierres tombales. Quand tu disparais, tu disparais. J'ai donc laissé ma pierre tombale sur Twitter. Mon cri de cœur était beaucoup plus public et visible ».

Acton est loin d'être le premier dirigeant de Facebook à dénoncer la société après son départ. En 2017, Chamath Palihapitiya, ancien responsable de la croissance, a fait des vagues en déclarant : « Nous avons créé des outils qui déchirent le fonctionnement du tissu social ».

Acton est devenu le président de la Signal Foundation en 2018 après l'avoir financé à hauteur de 50 millions de dollars. Signal est l’application de messagerie chiffrée qui a contribué à démocratiser le chiffrement de bout en bout. L’objectif annoncé de cette fondation est de « soutenir, accélérer et agrandir la mission de Signal, qui souhaite rendre les conversations privées accessibles et omniprésentes ». La fondation aura pour mission d’évangéliser sur les bienfaits de Signal et du chiffrement des communications, de recruter une équipe de développeurs pour enrichir l’application. En tant que fondation au sens américain, Signal pourra ainsi recevoir des dons et continuer à servir l’intérêt du public sans se compromettre.


Logo Signal

D'ailleurs, le fondateur de Signal, Moxie Marlinspike a expliqué :

« Bien avant que nous sachions qu'il s'appellerait Signal, nous savions ce que nous voulions qu'il soit. Au lieu d'enseigner la cryptographie au reste du monde, nous voulions voir si nous pouvions développer une cryptographie qui fonctionnerait pour le reste du monde. À l'époque, le consensus de l'industrie était largement que le chiffrement et la cryptographie resteraient inutilisables, mais nous avons commencé Signal avec l'idée que la communication privée pourrait être simple.

« Depuis lors, nous avons fait des progrès. Nous avons développé un service utilisé par des millions et des logiciels utilisés par des milliards. Les histoires qui nous reviennent et nous font vivre sont les histoires de gens qui se découvrent dans des moments où ils ont pu parler librement sur Signal, de gens qui tombent amoureux de Signal, de gens qui organisent des projets ambitieux sur Signal. Lorsque nous demandons à des amis qui, sur leur lieu de travail, sont sur Signal et qu'ils répondent "tous les cadres ainsi que le personnel de cuisine”. Lorsque nous recevons une assignation pour les données d'utilisateur et n'avons rien à renvoyer en dehors d’une feuille de papier vierge. Lorsque nous apercevons le "Signal bleu" sur le téléphone d'un banlieusard, nous sourions.

« Cependant, nous avons toujours voulu faire beaucoup plus, et nos limites se sont souvent transformées en défis. Au cours de la durée de vie du projet, il n'y a eu en moyenne que 2,3 développeurs de logiciels à plein temps et l'équipe Signal n'a jamais compté plus de 7 personnes. Avec trois plateformes client à développer, un service à construire et à exécuter, une liste croissante d'intégrations et des millions d'utilisateurs à supporter, cela nous a souvent laissés sur le carreau.

« Malgré tout, Signal n'a jamais pris de financement par capital-risque ni cherché à investir, car nous estimions que placer le profit au premier plan serait incompatible avec la construction d'un projet durable qui accorderait la priorité aux utilisateurs. En conséquence, Signal a parfois souffert de notre manque de ressources ou de capacité à court terme, mais nous avons toujours pensé que ces valeurs mèneraient à la meilleure expérience possible à long terme ».

Acton reste sceptique quant à l’engagement de Mark Zuckerberg en matière de chiffrement, mais a précisé à Levy: « s’il veut y arriver, il le fera. Toutefois, c'est un champion pour ce qui concerne le changement d'avis ».

La société subit déjà la pression de politiciens inquiets des conséquences du chiffrement des applications Facebook pour la sécurité nationale. Le mois dernier, le procureur général William Barr a envoyé une lettre à Mark Zuckerberg lui demandant de suspendre ses projets de chiffrement, évoquant des préoccupations relatives à la sécurité nationale.

Citant ces difficultés, Acton a déclaré que Zuckerberg était confronté à une bataille difficile.

Source : conférence Wired
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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/04/2019 à 15:42
Le procureur général de New York va enquêter sur Facebook,
pour avoir récupéré sans permission les contacts de 1,5 million de nouveaux utilisateurs

La semaine dernière, Facebook a déclaré s’être rendu compte que les adresses e-mail des contacts d’une partie de ses utilisateurs avaient été téléchargées accidentellement par le réseau social depuis mai 2016 au moment de la création d’un compte par ces utilisateurs.

C’est un chercheur en sécurité informatique qui s’en est aperçu. Il a constaté que Facebook demandait à certains utilisateurs d’entrer le mot de passe de la boîte mail rattachée à leur compte Facebook, au moment où ils s’inscrivaient. Le but était, d’après l’entreprise, de vérifier leurs identités.

De nombreux sites demandent à vérifier votre identité lors d’une inscription. En général, ils envoient plutôt un email de confirmation, avec un lien sur lequel il faut cliquer pour valider le compte, ou un code à chiffres par SMS.

Business Insider a remarqué que lorsque les internautes entraient le mot de passe de leur boîte mail sur Facebook, une fenêtre pop-up apparaissait. Elle indiquait que Facebook était en train d’importer les contacts de la boîte mail. Le problème est qu’à aucun moment, les utilisateurs n’ont pu donner leur permission ou au contraire refuser l’importation de leurs contacts. Cette fonctionnalité existait avant mai 2016, a précisé Facebook, mais les utilisateurs pouvaient choisir de l’activer ou non. Cela n’a plus été le cas à partir de cette date. En mars 2019, l’authentification par boîte mail a été supprimée par Facebook.


D’ailleurs, un porte-parole du réseau social a déclaré :

« Le mois dernier, nous avons cessé d'offrir la vérification de mot de passe de messagerie comme une option de vérification d’identité pour les personnes qui en sont à leur première inscription sur Facebook. Lorsque nous avons examiné les étapes suivies par les utilisateurs pour vérifier leurs comptes, nous avons constaté que, dans certains cas, leurs contacts de messagerie ont également été téléchargés involontairement sur Facebook lors de la création de leur compte.

« Nous estimons que près de 1,5 million de contacts de messagerie ont été téléchargés. Ces contacts n'ont été partagés avec personne. Nous les supprimons. Nous avons corrigé le problème sous-jacent et avertissons les personnes dont les contacts ont été importés. Les utilisateurs peuvent également consulter et gérer les contacts qu'ils partagent avec Facebook dans leurs paramètres ».

New York passe à l’assaut

Suite à cela, le procureur général de New York a décidé d’ouvrir une enquête.

La récolte de courriels pourrait avoir exposé des centaines de millions de personnes à une publicité ciblée de la part de la société de médias sociaux en crise, a annoncé jeudi le procureur général de New York, Letitia James, dans un communiqué.

Le procureur général Letitia James a déclaré qu'il était « temps que Facebook soit tenu pour responsable de la gestion des informations personnelles des consommateurs ».

James a déclaré que « Facebook a maintes fois fait preuve d'un manque de respect pour les informations des consommateurs tout en tirant profit de l'exploitation de ces données ». Ce n'est que le dernier d'une longue série de scandales liés à la protection de la vie privée qui ont frappé la société de réseaux sociaux.

Comme rapporté par le New York Times, l'enquête portera sur la manière dont l'incident s'est produit et sur la question de savoir si la collecte de contacts par courrier électronique était réellement plus répandue que ce qui a été rapporté jusqu'à présent.

Le procureur général Letitia James a annoncé l'enquête sur Twitter:


Dans un communiqué, son bureau a avancé que :

« La vérification de courrier électronique est une pratique courante pour les services en ligne tels que Facebook. Généralement, lorsqu'un consommateur s'inscrit à un nouveau service, il lui est demandé de fournir une adresse électronique. Il reçoit ensuite un courrier électronique avec un lien lui permettant de vérifier que le compte de messagerie lui appartient. La procédure de Facebook a demandé à certains utilisateurs de confier leur mot de passe à leur compte de messagerie personnel. En outre, des rapports indiquent que Facebook a ensuite accédé aux contacts de ces utilisateurs et les a téléchargés sur Facebook afin de les utiliser pour des publicités ciblées. Alors que Facebook a admis que 1,5 million d’utilisateurs ont vu leurs contacts récoltés directement, le nombre total de personnes dont les informations de contact ont été obtenues de manière incorrecte par Facebook peut atteindre des centaines de millions, car des centaines de contacts peuvent être stockés dans leur base de données de contacts.

« Le bureau avait précédemment appliqué les lois de protection des consommateurs de New York contre les sites Web de réseaux sociaux qui détournaient les listes de contacts des utilisateurs. En janvier 2019, le procureur général James a annoncé l'ouverture d'une enquête sur Apple pour son refus d'avertir les consommateurs du bogue FaceTime, qui mettait en péril la vie privée des consommateurs à New York en permettant aux utilisateurs de recevoir le flux audio et vidéo de l'appareil avant même que la personne qu'ils appelaient n’accepte ou ne rejette l'appel. En mars 2018, le bureau du procureur général a ouvert une enquête sur Facebook pour utilisation abusive de données d’utilisateur par Cambridge Analytica ».

La réaction de Facebook

Un porte-parole de Facebook a déclaré : « Nous sommes en contact avec le bureau du procureur général de l'État de New York et répondons à leurs questions à ce sujet ».

Facebook s’efforce de répondre aux préoccupations des législateurs et des organismes de réglementation concernant la protection des données des utilisateurs. Mercredi, Facebook estimait qu'il pourrait en coûter jusqu'à 5 milliards de dollars pour résoudre une enquête de la Federal Trade Commission déclenchée par Cambridge Analytica, un cabinet de conseil politique britannique aujourd'hui disparu qui avait des liens avec la campagne présidentielle de Donald Trump, a obtenu les données de millions d'utilisateurs de Facebook sans leur consentement.

À ce sujet, Facebook a affirmé dans ses états :

« Au premier trimestre de 2019, nous avons raisonnablement estimé une perte probable et comptabilisé une charge à payer de 3 milliards de dollars relativement à l'enquête de la FTC sur notre plateforme et nos pratiques en matière de données utilisateur, laquelle charge est incluse dans les charges à payer et autres passifs à court terme de notre bilan consolidé résumé ». « Nous estimons que les pertes dans ce problème se situent entre 3 et 5 milliards de dollars. La question n'est toujours pas résolue, et il n'y a aucune garantie quant au moment ou aux modalités de tout résultat final »

Séparément, Facebook est en pourparlers avancés avec un groupe d’États pour résoudre des enquêtes sur le point de savoir si l’incident de Cambridge Analytica a enfreint les lois locales sur la protection des consommateurs, ont déclaré des personnes familiarisées avec le sujet.

Source : déclaration du bureau du procureur, tweet du procureur, New York Times
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Le 30/10/2019 à 15:14
Cambridge Analytica : un an après l'avoir contestée, Facebook accepte enfin de payer l'amende de 500 000 £ au Royaume-Uni,
mais ne s'estime pas coupable pour autant

Facebook est sous le coup de plusieurs enquêtes concernant le détournement des données personnelles de quelque 87 millions d’utilisateurs par la société de marketing politique Cambridge Analytica et son PDG, Mark Zuckerberg, a été auditionné par des parlementaires américains et européens. Cambridge Analytica a travaillé pour la campagne du président Donald Trump en 2016, mais a nié avoir utilisé pour cela des données personnelles d’utilisateurs de Facebook. La société a reconnu avoir fait acte de candidature pour assister le mouvement pro-Brexit Leave.EU lors du référendum britannique de 2016 sur le maintien ou non dans l’Union européenne, mais sans obtenir le marché.

C’est le Royaume-Uni qui a ouvert le bal des amendes à Facebook suite à cette affaire. En juillet 2018, Elizabeth Denham, la commissaire britannique à l’information (ICO - Information Commissioner), a déclaré que Facebook avait enfreint la loi par son incapacité à protéger les informations des utilisateurs et n’avait pas été transparent sur la manière dont les données ont été récoltées par des tiers sur sa plateforme. « Les nouvelles technologies qui utilisent l’analyse de données pour cibler les personnes donnent la possibilité aux sociétés de marketing politique de toucher des électeurs individuels. Mais cela ne peut se faire au détriment de la transparence, de l’équité et du respect de la loi », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La régulatrice britannique de l’information a ce même mois son intention d’infliger une amende de 500 000 livres (565 000 euros) à Facebook pour violation de la loi sur la protection des données à la suite du scandale Cambridge Analytica. L’amende de 500 000 livres qui est le maximum autorisé par la loi britannique sur la protection des données, « envoie un signal clair que je considère cela comme un problème important si l'on considère l'impact de la violation de données », a noté l’ICO.

En réponse, via un communiqué de Erin Egan, directrice de la protection de la vie privée chez Facebook, le réseau social a expliqué que « Comme nous l’avons déjà dit, nous aurions dû faire davantage pour enquêter sur Cambridge Analytica et prendre des mesures en 2015 ». « Nous travaillons en étroite collaboration avec le Bureau de la commissaire à l’information concernant son enquête sur Cambridge Analytica, tout comme nous le faisons avec les autorités américaines et celles d’autres pays », pour ensuite assurer que « Nous examinons le rapport et répondrons bientôt à l'ICO ».


Facebook a déclaré dans un premier temps ne pas vouloir payer cette amende

Il a fallu attendre fin novembre 2018 pour que la plateforme indique son intention de ne pas payer cette amende. Le réseau social affirmait que, puisque le régulateur n'a trouvé aucune preuve que les données personnelles des utilisateurs britanniques ont été partagées de manière inappropriée, la pénalité de 500 000 £ était injustifiée. Facebook estimait que cette sanction « remet en cause certains des principes de base sur la manière dont les personnes devraient être autorisées à partager des informations en ligne ». Facebook a déclaré que sa contestation de l’amende ne signifiait pas qu’il avait commis des erreurs dans l’affaire Cambridge Analytica, mais qu’il avait la possibilité de défendre ce qu’il considérait comme une question de principe devant les tribunaux.

« Nous avions déjà exprimé notre souhait de faire plus pour enquêter sur les allégations concernant Cambridge Analytica en 2015. Nous avons apporté des modifications majeures à notre plateforme à l'époque et avons également considérablement restreint l'information à laquelle les développeurs d'applications peuvent accéder. Et nous étudions toutes les applications historiques qui avaient accès à de grandes quantités d'informations avant la modification des règles de confidentialité de notre plateforme en 2014 », a déclaré Anna Benckert, avocate générale adjointe de Facebook en Europe.

« L'enquête de l'ICO a pour origine des préoccupations selon lesquelles Cambridge Analytica aurait pu avoir une incidence sur les données des citoyens britanniques. Mais ils ont maintenant confirmé qu'ils n'avaient trouvé aucune preuve suggérant que les informations concernant les utilisateurs de Facebook au Royaume-Uni avaient été partagées par Dr. Kogan avec Cambridge Analytica, ou utilisé par ses affiliés lors du référendum sur le Brexit », a déclaré Benckert. « Par conséquent, l'essentiel de l'argumentation de l'ICO ne concerne plus les événements impliquant Cambridge Analytica. Au lieu de cela, leur raisonnement remet en cause certains des principes de base sur la manière dont les personnes devraient être autorisées à partager des informations en ligne, avec des implications qui vont bien au-delà de Facebook, raison pour laquelle nous avons choisi de faire appel », a expliqué Benckert

Toutefois Rachel Coldicutt, directrice générale de Doteveryone, un groupe de réflexion indépendant qui examine en quoi la technologie transforme la société, a déclaré que Facebook avait la responsabilité de protéger en permanence les données de tous les utilisateurs. « Que ces données aient ou non été utilisées pour influencer l'issue du référendum est un fiasco - et franchement, Facebook devrait payer l'amende et se concentrer pour avoir l'air d'une entreprise mature et digne de confiance », a-t-elle déclaré. Un porte-parole de l'ICO reconnait que Facebook a le droit de faire appel de la décision devant le tribunal de première instance. Cependant, « le tribunal ne nous a pas encore notifié qu'un appel avait été reçu », a-t-il indiqué.


Elizabeth Denham, commissaire britannique à l'information

Un an plus tard, Facebook se ravise et se dit disposer à payer

Facebook a accepté de payer une amende de 500 000 livres pour violation de la loi sur la protection des données relative à la collecte de données par le cabinet de conseil Cambridge Analytica, a annoncé mercredi le régulateur britannique des droits à l'information. Si l’amende peut être faible pour une entreprise qui pèse 540 milliards de dollars, il faut rappeler que c’est le maximum que le Commissariat à l’information puisse émettre. D'ailleurs, cette amende représente la première action d’un organisme de réglementation visant à punir Facebook pour le scandale Cambridge Analytica. L’ICO a publié l’amende l’année dernière après avoir déclaré que les données d’au moins un million d’utilisateurs britanniques avaient été recueillies par le chercheur et utilisées à des fins politiques.

L'ICO a noté mercredi qu'en abandonnant son recours et en acceptant de payer l'amende, Facebook n'avait pas reconnu sa responsabilité.

« La principale préoccupation de l’ICO était que les données des citoyens britanniques soient exposées à un risque sérieux de préjudice. La protection des informations personnelles et de la vie privée revêt une importance fondamentale », a déclaré James Dipple-Johnstone, sous-commissaire de l'ICO. « Nous sommes ravis d'apprendre que Facebook a pris et continuera de prendre des mesures importantes pour se conformer aux principes fondamentaux de la protection des données ».

Les législateurs britanniques ont critiqué la réaction de Facebook au scandale des données et le refus de Zuckerberg de comparaître et de répondre aux questions du Royaume-Uni au sujet de ses protections et de sa publicité politique. Ils ont également exprimé des inquiétudes quant à l’utilisation des médias sociaux lors du référendum britannique de 2016 sur la sortie de l’Union européenne.

Rappelons qu'en juillet 2019, la Commission fédérale du commerce a annoncé la signature d'un accord avec Facebook de 5 milliards de dollars sur des allégations relatives à la protection de la vie privée des utilisateurs. L'amende est élevée et le règlement exige une surveillance accrue de la vie privée au sein de l'entreprise. Mais ce que ne fait pas l’accord, c’est de trouver qui que ce soit, y compris le PDG Mark Zuckerberg, personnellement responsable. Il n’exige pas non plus d’énormes changements à la façon dont Facebook collecte les données, mais uniquement à la manière dont il divulgue les informations et honore les paramètres des utilisateurs.

Dans l’arrêté de la FTC, la commission note qu’à plusieurs reprises Facebook a « subverti les choix des utilisateurs en matière de confidentialité pour servir ses propres intérêts commerciaux ». Les actions de la société ont violé un règlement antérieur exigeant que Facebook respecte certaines directives de confidentialité.

Trois membres sur les cinq de la commission se sont prononcés en faveur de ce règlement. Les démocrates Rebecca Kelly Slaughter et Rohit Chopra, les membres qui ont voté contre l’adoption de ce règlement, ont déclaré que celui-ci n’allait pas assez loin, laissant ainsi à Facebook une marge de manoeuvre suffisante pour faire face à des méfaits à l’avenir.


Facebook ne doit pas se considérer comme étant un « gangster numérique » qui est au-dessus des lois

En février 2019, un rapport parlementaire publié par le Royaume-Uni a laissé entendre que Facebook ne devrait plus être autorisé à se gouverner et que le moment était venu pour le gouvernement d'agir en tant que policier.

La commission restreinte du Parlement britannique au numérique, à la culture, aux médias et aux sports a publié son rapport final après plus de 18 mois d’enquête sur Facebook et ses pratiques en matière de protection de la vie privée. Des députés ont demandé que les entreprises de médias sociaux soient tenues de supprimer les contenus « préjudiciables » ou « illégaux » de leurs plateformes et d'en être tenues responsables en vertu d'un code de déontologie obligatoire, une politique qui a été vivement contestée dans les médias américains.

Ce rapport a posé les bases d'une législation ultérieure susceptible de codifier officiellement ces demandes. « Notre enquête de l'année dernière a identifié trois grandes menaces pour notre société », a déclaré Damian Collins, président du conseil d'administration de DCMS, qui a dirigé cette enquête. « Le défi pour l’année à venir est de commencer à les réparer, nous ne pouvons plus tarder ».

Le même mois, les législateurs britanniques ont accusé Facebook d’avoir « violé intentionnellement et sciemment les lois sur la protection des données et la concurrence » dans le pays, et ont appelé à des enquêtes sur les pratiques commerciales du géant des médias sociaux. « Des entreprises comme Facebook ne devraient pas être autorisées à se comporter comme des "gangsters numériques" dans le monde en ligne », ont déclaré les législateurs britanniques dans leur rapport, « estimant être à l'avant-garde et au-dessus de la loi »

Citant des documents autrefois secrets obtenus au cours de l'enquête, les dirigeants du Royaume-Uni ont affirmé que Facebook était disposé depuis des années à « passer outre les paramètres de confidentialité de ses utilisateurs » dans le cadre d'une campagne plus vaste visant à maximiser les revenus générés par des informations aussi sensibles.

Au cours du processus, ont déclaré des députés, Facebook a délibérément désavantagé ses concurrents en limitant l'accès au site et aux précieuses données des utilisateurs. Les législateurs ont décidé que le gouvernement britannique devrait enquêter sur la question de savoir si « Facebook utilise injustement sa position dominante sur le marché des médias sociaux pour décider quelles entreprises doivent réussir ou échouer », selon le rapport.

Source : Reuters
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Le 14/05/2019 à 7:29
Facebook pourrait conclure un accord avec la FTC qui le placerait sous une surveillance de 20 ans,
quant à ses pratiques en matière de protection de la vie privée

Facebook, le numéro un des réseaux sociaux, est sur le point de conclure un accord avec le gouvernement américain sur ses politiques et pratiques en matière de protection de la vie privée, qui le placerait sous une surveillance de 20 ans, selon une source bien informée des discussions.

Cet accord permettrait de résoudre le problème de savoir si l'entreprise avait violé un pacte de consentement similaire conclu en 2011.

Il fallait s’attendre à un accord imminent après que Facebook ait mis de côté 3 milliards de dollars pour payer ce qui, selon elle, serait une amende comprise dans une fourchette de 3 à 5 milliards de dollars. Deux sources ont toutefois indiqué lundi qu'aucun accord n'était attendu cette semaine.

Une des sources a déclaré que l'annonce d'un règlement avec la Federal Trade Commission pourrait être annoncée dans un mois.

Plusieurs législateurs américains ont critiqué certains aspects d’un éventuel accord entre la FTC et Facebook qui renforcerait la surveillance des politiques et des pratiques en matière de protection de la vie privée au sein du conseil d’administration de Facebook et imposerait à la société de médias sociaux d’agir plus énergiquement contre les développeurs tiers.

Des sénateurs américains souhaitent que les dirigeants de Facebook soient personnellement mis en cause

Début mai, les sénateurs Richard Blumenthal et Josh Hawley ont critiqué le projet d’accord de la FTC (Federal Trade Commission) avec Facebook visant à limiter et sanctionner son utilisation abusive des données personnelles des consommateurs. Ces derniers ont exhorté le gouvernement à agir plus rapidement et à envisager d'imposer des sanctions sévères aux hauts dirigeants de l'entreprise.

Ces sénateurs ne sont pas les premiers à demander à ce que les dirigeants de Facebook soient personnellement tenus pour responsables des abus commis par l'entreprise. Le mois dernier, le sénateur démocrate Ron Wyden, qui est l'un des principaux défenseurs de la confidentialité numérique, avait déclaré dans une lettre adressée à la FTC, que les autorités fédérales de réglementation devraient tenir Mark Zuckerberg pour responsable des violations répétées commises par Facebook concernant la vie privée des Américains.

Le fait que ces 2 autres sénateurs se joignent à lui, n'arrange pas du tout les choses pour Facebook, surtout quand on sait que la FTC s'apprêtait à infliger à l'entreprise, une amende record estimée entre 3 et 5 milliards de dollars. Dans leur lettre adressée à la FTC, les sénateurs ont déclaré à l'agence que même avec une amende de 5 milliards de dollars, Facebook s'en tirait à bon compte. Ils ont également insisté pour que des limites à long terme soient fixées sur la manière dont Facebook collecte et utilise les informations personnelles.


Ils ont suggéré des mesures telles que la suppression des données de suivi et la limitation des pratiques publicitaires. Les deux hommes ont également demandé à ce que tout responsable de Facebook à l’origine d’une violation d’un accord ou d’un décret puisse être dénoncé. D'ailleurs dans leur lettre, ils déclarent ceci : « La Commission devrait imposer des sanctions pécuniaires dissuasives et imposer des mesures énergiques de reddition de comptes à Facebook, notamment en limitant l'utilisation des données des consommateurs, la responsabilité de la direction en cas de violation et d'autres mesures correctives structurelles pour mettre fin aux atteintes à la confiance des consommateurs ».

Un cofondateur de Facebook s’en mêle

Dans un éditorial publié dans le New York Times, l’un des cofondateurs de Facebook a appelé à la dissolution du réseau social. Chris Hughes, qui a aidé Mark Zuckerberg à lancer Facebook de son dortoir à Harvard il y a 15 ans, a déclaré que la Federal Trade Commission devrait annuler l'acquisition de WhatsApp et Instagram par Facebook afin de créer une concurrence accrue sur les marchés des médias sociaux et de la messagerie.

Hughes avance l'argument économique selon lequel Facebook est en situation de monopole, ce qui a limité la concurrence et freiné l'innovation. Il est impossible pour les utilisateurs de passer à un autre réseau social, car il n’existe aucun concurrent sérieux. Hughes affirme qu'aucun nouveau réseau social n'a été lancé depuis 2011 et que 84% des dépenses en publicités sur les médias sociaux vont directement à Facebook. Il cite la dissolution de AT&T par la FTC dans les années 1980, ainsi que la vente de Wild Oats par Whole Foods en 2009, comme un précédent quant à la manière dont cette rupture pourrait se produire.

Pour lui, le problème avec Facebook va même bien au-delà du simple problème relatif à l’économie. Hughes avances que les algorithmes des fils d’actualité dictent le contenu que des millions de personnes voient chaque jour, ses règles de contenu définissent ce qui constitue un discours de haine, et il n’existe aucun contrôle démocratique de ces processus. La propriété de Zuckerberg sur la majorité des actions de Facebook signifie qu’il n’y a aucun contrôle interne sur son pouvoir, et qu’aucune agence gouvernementale ne se consacre à la supervision d’une entreprise comme Facebook.

« L’influence de Mark est stupéfiante, bien au-delà de toute autre personne du secteur privé ou du gouvernement. Il contrôle trois plateformes de communication principales - Facebook, Instagram et WhatsApp - utilisées par des milliards de personnes chaque jour », écrit Hughes. « Le conseil d’administration de Facebook fonctionne plus comme un comité consultatif que comme un superviseur, car Mark contrôle environ 60% des actions avec droit de vote. Mark seul peut décider comment configurer les algorithmes de Facebook pour déterminer ce que les gens voient dans leurs fils d’actualités, quels paramètres de confidentialité ils peuvent utiliser et même quels messages sont livrés. Il définit les règles permettant de distinguer les discours violents et incendiaires des discours simplement offensants, et il peut choisir de bloquer un concurrent en l'acquérant, en le bloquant ou en le copiant ».

Ancienne photo de Chris Hughes et Mark Zuckerberg


« Mark est une personne bonne et gentille », a noté Hughes, « mais je suis outré que sa focalisation sur la croissance l’ait conduit à sacrifier sécurité et civilité au bénéfice des clics ». « Je suis déçu de moi-même et de la première équipe de Facebook pour ne pas avoir réfléchi davantage à la manière dont l’algorithme News Feed pourrait changer notre culture, influencer les élections et responsabiliser les dirigeants nationalistes. Et je suis inquiet que Mark se soit entouré d’une équipe qui renforce ses convictions au lieu de les défier ».

La FTC

L’accord conclu en 2011 entre Facebook et la FTC exigeait également que l’agence gouvernementale soit informée de ses pratiques en matière de protection de la vie privée depuis 20 ans.

La FTC a enquêté sur des allégations selon lesquelles Facebook aurait partagé de manière inappropriée des informations appartenant à 87 millions d'utilisateurs avec le cabinet britannique de conseil politique britannique, aujourd'hui disparu, Cambridge Analytica. L’enquête a porté sur le point de savoir si le partage de données et d’autres litiges violaient le consentement de 2011.

Cette déchéance, ainsi que la colère suscitée par le discours de haine et la désinformation sur sa plate-forme, ont suscité des appels de personnes allant du candidat à la présidentielle progressiste Sénateur Elizabeth Warren à un cofondateur de Facebook, Chris Hughes, pour que le gouvernement oblige le géant des médias sociaux à vendre Instagram, acheté en 2012, et WhatsApp, acheté en 2014.

En dépit de ses scandales, le cœur de métier de la société s’est montré résilient, Facebook ayant battu les estimations sur ses bénéfices antérieurs au cours des deux derniers trimestres.

Source : Reuters

Voir aussi :

Des sénateurs américains souhaitent que les dirigeants de Facebook soient personnellement mis en cause, en cas d'abus commis par l'entreprise
Mark Zuckerberg devrait être tenu pour responsable des problèmes de confidentialité de Facebook, selon un sénateur américain
Chris Hughes, cofondateur de Facebook, appelle au démantèlement du RS : « le pouvoir de Mark Zuckerberg est sans précédent et anti-américain »
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Le 13/07/2019 à 12:52
L’amende que la FTC va infliger à Facebook suite à Cambridge Analytica s’élèvera à près de 5 milliards de dollars,
soit un mois de recettes

En mars 2018, la Federal Trade Commission des États-Unis a lancé une enquête sur des allégations selon lesquelles Facebook aurait partagé de manière inappropriée des informations appartenant à 87 millions d'utilisateurs avec le cabinet britannique de conseil politique Cambridge Analytica. L'objectif était de déterminer si le partage de données violait un accord de consentement de 2011 entre Facebook et le régulateur.

Pour rappel, le décret d’autorisation de 2011 exige que Facebook demande et obtienne l'autorisation expresse des utilisateurs avant de partager leurs données avec des tiers, et exige que le géant de la technologie informe la FTC dans les cas où d'autres entités utilisaient ces informations de manière abusive. Elle interdit également à Facebook de faire des déclarations trompeuses au sujet de ses pratiques en matière de protection de la vie privée.

Pour se préparer financièrement, Facebook a annoncé à ses investisseurs : « Au premier trimestre 2019, nous avons raisonnablement estimé une perte probable et comptabilisé une charge à payer de 3 milliards de dollars relative à l'enquête de la FTC sur notre plateforme et nos pratiques en matière de données utilisateur, charge déjà incluse dans les charges à payer et autres passifs à court terme de notre bilan consolidé résumé ». Et d’ajouter « Nous estimons que les pertes dans ce problème se situent entre 3 et 5 milliards de dollars. La question n'est toujours pas résolue, et il n'y a aucune garantie quant au moment ou aux modalités de tout résultat final ».

Les commissaires de la FTC, qui étaient divisés sur la sanction à appliquer à Facebook, semblent avoir trouvé un compromis. En effet, Reuters a partagé une information issue d’une source familière de la situation qui a affirmé que la FTC a décidé de frapper Facebook d’une amende de près de 5 milliards de dollars.

Une punition qui pourrait ne pas être que pécuniaire

La FTC devrait inclure dans l'accord d'autres restrictions sur la manière dont Facebook traite la vie privée des utilisateurs, selon le Wall Street Journal, qui a également assuré que la majorité républicaine était favorable à ce règlement (trois commissaires républicains ont voté en faveur de ce règlement et deux commissaires démocrates ont voté contre)

« L’affaire a été transférée à la division civile du ministère de la Justice, mais il n’y a pas d’estimation sur le temps qu’il faudra pour la finaliser », avance le Journal. « Les examens du département de la justice font partie de la procédure de la FTC, mais ne changent généralement pas l’issue de la décision de la FTC ».

Le règlement, qui doit encore être finalisé par la division civile du département américain de la Justice, serait supérieur au montant record de 22,5 millions de dollars que la FTC a imposé à Google en 2012.

Certaines associations expriment leur mécontentement

La FTC n'a pas annoncé cet accord publiquement. Cependant, plusieurs associations ainsi que des législateurs ont déjà exprimé leur mécontentement.

Robert Weissman, président de Public Citizen, un groupe de défense des droits des consommateurs, a déclaré que le règlement annoncé permettrait à Facebook de se tirer d'affaire trop facilement.

« Un règlement efficace aurait imposé non seulement une énorme amende, mais également de véritables contraintes pour la société, des réformes structurelles et des conditions essentielles pour protéger la vie privée des utilisateurs », a déclaré Weissman dans un communiqué. « La FTC aurait dû demander à Facebook d'abandonner ses projets d'intégration des services Messenger, Instagram et WhatsApp dans le cadre du règlement », a-t-il continué.

La sénatrice Elizabeth Warren a profité de l'occasion pour réitérer ses appels pour démanteler Facebook. Sur Twitter, elle a déclaré « Facebook a réalisé des bénéfices de 5 milliards de dollars au cours des trois premiers mois de l’année dernière. La société est trop grosse pour pouvoir être supervisée et cette pénalité de rétention sans équivoque le confirme. La FTC devrait démanteler Facebook, tout simplement. Trop c'est trop ».


Et d’ajouter « Soyons honnêtes: ce règlement est une victoire pour Facebook. Il suffit de regarder les marchés. Dans les 15 minutes qui ont suivi le signalement du règlement, la valeur marchande de Facebook a augmenté de plus de 5 milliards de dollars ».

La sénatrice fait des appels à démanteler des grandes enseignes de la technologie telles que Facebook, Amazon, Google et Apple l’une de ses priorités. Selon elle, ces entreprises ont trop de pouvoir sur l'économie, la société et la démocratie.

Le représentant démocrate du Rhode Island, David Cicilline, a déclaré dans une série de tweets qu'une amende de 5 milliards de dollars ne ferait pas que Facebook « réfléchisse à deux fois à leur responsabilité de protéger les données des utilisateurs ».

« La FTC vient d'offrir à Facebook un cadeau de Noël cinq mois plus tôt », a-t-il déclaré. « Il est très décevant qu'une entreprise d'une puissance aussi énorme qui se soit livrée à une faute aussi grave reçoive une simple tape sur les doigts ».

Source : Reuters, Elizabeth Warren

Et vous ?

Que pensez-vous du montant de cette amende ? Vous semble-t-il proportionnel à l'affaire Cambridge Analytica ?
Que pensez-vous des avis selon lesquels il faudrait démanteler Facebook ?

Voir aussi :

Facebook publie en open source Hermes, un moteur JavaScript léger optimisé pour exécuter React Native sur Android
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Le 17/07/2019 à 10:45
Mark Zuckerberg s'est enrichi d'un milliard de dollars à la suite de l'annonce de l'amende de 5 Md$
pour le scandale Cambridge Analytica

Après de multiples amendes subies dans certains pays de l’Europe, Facebook est sur le point d’être condamné à une amende de 5 milliards de dollars aux États-Unis. La Federal Trade Commission (FTC) a approuvé une amende de 5 milliards de dollars contre Facebook à la suite de son enquête sur le scandale Cambridge Analytica. Mais cette annonce semble n’avoir eu aucun effet sur les investisseurs de Facebook ni même sur le coût des actions de l’entreprise. Au contraire, les actions de la société auraient augmenté d’environ 1 % en seulement trente minutes le vendredi passé. Une situation qui a gonflé la fortune personnelle de Mark Zuckerberg d’environ 1 milliard de dollars.

La FTC a annoncé la semaine dernière une sentence de 5 milliards de dollars d'amende contre Facebook à la fin de son enquête sur le scandale Cambridge Analytica survenu en 2016. L'objectif était de déterminer si le partage de données avec le cabinet britannique de conseil politique violait un accord de consentement de 2011 entre Facebook et le régulateur. Ce décret d’autorisation de 2011 entre les deux entités exige que Facebook demande et obtienne l'autorisation expresse des utilisateurs avant de partager leurs données avec des tiers, et exige que le géant de la technologie informe la FTC dans les cas où d'autres entités utilisaient ces informations de manière abusive.

Elle interdit également à Facebook de faire des déclarations trompeuses au sujet de ses pratiques en matière de protection de la vie privée. Selon The Wall Street Journal, pour cette amende, la FTC devrait inclure dans l'accord d'autres restrictions sur la manière dont Facebook traite la vie privée des utilisateurs. Le journal a assuré que la majorité républicaine était favorable à ce règlement (trois commissaires républicains ont voté en faveur de ce règlement et deux commissaires démocrates ont voté contre). « L’affaire a été transférée à la division civile du ministère de la Justice, mais il n’y a pas d’estimation sur le temps qu’il faudra pour la finaliser », avance le Journal.


« Les examens du département de la justice font partie de la procédure de la FTC, mais ne changent généralement pas l’issue de la décision de la FTC », a ajouté le média new-yorkais. Cependant, Facebook s’est, semble-t-il, préparé à ce que l’enquête aboutisse à des conclusions similaires. « Au premier trimestre 2019, nous avons raisonnablement estimé une perte probable et comptabilisé une charge à payer de 3 milliards de dollars relative à l'enquête de la FTC sur notre plateforme et nos pratiques en matière de données utilisateur, charge déjà incluse dans les charges à payer et autres passifs à court terme de notre bilan. Nous estimons que les pertes dû à ce problème se situent entre 3 et 5 milliards de dollars », avait averti Facebook à ses associés.

L’amende de 5 milliards de dollars imposée par la FTC a pour objet de punir Facebook pour avoir mal géré les données des utilisateurs. L’amende est un record pour la FTC, un geste apparemment destiné à créer un précédent pour le type de punition que les géants de la technologie pourraient recevoir pour avoir mal géré les données de leurs utilisateurs. Mais beaucoup l'ont décrit comme une tape sur les doigts pour Zuckerberg et sa société de médias sociaux. En effet, la FTC n'a pas annoncé cet accord publiquement. De ce fait, plusieurs associations ainsi que des législateurs ont déjà exprimé leur mécontentement. Robert Weissman, président de Public Citizen, un groupe de défense des droits des consommateurs, a déclaré que le règlement annoncé permettrait à Facebook de se tirer d'affaire trop facilement.

« Un règlement efficace aurait imposé non seulement une énorme amende, mais également de véritables contraintes pour la société, des réformes structurelles et des conditions essentielles pour protéger la vie privée des utilisateurs. La FTC aurait dû demander à Facebook d'abandonner ses projets d'intégration des services Messenger, Instagram et WhatsApp dans le cadre du règlement », a déclaré Weissman dans un communiqué. La sénatrice Elizabeth Warren a de son côté profité de l'occasion pour réitérer ses appels pour démanteler Facebook. Cela dit, Business Insider rapporte qu’après l’annonce des 5 milliards de dollars d’amende de la FTC, les actifs financiers de Facebook n’ont pas tremblé. Bien au contraire, la valeur des actions de Facebook a en réalité augmenté d’environ 1 % vendredi dernier après l'annonce de l'amende.

Lorsqu’il a été annoncé le vendredi que le résultat de l’enquête de la FTC serait une amende de 5 milliards de dollars et une surveillance supplémentaire des pratiques commerciales de Facebook. Peu de temps après, la valeur des actions de la société a bondi. Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, détient 88,1 % des actions de Facebook. En effet, selon Business Insider, un rapport financier déposé en avril montre que Zuckerberg détient 410 497 115 actions de Facebook. Au prix de 202,31 $ avant l'annonce de la nouvelle vers 15h 45, ses actions valaient 83 milliards de dollars. Au prix de 204,87 dollars aux alentours de 16 heures, ces actions s’élèveraient à 84,1 milliards de dollars. Ainsi, en tant que principal actionnaire de Facebook, Zuckerberg peut voir une énorme manne d'augmentation de son cours de 1 %.

D’après certaines analyses, cela peut sembler paradoxal, mais la logique est simple. Facebook prévoyait déjà une amende d’une telle valeur dans l’intervalle 3 à 5 milliards de dollars et ses investisseurs en étaient informés. Il a donc planifié ses résultats financiers annuels en fonction de cette attente. Alors les investisseurs ont réagi de manière positive à ce que ce plan se concrétise et que l’amende ne soit pas plus lourde. Par contre, d’autres préfèrent y voir une décision facile et délibérée de la part des autorités américaines. Selon eux, les États-Unis protègent jusqu’à ce jour leur GAFA, car une grande partie de leur souveraineté économique repose sur ces entreprises. Ces derniers estiment que dans de nombreuses années encore, ces entreprises seront là et leurs comportements ne changeront pas pour autant.

« Ne croyez surtout pas que Facebook s’en est sorti par miracle de cette affaire. Tout a été pensé pour que les entreprises telles que Google, Amazon, Facebook ou encore Apple survivent encore dans de nombreuses années. Leur pouvoir sur le marché américain et dans le reste du monde permet aux États-Unis d’avoir le marché économique le plus prospère du monde. Bien que la Chine soit un concurrent de haute importance des USA, ces entreprises ne sont pas aussi influentes que celles précitées », ont-ils déclaré.

Source : Business Insider

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

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Le 27/04/2020 à 19:27
Cambridge Analytica : un juge valide l'amende record de 5 milliards de dollars imposée à Facebook par la FTC,
le réseau social assure que l'accord a été un catalyseur pour changer sa culture d'entreprise

En juillet 2019, la Commission fédérale du commerce a annoncé la signature d'un accord avec Facebook de 5 milliards de dollars sur des allégations relatives à la protection de la vie privée des utilisateurs. Dans l’arrêté de la FTC, la commission note qu’à plusieurs reprises Facebook a « subverti les choix des utilisateurs en matière de confidentialité pour servir ses propres intérêts commerciaux ». Les actions de la société ont violé un règlement antérieur exigeant que Facebook respecte certaines directives de confidentialité.

Trois membres sur les cinq de la commission se sont prononcés en faveur de ce règlement. Les démocrates Rebecca Kelly Slaughter et Rohit Chopra, les membres qui ont voté contre l’adoption de ce règlement, ont déclaré que celui-ci n’allait pas assez loin, laissant ainsi à Facebook une marge de manœuvre suffisante pour faire face à des méfaits à l’avenir. « Tant que nous n'aborderons pas les principales incitations financières de Facebook pour mettre en péril notre vie privée et notre sécurité nationale, nous ne pourrons pas empêcher ces problèmes de se reproduire », a déclaré Chopra.

L'autre commissaire démocrate, Rebecca Slaughter, a déclaré que la FTC aurait dû poursuivre en justice Facebook et Zuckerberg. Elle a également critiqué la décision de la FTC d’accorder à Facebook et à ses dirigeants une décharge de responsabilité pour toute réclamation selon laquelle elle aurait violé le règlement antérieur de la FTC. Slaughter a estimé que la FTC n’avait « pas imposé de restrictions substantielles à la collecte et à l’utilisation par Facebook de données provenant d’utilisateurs ou concernant leurs utilisateurs ».

L'enquête de la FTC qui a abouti au règlement de 5 milliards de dollars a mis au jour un large éventail de problèmes de confidentialité. Elle a été déclenchée un an auparavant par des allégations selon lesquelles Facebook aurait violé un décret de 2012 en partageant de manière inappropriée des informations appartenant à 87 millions d'utilisateurs avec le cabinet britannique de conseil politique aujourd'hui disparu Cambridge Analytica. Parmi les clients du cabinet de conseil figurait la campagne électorale de 2016 du président Donald Trump.


Les trois commissaires républicains de la FTC, qui se sont prononcés en faveur de ce règlement, l’ont qualifié le règlement de « coup de circuit complet » qui dépassait toute décision judiciaire (au baseball, un coup de circuit, circuit, ou home run en anglais, est un coup sûr qui permet au frappeur de passer par toutes les bases d'une seule frappe, sans erreur de la défensive adverse). Les deux commissaires démocrates ont déclaré que cela n'allait pas assez loin ou ne nécessitait pas une amende suffisante. Le règlement nécessite l'approbation du tribunal.

Le président républicain de la FTC, Joe Simons, a souligné l’autorité limitée de la FTC et son désir d’éviter une longue bataille devant les tribunaux.

« Aurait-il été agréable d’obtenir plus, d’obtenir 10 milliards de dollars, au lieu de 5 milliards de dollars par exemple, pour imposer de plus grandes restrictions sur la manière dont Facebook collecte les utilisations et partage des données ? » a-t-il demandé lors d’une conférence de presse. « Nous n'avions pas ces options. Nous ne pouvons pas imposer de telles choses par notre propre décret ».

Le commissaire démocrate à la FTC, Rohit Chopra, s’est plaint du fait que la sanction prévoyait une « immunité générale » pour les dirigeants de Facebook, « ne restreignait pas réellement le modèle commercial de Facebook », « ne réglait pas les problèmes fondamentaux qui avaient conduit à ces violations » et ne limitait pas la capacité de Facebook à collecter des données.

L'amende validée par un juge

Ce n'est que ce jeudi 23 avril que l'amende a été validée par un juge. C’est une décision « historique », a estimé vendredi le président de l'agence américaine de protection des consommateurs, Joe Simons, en soulignant que la FTC n’avait jamais infligé une amende aussi importante.

En plus de l’amende, la FTC avait imposé à l’entreprise de la Silicon Valley de mettre en place un comité indépendant sur la protection de la vie privée qui enlèvera « le contrôle absolu du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, sur les décisions affectant la confidentialité des utilisateurs ». Le réseau social avait aussi dû s’engager à ajouter des fonctionnalités permettant aux utilisateurs de mieux contrôler leur vie privée à tous les niveaux de la plateforme, et à fournir des rapports réguliers sur les risques, les problèmes et les solutions mises en place pour assurer la confidentialité des informations.


Si Facebook avait déjà confirmé son intention de payer les 5 milliards de dollars, la Securities and Exchange Commission (SEC) a déclaré que Facebook avait accepté de verser 100 millions de dollars supplémentaires pour régler les accusations selon lesquelles elle induirait les investisseurs en erreur quant à la gravité de son utilisation abusive des données des utilisateurs.

Mais plusieurs législateurs ont critiqué le règlement. Le sénateur Richard Blumenthal, du Connecticut, l’a qualifiée de « feuille de vigne » qui n’apporte « aucune responsabilité pour les hauts dirigeants » (la feuille de vigne est un voile de pudeur que l'on appose à une chose considérée comme choquante ou embarrassante ; on parlait à l'origine d'une feuille de figuier, en référence à celle utilisée par Adam et Eve pour cacher leur nudité).

« En optant pour une sanction pécuniaire, la FTC prouve qu’elle n’a pas retenu les leçons de l’histoire. Facebook a déjà inscrit cette pénalité en tant que coût ponctuel en contrepartie des bénéfices extraordinaires générés par une décennie d'utilisation abusive des données », a déclaré Blumenthal, un démocrate.

Le sénateur républicain Josh Hawley du Missouri a également critiqué l’accord, affirmant « qu’il ne fait rien pour obliger les dirigeants à rendre des comptes. Il échoue totalement à pénaliser Facebook de manière efficace ».

Pourtant, la majorité républicaine de la FTC a déclaré que le règlement « réduit considérablement le pouvoir de Mark Zuckerberg - une chose qu'aucune agence gouvernementale, nulle part dans le monde, n'a encore accomplie ».

La réaction de Facebook

Michel Protti, Chief Privacy Officer, Product chez Facebook, a déclaré :

« Cet accord a déjà apporté des changements fondamentaux à notre entreprise et fait progresser la façon dont nous protégeons la vie privée des gens au-delà de tout ce que nous avons fait auparavant. Cela a changé notre façon de travailler, la façon dont nous créons de nouveaux produits et technologies et la façon dont nous gérons les informations des gens. Surtout, il apporte un nouveau niveau de responsabilité et garantit que la confidentialité est la responsabilité de tous sur Facebook.

« Avec cet accord maintenant en place, les dirigeants de l'entreprise, y compris notre PDG, certifieront désormais notre conformité trimestrielle et annuelle à la FTC. Nous créons également un nouveau comité de confidentialité au sein de notre conseil d'administration qui sera composé uniquement d'administrateurs indépendants, et nous travaillerons avec un tiers évaluateur indépendant qui fera régulièrement et directement rapport au comité de confidentialité sur la conformité de notre programme de confidentialité. .

« Bien que nous ayons plus à faire, nous avons déjà fait des progrès significatifs en matière d'amélioration de la confidentialité dans toute l'entreprise. Nous avons mis à jour notre outil de vérification de la confidentialité pour guider les utilisateurs dans certains de leurs choix de confidentialité les plus importants sur Facebook, et nous avons rappelé aux utilisateurs du monde entier de revoir leurs paramètres de confidentialité. Nous avons terminé le déploiement de notre outil d'activité hors Facebook, afin que les gens puissent voir un résumé des informations que les entreprises partagent avec nous et les effacer de leur compte s'ils le souhaitent. Nous avons également commencé à publier des détails sur notre approche en matière de confidentialité et les protections que nous avons intégrées à nos produits dans une série appelée Privacy Matters. Par exemple, voici notre publication Privacy Matters sur Facebook Pay.


« Notre travail de confidentialité n'est jamais terminé, et nous comprenons que cet engagement signifie se concentrer sur cela tous les jours.

« Nous avons créé des dizaines d'équipes, techniques et non techniques, qui se concentrent uniquement sur la confidentialité. Nous regardons maintenant de manière plus critique l'utilisation des données dans toutes nos opérations. Cela signifie que nous analysons la façon dont les données sont collectées, utilisées et stockées, à partir du moment où les gens partagent de nouvelles données avec nous, jusqu'au moment où ces données sont supprimées. Nous nous assurons qu'elles sont utilisées correctement grâce à un processus d'évaluation des risques; un audit complet de la façon dont nous utilisons les données dans l'ensemble de l'entreprise - évaluation des risques et mise en place de garanties pour y faire face. Nous comptons actuellement des milliers de personnes travaillant sur ces projets liés à la confidentialité et nous en recrutons beaucoup plus.

« Cet accord a été un catalyseur pour changer la culture de notre entreprise. Nous avons modifié le processus par lequel nous intégrons chaque nouvel employé de Facebook pour nous assurer qu'il pense à son rôle à travers une optique de confidentialité, conçoit en tenant compte de la confidentialité depuis le début et travaille de manière proactive pour identifier les risques potentiels de confidentialité afin que les atténuations puissent être mises en œuvre . Tous les nouveaux employés et les employés existants doivent suivre une formation annuelle sur la confidentialité ».

Source : FTC, Facebook

Et vous ?

Quelle est votre analyse de la situation ?
Un accord qui est réellement un catalyseur pour que Facebook améliore la confidentialité de ses utilisateurs ?
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Le 06/05/2019 à 12:04
La FTC serait divisée sur la façon de tenir Facebook responsable de toute atteinte à la vie privée,
après les scandales qui ont suivi Cambridge Analytica

Un nouveau rapport du New York Times indique que les cinq membres de la Commission fédérale du commerce ont du mal à s’entendre sur une sanction appropriée pour les manquements à la vie privée de Facebook et qu’ils tentent spécifiquement de déterminer si le PDG Mark Zuckerberg devrait ou non être tenu personnellement responsable.

La FTC enquête depuis l’an dernier sur Facebook dans l’affaire Cambridge Analytica afin de vérifier une éventuelle violation du décret d’autorisation de 2011 relatif au respect de la vie privée des utilisateurs. Cette enquête serait en train de constituer la première sanction majeure imposée à Facebook aux États-Unis depuis la publication de la crise de confidentialité provoquée par l’utilisation non autorisée des données utilisateur.

Pour rappel, le décret d’autorisation de 2011 exige que Facebook demande et obtienne l'autorisation expresse des utilisateurs avant de partager leurs données avec des tiers, et exige que le géant de la technologie informe la FTC dans les cas où d'autres entités utilisaient ces informations de manière abusive. Elle interdit également à Facebook de faire des déclarations trompeuses au sujet de ses pratiques en matière de protection de la vie privée.

Pour se préparer financièrement, Facebook a annoncé à ses investisseurs : « Au premier trimestre de 2019, nous avons raisonnablement estimé une perte probable et comptabilisé une charge à payer de 3 milliards de dollars relativement à l'enquête de la FTC sur notre plateforme et nos pratiques en matière de données utilisateur, laquelle charge est incluse dans les charges à payer et autres passifs à court terme de notre bilan consolidé résumé ». Et d’ajouter « Nous estimons que les pertes dans ce problème se situent entre 3 et 5 milliards de dollars. La question n'est toujours pas résolue, et il n'y a aucune garantie quant au moment ou aux modalités de tout résultat final ».

Le rapport du Times indique que la FTC veut faire une déclaration avec une lourde amende à l'encontre de la société (la plus importante jamais infligé à l’endroit d’une société technologique était de 22,5 millions de dollars en 2012 contre Google), mais ses membres n'ont pas été en mesure de décider à quel point ils sont près à aller loin dans une telle déclaration.

« Les cinq commissaires de la FTC ont convenu il y a plusieurs mois qu'ils voulaient faire appliquer une sanction historique qui refléterait l’importance de l’affaire pour la commission. Mais à présent, les membres sont divisés sur la taille et la portée de la punition à imposer à l’entreprise technologique, selon trois personnes connaissant les discussions qui ont parlé sous le couvert de l’anonymat.

« Cette division complique les derniers jours des pourparlers.

« Outre le désaccord sur la sanction financière appropriée, l'une des sources de divergence au cours des négociations a été la mesure dans laquelle Mark Zuckerberg, directeur général de Facebook, devrait être tenu personnellement responsable de toute violation d'un accord de 2011, selon deux personnes ».

Facebook a mené un combat acharné, affirmant que Zuckerberg ne devrait pas être tenu légalement responsable des actes de ses 35 000 employés.


Joseph J. Simons, président de la commission de cinq membres, a intensifié ses efforts pour obtenir au moins un de ses deux démocrates de son côté.

Le président de la FTC, Joseph Simons, aurait les trois membres républicains de la commission prêts à approuver un accord, les deux autres membres démocrates restant en attente d'une punition plus sévère. Mais Simons serait en train d'essayer d'éviter des décisions influencées par le parti (trois voix des républicains contre deux voix des démocrates), ce qui pourrait avoir des conséquences politiques ou se transformer éventuellement en litige d’après le NYT.

Tout règlement sera également considéré comme une mesure de la volonté de l’administration Trump de sanctionner l’une des sociétés les plus importantes et les plus influentes du pays. L'administration a assoupli les réglementations dans de nombreux secteurs, mais le président Trump a déclaré à plusieurs reprises que les géants de la technologie tels que Facebook et Amazon avaient trop de pouvoir.

De nombreux démocrates ont dirigé leurs efforts pour limiter le pouvoir de Silicon Valley.

« C’est une décision extrêmement importante, car toutes les grandes entreprises vont la surveiller pour voir s’il va vraiment y avoir un nouveau jour sur le front de l’application de la loi », a déclaré le sénateur Ron Wyden, un démocrate de l’Oregon qui s’est battu pour que Zuckerberg soit tenu personnellement responsable indépendamment du règlement qu’il pourrait y avoir..

Une réponse perçue comme douce pourrait saper la confiance du public dans la capacité de la FTC de superviser de manière adéquate les entreprises du secteur de la technologie, d’autant plus que l’Europe a mis en place sa propre réglementation plus stricte. La Commission devrait se prononcer prochainement sur la question.

Source : New York Times
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Avatar de Neckara
Inactif https://www.developpez.com
Le 05/06/2019 à 10:18
Je trouve cela quand même légèrement déplacé, ils connaissaient parfaitement ce à quoi ils s'engageaient en achetant des actions de type A, plutôt que de celles de type B. Les règles du jeu ne sont pas une surprise.
S'ils ne sont pas content, pourquoi ne vendent-ils par leurs actions ?

C'est comme aller à une boulangerie, acheter une baguette de 100g, et se plaindre que celui qui achète une flûte de 200g a plus de pain en sortant...
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Avatar de rawsrc
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 12:23
Citation Envoyé par Jonathan Voir le message
L'Italie inflige à Facebook une amende d'1,1 million de dollars

En décembre 2018, l'agence avait condamné Facebook à une amende de 10 millions d'euros pour avoir induit en erreur ses utilisateurs en raison de ses pratiques de connexion et au mois de mars de cette année, elle a mis en cause Facebook sur l'utilisation abusive des données, mais cette fois là, le géant des réseaux sociaux avait choisi de payer un montant réduit de 52000 euros dans l'espoir de régler le problème.
Il faut changer d'échelle pour tout remettre en perspective :
Je vous informe que Facebook réalise un chiffre d'affaires de 1 776 $ par seconde qui passe (24/24h sur 365j), la première amende représente 619 secondes d'activité de Facebook et la deuxième : 29 secondes.

Sous cet angle, c'est tout de suite beaucoup plus parlant, vous ne trouvez pas ?
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