Le monde s’apprête à un grand déballage technologique 5G, l’Europe y comprise. La recherche et développement dans le cadre de cette nouvelle norme de téléphonie mobile est avancée et le processus de déploiement est imminent. Toutefois, l’inquiétude liée aux risques potentiels de sécurité que pourraient poser les équipements de certains constructeurs, en l’occurrence le géant Huawei, pourrait retarder le déploiement de la 5G en Europe. Et la campagne de sensibilisation des Etats-Unis lancée en novembre dernier, pour tenter de persuader les fournisseurs d'accès à Internet sans fil des pays alliés d'éviter les équipements de télécommunication provenant de Huawei, évoquant des préoccupations de sécurité nationale, n’arrange pas la situation.Néanmoins, certains pays ont déjà commencé le processus d’octroi de la 5G, sans avoir banni l’équipementier Huawei. C’est le cas de l’Allemagne qui a lancé, le mardi 19 mars dernier, une vente aux enchères de plusieurs semaines pour les fréquences 5G qui devrait rapporter jusqu'à 5 milliards d'euros (5,7 milliards de dollars), après avoir proposé des règles de sécurité plus strictes pour les réseaux de données plutôt que de faire blocage à Huawei.
La France n’a plus de temps à perdre, le lancement des appels d’offres pour attribuer les fréquences 5G aux opérateurs étant prévu pour l'automne prochain. Elle a donc intérêt à fixer au plus vite les règles qui vont orienter ce processus afin de limiter les risques. C’est ainsi qu’un nouveau texte de loi a été initié à l’Assemblé nationale le mercredi dernier. Le contexte a été rappelé par le rapporteur de la loi, le député LaREM, Eric Bothorel, qui a expliqué qu’avec les nouveaux usages très étendus que promet cette nouvelle technologie ultra-rapide dans les domaines de mobilité, e-santé, industrie, robotique, et bien d’autres domaines, « notre niveau d’exposition aux risques devient un peu plus important. Il faut donc faire évoluer le périmètre pour s’assurer que les usages puissent se dérouler dans de bonnes conditions. », a-t-il dit.
Les opérateurs télécom doivent s’attendre à avoir l’autorisation des autorités avant de choisir les équipements dans le cadre du déploiement de la 5G. Selon un article de RFI publié le mercredi, en fonction de plusieurs critères, le Premier ministre sera l’autorité habilitée à autoriser les équipements qui ne constitueront pas un risque pour la défense ou la sécurité nationale.
Les risques liés aux équipements de la 5G que redoutent les pays, y compris la France, ne devraient pas être seulement d’ordre de la sécurité nationale et de l’origine de l’équipementier comme évoqué dans les arguments de campagne des Etats-Unis, mais également de niveau logiciel et des pratiques d’ingénierie du géant chinois Huawei. En effet, le rapport Huawei Cyber Security Evaluation Centre (HCSEC) Oversight Board 2019 publié en mars par le Comité de surveillance du HCSEC, a averti que Huawei n’avait pas apporté les modifications promises depuis longtemps au niveau de son logiciel et de ses pratiques d’ingénierie, des modifications pourtant indispensables à l’amélioration de la sécurité.
En effet, un précédent rapport du gouvernement britannique publié en juillet 2018 avait révélé que des problèmes techniques, affectant la chaîne d’approvisionnement des équipements du groupe chinois et qui avaient exposé les réseaux de télécoms nationaux à de nouveaux risques de sécurité, existaient. Depuis lors Huawei avait promis des investissements importants pour résoudre ces problèmes de cybersécurité afin de rassurer ses clients occidentaux. Toutefois, les responsables britanniques ne sont toujours pas satisfaits, selon le rapport 2019.
« Les travaux de HCSEC ont continué à identifier les problèmes liés à l’approche de Huawei en matière de développement de logiciels, entraînant une augmentation significative des risques pour les opérateurs britanniques », ont noté les membres du Comité de surveillance. Ils estiment en outre qu’aucun progrès matériel n’a...
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